L’encours est ainsi passé de 260,2 milliards de dirhams en juin 2025 à 344,2 milliards à fin juin 2026, soit une hausse de 84 milliards de dirhams, ou plus de 32% en un an. À lui seul, ce poste représente près des deux tiers de l’augmentation de l’encours global du crédit bancaire. La dynamique s’est particulièrement renforcée au cours des derniers mois. Après avoir atteint 306,9 milliards de dirhams en décembre 2025, l’encours du crédit à l’équipement a dépassé 327 milliards en avril avant de grimper à 329,9 milliards en mai, puis à 344,2 milliards en juin. La progression apparaît donc nettement plus soutenue à l’approche du milieu de l’année.
Derrière cette accélération, le crédit immobilier conserve une place importante, mais avec une progression beaucoup plus modérée. Son encours atteignait 329,3 milliards de dirhams à fin juin, contre 317,3 milliards un an auparavant. Les crédits à l’habitat représentaient 258,6 milliards de dirhams, contre 251,7 milliards en juin 2025, tandis que les crédits accordés aux promoteurs immobiliers s’élevaient à 63,7 milliards, contre 60,6 milliards un an plus tôt. Le contraste est encore plus net avec le crédit à la consommation. Celui-ci n’a progressé que de 2,6 milliards de dirhams sur un an, passant de 60,2 à 62,8 milliards. Les comptes débiteurs et crédits de trésorerie ont, pour leur part, augmenté de 247,4 à 260,3 milliards de dirhams.
La structure par terme confirme également le poids croissant des financements à plus longue échéance. Les crédits à long terme atteignaient 564,3 milliards de dirhams à fin juin 2026, contre 497 milliards un an auparavant, soit 67,3 milliards de plus. Le moyen terme est passé de 232,8 à 255,8 milliards, tandis que le court terme progressait de 341,7 à 376,9 milliards de dirhams.
Cette évolution intervient dans un environnement de taux qui reste relativement favorable. Le taux débiteur moyen s’est établi à 4,81% au deuxième trimestre 2026, contre 4,82% au quatrième trimestre 2025. Pour les entreprises, il ressort à 4,71%, contre 4,72% au quatrième trimestre 2025 et 4,84% au deuxième trimestre 2025. Le coût des crédits à l’équipement s’est, lui, établi à 4,36%, contre 4,95% au quatrième trimestre 2025. La dynamique du financement dépasse par ailleurs le seul périmètre des banques. Les créances des autres sociétés financières sur les agents non financiers atteignaient 523 milliards de dirhams à fin juin 2026, contre 468,3 milliards un an auparavant. Les sociétés de financement représentaient 182,1 milliards de dirhams de ces encours, dont 101,1 milliards au titre du crédit-bail.
Cette progression du financement doit néanmoins être mise en regard de l’évolution du risque de crédit. Les créances en souffrance du système bancaire atteignaient 104,8 milliards de dirhams à fin juin 2026, contre 102,8 milliards un an auparavant. Leur hausse reste ainsi nettement inférieure à celle de l’encours global des crédits, même si leur évolution demeure un indicateur à surveiller avec l’accélération du financement.
Les données de Bank Al-Maghrib font finalement apparaître une transformation plus intéressante qu’une simple hausse du crédit. Sur les 127,5 milliards de dirhams supplémentaires enregistrés en un an, 84 milliards proviennent du financement de l’équipement. La nouvelle dynamique du crédit bancaire apparaît ainsi largement portée par des financements liés à l’investissement, tandis que l’immobilier progresse à un rythme plus mesuré et que le crédit à la consommation reste contenu. Le système bancaire accompagne donc davantage, à ce stade, les besoins d’équipement et les financements de plus longue durée que la demande de consommation.

