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(Dés) Ordre mondial : Madrid récuse à Washington et Tel-Aviv le monopole des règles

by Perspectives Med
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(Dés) Ordre mondial : Madrid récuse à Washington et Tel-Aviv le monopole des règles

« Ils ne peuvent pas décider, sans consulter leurs alliés ni le reste de la communauté internationale, quel type de paix ou de règles doivent s’appliquer dans le monde », a-t-elle déclaré. « Nous ne pouvons pas accepter que deux pays entraînent le monde entier en guerre, leur guerre. »

Qualifiant le conflit de « contraire au droit international », la ministre a indiqué que l’Espagne avait été « contrainte » d’adopter des décisions stratégiques fondées sur le respect du droit national et international.

Elle a précisé que Madrid avait, dès le début des hostilités le 28 février, interdit l’utilisation des bases américaines de Rota et de Morón ainsi que de son espace aérien pour toute opération liée à l’Iran. M. Robles a également révélé que Washington avait sollicité l’autorisation d’utiliser des installations militaires en Espagne pour mener une attaque contre l’Iran, sans en préciser ni l’ampleur ni la durée.

« Personne ne sait réellement quel est l’objectif de cette guerre — s’il est politique, économique ou s’il s’agit d’un écran de fumée », a-t-elle averti, mettant en garde contre un conflit susceptible de s’enliser et de devenir imprévisible.

La ministre a toutefois insisté sur le fait que cette position ne remet pas en cause les liens transatlantiques ni l’engagement de l’Espagne au sein de l’OTAN. Elle a également assuré que Madrid n’envisageait pas le retrait des troupes américaines stationnées sur son territoire.

Le mois dernier, le président américain avait menacé de suspendre les relations commerciales avec l’Espagne en raison de son refus de soutenir les frappes contre l’Iran. Mais, lundi, le ministre de l’Économie, Carlos Cuerpo, a affirmé que ces tensions n’avaient pas eu d’impact sur les échanges entre les deux pays.

Par ailleurs, l’Espagne a condamné mardi la législation israélienne imposant la peine de mort aux prisonniers palestiniens, la qualifiant de mesure discriminatoire et de « nouvelle étape vers l’apartheid ». Pedro Sanchez, Premier ministre espagnol, a déclaré sur le réseau social américain X que le gouvernement espagnol « condamne la peine de mort contre les Palestiniens » récemment adoptée par le parlement israélien. Il a décrit cette mesure comme « asymétrique », soulignant qu’elle « ne s’appliquerait pas aux Israéliens commettant les mêmes crimes ».

« Même crime, peine différente. Ce n’est pas la justice », a insisté Sanchez, avertissant que cette décision constitue « une nouvelle étape vers l’apartheid ». Il a également appelé à une action internationale, déclarant : « Le monde ne peut pas rester silencieux. »

La Knesset a adopté lundi cette loi, qui fait de la peine de mort la sanction par défaut pour les Palestiniens en Cisjordanie occupée reconnus coupables d’attaques mortelles contre des Israéliens. Plus de 9 300 Palestiniens, dont 350 enfants et 66 femmes, sont actuellement détenus dans les prisons israéliennes, selon des organisations de défense des droits des prisonniers et l’administration pénitentiaire israélienne.

Des rapports indiquent qu’ils subissent des actes de torture, la faim et un manque de soins médicaux, ayant entraîné des dizaines de décès. Depuis octobre 2023, Israël a intensifié les mesures contre les prisonniers palestiniens dans le cadre de sa campagne militaire dans la bande de Gaza, qui a fait plus de 72 000 morts et 172 000 blessés, selon les autorités locales.

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