Cette mesure fait suite à des rapports d’inspection et aux manifestations de centaines de citoyens devant l’hôpital, dénonçant la situation sanitaire désastreuse de l’établissement, anémique en équipements et en personnel soignant. La multiplication des décès tragiques parmi les femmes enceintes a poussé les manifestants à qualifier l’unité hospitalière de « mouroir ».
Abdelaziz Sellami, président de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) à Agadir, a signalé que la manifestation des résidents, qu’il qualifie de « mouvement populaire », est le résultat de l’exaspération des habitants d’Agadir et des provinces du sud. L’Hôpital Hassan II, unique recours pour de nombreux citoyens, notamment les plus démunis, ne répond plus à leurs besoins. Les manifestants réclament une amélioration urgente des services de santé, ainsi que la dotation en équipements médicaux et en personnel.
En réponse aux manifestations et au cas de la jeune fille portée par son oncle lors de la protestation, dont l’état de santé est critique, l’activiste souligne que « la santé est un droit fondamental garanti par la constitution ». Il insiste sur le fait que « les problèmes de santé ne peuvent être résolus par des actions symboliques, mais nécessitent des solutions durables et sérieuses, surtout face à de nombreux cas similaires nécessitant des soins médicaux urgents ».
L’activiste a également critiqué la gestion des manifestations par les autorités locales, affirmant que « plutôt que de répondre aux revendications légitimes des citoyens, les autorités ont préféré déployer un dispositif sécuritaire massif », alors que « les manifestations se sont déroulées pacifiquement ».
L’Espace marocain des droits humains s’est joint à la curée en exprimant sa vive préoccupation suite à « la répression et la violence des forces de l’ordre à Agadir le dimanche 14 septembre 2025, contre les citoyens protestant contre la qualité déplorable des services de santé dans les hôpitaux publics de la région de Souss-Massa ». L’Ong qui dénonce une violation flagrante du droit de manifester, du droit à la liberté d’expression et du droit à la santé, tous garantis par la constitution marocaine et les traités internationaux dont le Maroc est signataire, s’est aussi indignée face à l’état lamentable du système de santé dans la région de Souss-Massa, « incapable d’offrir des services de santé dignes aux citoyens ».
