La loi des séries se poursuit tout le long du littoral atlantique délimitant le périmètre de Souss-Massa. Ceux qui croyaient que l’épisode de Tifnit, scandaleux à tout point de vue, allait être fermée définitivement, avec la prise en charge des victimes des destructions, avaient tout faux ! La preuve, le cycle des démolitions se poursuit avec un nouvel épisode ayant pour clou du spectacle Imesouane. Ce joyau naturel fait de sable doré bordant un Atlantique, tout un horizon, risque la morsure tant redoutée des bulldozers mobilisés par les autorités locales. Petites auberges, échoppes, habitations, petit port, sont condamnés à subir un séisme produit par l’homme. Où, pour plus de précision, par les acteurs de la promotion immobilière qui rasent tout sur leur passage pour un bétonnage ultérieur. Et dire que le Maroc dispose d’une charte nationale de l’environnement !
Le cauchemar a démarré le 17 janvier, lorsque les autorités ont oralement donné 24 heures aux habitants de la plage « Cathédrale » pour partir. Les résidents, décontenancés par un tel avis qui ne laisse aucune chance au dialogue, alors que l’on pérore sur « la démocratie inclusive », n’ont que les yeux pour pleurer le mauvais sort qui est le leur. Par devers eux, ils sont devenus les acteurs d’un nouvel épisode de destruction. Tout cela s’est réalisé, dénoncent-ils, « sans informations préalables, ni avertissements, ni discussions ». Le tsunami provoqué par la promotion immobilière emportera donc dans son sillage résidences principales, petites auberges, petits clubs de surf et restaurants.
Au ministère en charge de l’Habitat et de l’urbanisme, les responsables semblent avoir avalé leur langue. Aucune sortie explicative n’est intervenue pour ne serait-ce qu’éclairer l’opinion locale, et nationale. Ni les élus du tracteurs et de la colombe n’ont jugé bon de réagir à ce qui a court dans leurs circonscriptions. L’heure est celle des vautours !
