Le marché de l’assurance a maintenu sa trajectoire de croissance au deuxième trimestre 2026, avec un volume global de primes dépassant 17,6 milliards de dirhams. Derrière cette progression de 5,4% sur un an se dessine toutefois une évolution plus contrastée des différents segments du marché, marquée notamment par l’accélération spectaculaire des contrats en unités de compte et par la bonne tenue de plusieurs branches du non-vie.
Les statistiques trimestrielles publiées par l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS) montrent également un recul des prestations versées, alors que les frais d’acquisition et de gestion continuent, eux, de progresser à un rythme soutenu. Du côté des actifs, les placements affectés au secteur restent proches de 238,4 milliards de dirhams, malgré une légère contraction par rapport à la fin du premier trimestre.
Au deuxième trimestre, les primes émises par les entreprises d’assurances et de réassurance ont atteint 17,62 milliards de dirhams, en hausse de 5,4% par rapport à la même période de 2025.
L’assurance vie demeure le premier moteur du marché, avec 9,37 milliards de dirhams de primes et une progression annuelle de 5,2%. Mais l’évolution interne de ce segment est particulièrement révélatrice d’un changement dans les comportements d’épargne.
Les produits d’épargne libellés en dirhams, qui constituent toujours de très loin la principale composante du marché vie avec 7,64 milliards de dirhams de primes, n’ont progressé que de 1,3% sur un an. À l’inverse, l’épargne en unités de compte a enregistré une croissance spectaculaire de 62,9%, atteignant près de 800 millions de dirhams.
Cette poussée constitue l’un des principaux faits marquants du trimestre. Elle traduit une montée en puissance des produits davantage exposés aux marchés financiers, dans un environnement où les arbitrages des épargnants semblent progressivement évoluer au-delà des seuls supports traditionnels garantis.
La branche décès a, pour sa part, généré 931,9 millions de dirhams de primes, en progression de 6,9%.
L’assurance non-vie affiche, de son côté, une progression légèrement supérieure à celle de la vie. Ses primes ont atteint 8,25 milliards de dirhams au deuxième trimestre, soit une hausse de 5,6% sur un an.
L’automobile reste, sans surprise, le principal pilier de ce segment, avec près de 3,92 milliards de dirhams de primes. Sa croissance demeure néanmoins plus modérée, à 3,7%, tandis que la responsabilité civile, qui représente l’essentiel de cette branche, n’a progressé que de 2,1%.
D’autres activités ont en revanche affiché une dynamique beaucoup plus vigoureuse. Les accidents corporels ont progressé de 6,6% pour atteindre près de 1,68 milliard de dirhams, portés notamment par la branche maladie, en hausse de 7%.
Les accidents du travail et maladies professionnelles ont enregistré une progression de 14%, tandis que l’assistance a gagné 13,1%. Le transport s’est distingué par une hausse de 21,2%, alors que les acceptations ont progressé de 22,6%.
La catégorie des autres opérations non-vie affiche la croissance la plus forte parmi les principaux postes, avec une progression de 31,2% et un volume de plus de 400 millions de dirhams.
Le tableau est toutefois moins homogène dans certaines branches. Les risques techniques ont connu une baisse marquée de 37,6%, tandis que l’incendie a reculé de 2,3%. La responsabilité civile générale est restée pratiquement stable, avec un léger recul de 0,1%.
La progression des primes s’est accompagnée d’un recul notable des prestations et frais payés par le secteur. Ceux-ci se sont établis à 10,95 milliards de dirhams au deuxième trimestre, en baisse de 7% sur un an.
Cette évolution provient essentiellement de l’assurance vie, dont les prestations et frais payés ont diminué de 20%, à 5,32 milliards de dirhams. À l’inverse, le non-vie a enregistré une hausse de 9,8%, avec 5,62 milliards de dirhams de prestations et frais payés.
Dans le même temps, les dépenses liées au fonctionnement et à la commercialisation ont poursuivi leur progression. Les frais d’acquisition ont atteint 1,03 milliard de dirhams, en hausse de 8,2%, tandis que les frais de gestion ont augmenté de 10,6% pour s’établir à 1,73 milliard.
Au total, les charges d’acquisition et de gestion ont ainsi représenté près de 2,8 milliards de dirhams sur le trimestre, en progression de 9,6%, soit un rythme sensiblement supérieur à celui de l’ensemble des primes.
L’autre indicateur majeur concerne les placements affectés aux opérations d’assurance. À la date d’arrêté des statistiques, leur valeur d’inventaire atteignait 238,44 milliards de dirhams, en légère baisse de 0,4% par rapport à mars 2026. La structure du portefeuille reste dominée par les actifs de taux et les actifs d’actions. Les premiers représentent 112,06 milliards de dirhams, malgré une contraction de 1% sur le trimestre. Les actifs d’actions totalisent pour leur part 101,52 milliards, en recul marginal de 0,2%.
Au sein des placements obligataires et assimilés, les actions et parts d’OPCVM investissant exclusivement dans les titres à revenus fixes ont toutefois progressé de 3%, à près de 55,88 milliards de dirhams. Les titres non cotés ont également enregistré une hausse de 0,8%. Le portefeuille immobilier est resté quasiment stable à 14,54 milliards de dirhams. Les investissements via les OPCI représentent à eux seuls 7,84 milliards de dirhams. Les placements affectés aux contrats en unités de compte ont, quant à eux, progressé de 9%, à 6,41 milliards de dirhams. Une évolution qui fait écho à la forte accélération observée sur le marché des primes liées à cette catégorie de produits.

