La diplomatie omanaise a également déclaré que la libération des 25 membres d’équipage originaires des Philippines, de Bulgarie, du Mexique, d’Ukraine et de Roumanie « représente un succès important qui reflète la détermination d’Oman à jouer son rôle humanitaire régional et international ». En publiant des photos de leur arrivée dans la capitale Mascate, le ministère omanais a également indiqué que les membres d’équipage avaient été transportés depuis Sanaa, la capitale du Yémen, par un avion de l’armée de l’air royale omanaise « en vue de leur retour dans leurs pays respectifs ». « Nous sommes heureux de confirmer la libération de l’équipage du Galaxy Leader et son arrivée en toute sécurité à Oman », a déclaré Badr Albusaidi, ministre des affaires étrangères, sur son compte X.
Plus tôt dans la journée de mercredi, les Houthis ont déclaré avoir libéré l’équipage d’un « navire israélien » à la suite de l’accord de cessez-le-feu qui a mis fin à la guerre génocidaire d’Israël contre la Bande de Gaza. « Nous annonçons la libération de l’équipage du navire Galaxy Leader qui a été arraisonné le 19 novembre 2023 dans le cadre de notre campagne de soutien à Gaza », a déclaré le bureau politique des ANsarullah dans un communiqué cité par l’agence de presse du groupe, SABA. Il a précisé que la libération avait eu lieu après des échanges avec le mouvement de résistance palestinien Hamas et une médiation assurée par le sultanat d’Oman.
Le président philippin, Ferdinand Marcos Jr. a également confirmé la libération et déclaré que les marins philippins étaient « désormais pris en charge par l’ambassade des Philippines à Mascate (Oman) et qu’ils retrouveraient très bientôt leurs proches aux Philippines ». « Permettez-moi d’exprimer ma gratitude à Sa Majesté Haitham bin Tarik, Sultan d’Oman, ainsi qu’à son gouvernement, pour leur médiation réussie qui a conduit à la libération de nos compatriotes et à leur acheminement en toute sécurité vers Oman », a déclaré le président Marcos dans un communiqué.
Israël a nié qu’un navire israélien ait été saisi par les Houthis au Yémen. En solidarité avec la Bande de Gaza, les Houthis ont pris pour cible, en Mer Rouge, des cargos appartenant à des sociétés israéliennes ou exploités par celles-ci, ou transportant des marchandises à destination ou en provenance d’Israël.
Par ailleurs, Hashem Sharafeddine, ministre de l’Information du gouvernement yéménite de Sanaa, a réagi à la décision du président américain de réinscrire le mouvement de résistance Ansarullah sur la liste des « organisations terroristes étrangères ». H. Sharafeddine a déclaré depuis la capitale que la décision des États-Unis est l’exemple même de « l’instabilité politique américaine, des contradictions étranges et des échecs purs et simples ».
« Nous figurons sur la liste des organisations terroristes, puis nous en sommes retirés, puis nous y sommes réinscrits, puis retirés à nouveau, pour y être réinscrits une fois de plus ! Cette absurdité illustre bien l’absence de cap de la politique américaine », a ajouté le ministre. Il a précisé que « parfois, la meilleure réponse aux absurdités américaines est de les ignorer » et que « le régime criminel des États-Unis, partenaire du terrorisme israélien, n’est pas en droit de qualifier autrui de terroriste. Mais ce n’est pas nouveau. Les Américains nous ont déjà déclaré la guerre. Pourtant, nous sommes restés forts, nous nous sommes battus pour la justice et avons défendu notre patrie et notre peuple. Nous ne faiblirons pas dans notre mission ».
La Maison-Blanche a annoncé le 22 janvier que Donald Trump a signé un décret réintégrant Ansurallah – qui a fusionné avec les Forces armées yéménites (YAF) – en tant qu’ « organisation terroriste étrangère ». La décision a inversé l’ordre de 2021 de l’ancien président Joe Biden de révoquer la désignation, mise en œuvre au cours du premier mandat de D. Trump.
Le nouveau décret américain cite les attaques yéménites contre les aéroports saoudiens au plus fort de la guerre de la coalition arabe dirigée par Riyad contre le Yémen, qui a débuté en 2015. Il cite également les attaques de missiles et de drones d’Ansarullah et des YAF contre Israël.
Plus de 100 navires commerciaux directement ou indirectement liés à Israël avaient été ciblés par les forces yéménites. En novembre 2023, les YAF ont réussi à s’emparer du Galaxy Leader, dont l’équipage vient d’être libéré. Outre ces opérations navales, Ansarullah et l’armée yéménite ont également mené de nombreuses frappes directes de drones et de missiles sur Tel Aviv et ailleurs en Israël, déclenchant de violentes attaques israéliennes contre Sanaa. L’armée yéménite s’est mise à attaquer également les navires de guerre américains en janvier dernier, en réponse aux débuts de la campagne aérienne de Washington et Londres contre le Yémen – à laquelle Israël a récemment participé lors d’une attaque tripartite massive contre le pays.
Le 19 janvier, les Forces armées yéménites ont déclaré qu’elles comptent réduire leurs interventions maritimes, parallèlement à l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu dans la bande de Gaza. Les YAF ont fait cette déclaration dans un courriel envoyé aux armateurs du monde entier par l’intermédiaire de leur centre de coordination des opérations humanitaires. Le Yémen a indiqué qu’il limiterait ses attaques aux seuls navires liés à Israël, précisant qu’il « mettrait fin aux sanctions » visant les autres navires pris pour cible depuis novembre 2023, notamment ceux faisant route vers les ports israéliens. Le Yémen a également attaqué plusieurs porte-avions américains, dont l’USS Abraham Lincoln et l’USS Harry Truman.
Concernant ses attaques contre des navires battant pavillon israélien ou appartenant à des Israéliens, ces opérations ne « cesseront que lors de la mise en œuvre complète de toutes les phases » du cessez-le-feu dans la bande de Gaza.
