La télévision d’État pakistanaise a rapporté que ces déclarations ont été faites par S. Sharif lors de sa rencontre avec Cheikh Tamim bin Hamad Al Thani, émir du Qatar.
Mardi, des avions israéliens ont mené des frappes aériennes contre la direction du Hamas à Doha, tuant cinq membres du mouvement. La direction du Hamas a survécu à l’attaque, qui a suscité une vague de condamnations internationales dénonçant une violation de la souveraineté du Qatar par Israël. « De tels actes d’agression israélienne visent clairement à déstabiliser la région et à compromettre les efforts diplomatiques et humanitaires en cours », a affirmé S. Sharif.
Le Qatar accueillera, les 14 et 15 septembre, un sommet arabo-islamique d’urgence consacré à l’attaque israélienne contre Doha. Le chef du gouvernement pakistanais est arrivé au Qatar pour une visite d’une journée, destinée à manifester sa « solidarité et son soutien à l’unité régionale » après les frappes israéliennes, en compagnie des ministres de la Défense et des Affaires étrangères. Dans un communiqué, le ministère pakistanais des Affaires étrangères a indiqué que la visite « réaffirme le soutien indéfectible du Pakistan à la sécurité et à la souveraineté du Qatar, ainsi que son engagement en faveur de la paix et de la stabilité au Moyen-Orient ».
Le Premier ministre a également salué le rôle « responsable, constructif et médiateur » du Qatar dans les efforts visant à instaurer la paix à Gaza.
Peu après les frappes israéliennes à Doha, S. Sharif a déclaré que le Pakistan, à la demande du Qatar, avait appelé à une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU. De son côté, le Qatar a averti mercredi qu’il ne tolérerait pas la « conduite imprudente » d’Israël.
Depuis l’Iran, l’ayatollah Ali Khamenei a réagi à l’agression sioniste en soulignant que les gouvernements de la région doivent savoir qu’il ne faut pas faire confiance aux USA qui les considère comme des outils pour préserver les intérêts de l’entité sioniste et leurs propres intérêts. Il a ajouté que la solution aux problèmes de la région réside dans l’unité des peuples et des gouvernements musulmans et dans la résistance aux objectifs de l’arrogance. Du côté de l’état-major iranien, on fait valoir que l’agression contre le Qatar montre que Washington n’accorde aucune importance à ses alliés.
Depuis Riyad, Mohammed ben Salmane, homme fort de l’Arabie Saoudite, a fermement condamné mercredi l’attaque israélienne à Doha comme une violation du droit international et exprimé son soutien au Qatar dans ses mesures de riposte. Il a dénoncé dans la foulée la famine à Gaza comme une arme de guerre et appelle à une action arabe et internationale contre Israël.
M. ben Salmane (MBS) a qualifié cette agression de « brutale » et de « violation flagrante du droit international » àl’ouverture de la session du Conseil consultatif saoudien. Il a exprimé son « soutien total au Qatar dans toutes les mesures qu’il prendra », affirmant qu’il mobiliserait toutes les capacités du royaume pour appuyer Doha.
Selon le Hamas, l’opération a fait six morts, dont cinq membres du groupe et un garde qatari, tandis que le ministère de l’Intérieur qatari a confirmé la perte d’un de ses hommes. MBS a appelé à une « action arabe, islamique et internationale » pour contrer cette violation, insistant sur la nécessité de mesures globales pour mettre fin à l’« autorité d’occupation » israélienne et dissuader ses « pratiques criminelles » qui menacent la stabilité régionale.
Dans le même discours, MBS a dénoncé les agressions « brutales » contre les Palestiniens à Gaza, accusant Israël d’avoir provoqué la famine et les déportations forcées. « La terre de Gaza est palestinienne et le droit de son peuple est inaliénable : il ne peut être bafoué par l’agression ni annulé par les menaces », a-t-il martelé. Cette prise de position de MBS s’inscrit dans un contexte de tensions accrues au Moyen-Orient, où l’Arabie saoudite, sous Vision 2030, cherche à équilibrer ses relations avec Israël (négociations de normalisation avortées) et ses alliés arabes, tout en soutenant la cause palestinienne pour consolider son leadership régional.
