Le tribunal se réunit deux fois pa
r semaine pour entendre B. Netanyahu sur les accusations de corruption, de fraude et de détournement de fonds. Il doit également comparaître devant le tribunal les 6 et 7 mai.
Mardi dernier, le Yediot Ahronoth a écrit que « les juges du procès du Premier ministre Benjamin Netanyahu ont autorisé son avocat, Omid Haddad, à tenir quatre audiences supplémentaires dans la phase de témoignage principal qui se terminera le 7 mai ».
« Après la fin de la phase de déposition, l’interrogatoire de Netanyahu commencera », précise le journal israélien sans plus de détails.
B. Netanyahu fait face à des accusations de corruption, de pots-de-vin et d’abus de confiance dans ce que l’on appelle les dossiers « 1000 », « 2000 » et « 4000 ». Avichai Mandelblit, ex-conseiller judiciaire du gouvernement a déposé l’acte d’accusation à la fin du mois de novembre 2019.
Le « Dossier 1000 » concerne l’acquisition par B. Netanyahu et des membres de sa famille de cadeaux coûteux de riches hommes d’affaires, en échange de facilités et d’aides fournies à ces personnalités dans divers domaines. Il est accusé dans le « Dossier 2000 » d’avoir négocié avec Arnon Moses, l’éditeur du journal privé Yediot Ahronoth, pour obtenir une couverture médiatique positive.
Dans cette atmosphère chargée, Ronen Bar, chef de la sécurité intérieure israélienne (Shin bet), a annoncé, lundi, qu’il quitterait ses fonctions le 15 juin, après des semaines de tensions avec le Premier ministre qui a engagé une procédure pour le limoger. « Après 35 années de service, afin de permettre un processus ordonné de nomination d’un successeur permanent et une passation professionnelle, je mettrai fin à mes fonctions le 15 juin 2025 », a déclaré R. Bar lors d’une cérémonie commémorative au sein de son agence, ont rapporté les médias israéliens.
Son limogeage annoncé par le gouvernement a provoqué un tollé dans une grande partie de l’opinion israélienne et des manifestations de masse. Il est contesté notamment par l’opposition, qui y voit un signe de dérive autocratique du pouvoir, et par la procureure générale de l’Etat, elle-même sur la sellette. Sa mise à l’écart a été gelée par la plus haute juridiction du pays. Lui-même a contesté son renvoi et intenté une action en justice.
Dans une déclaration – écrite – sous serment lundi dernier, R. Bar a incriminé B. Netanyahu, affirmant notamment que celui-ci lui avait demandé une loyauté personnelle et ordonné d’espionner des manifestants anti-gouvernement.
Dans ses commentaires au personnel de l’agence lundi, il a déclaré que « la procédure judiciaire ne concerne pas ma situation personnelle, mais l’indépendance des futurs chefs du Shin Bet ». « Il est nécessaire de clarifier les protections institutionnelles qui permettront à chaque futur chef du Shin Bet d’exercer ses fonctions, sous réserve de la politique du gouvernement, pour le bien public, de manière indépendante et sans pression », a-t-il souligné, expliquant que son objectif était de « tracer une ligne claire entre la confiance et la loyauté ».
En réaction, Yaïr Lapid, chef de l’opposition, a salué l’annonce de R. Bar. « Ronen Bar a pris la bonne décision. Voilà à quoi ressemble une prise de responsabilité », a-t-il tweeté. « Parmi les responsables du plus grand échec de l’histoire du pays, un seul reste au pouvoir », a-t-il ajouté, faisant référence au Premier ministre.
