Le Premier ministre israélien a déclaré avant d’embarquer pour l’Amérique où il doit discourir à l’ONU que son gouvernement n’a pas donné suite à la demande de la France, des Américainset de leurs alliés en faveur d’un cessez-le-feu de 21 jours. « Il s’agit d’une proposition américano-française à laquelle le Premier ministre n’a même pas répondu », indique un communiqué du bureau de Benyamin Netanyahu, ajoutant que celui-ci avait ordonné à l’armée « poursuivre les combats avec toute la force nécessaire ». Le ministre israélien des Affaires étrangères a également rejeté la proposition de cessez-le-feu. « Il n’y aura pas de cessez-le-feu dans le Nord. Nous continuerons à lutter contre l’organisation terroriste du Hezbollah de toutes nos forces jusqu’à la victoire et au retour en toute sécurité des habitants du Nord dans leurs foyers », écrit Israël Katz sur son compte X. « La campagne [militaire au] nord ne doit se terminer que d’une seule façon : l’écrasement du Hezbollah et l’élimination de sa capacité à nuire aux habitants du nord » d’Israël, écrit-il sur son compte X. « Il ne faut pas laisser à l’ennemi le temps de se remettre des coups violents qu’il a reçus et de se réorganiser pour poursuivre la guerre après 21 jours ». Betsalel Smotrich, ministre des Finances, a déclaré que « la campagne au Liban doit se terminer par un seul scénario, l’écrasement du Hezbollah et l’anéantissement de ses capacités à nuire aux habitants du nord. » Une position également partagée par Orit Struck, du Parti sioniste religieux, qui a affirmé qu’il n’y avait « aucun mandat moral pour un cessez-le-feu ».
L’armée israélienne a déclaré jeudi qu’environ 45 « projectiles ont été identifiés en provenance du Liban, certains ont été interceptés et les autres sont tombés dans des zones dégagées », a-t-elle indiqué dans un communiqué qui précise que ses bombardiers continuent à frapper des cibles du Hezbollah « dans plusieurs zones du Sud-Liban ».
Les raids israéliens meurtriers incessants censés éliminer les entrepôts d’armes n’ont pu freiner les opérations de la résistance libanaise. De nombreuses bases militaires israéliennes ont été visées « en soutien à Gaza, et pour défendre le Liban et son peuple ». Les opérations contre les colonies ont été déclarées « en riposte à l’offensive insolente barbare contre les villes, les villages et les civils » libanais. Le quotidien israélien Haaretz a rendu compte de 150 roquettes et projectiles tirés sur « le nord d’Israël » depuis le matin.
A partir du milieu de la journée de jeudi, le Hezbollah a revendiqué des salves de tirs de roquettes contre la colonie de Kiryat Motzkin, le complexe des industries militaires de la société Rafael au nord de la ville de Haïfa, la colonie de Kiryat Shmona (avec des projectiles Falaq-2), le siège de commandement de la région nord dans la base Dado, le siège de réserve de la légion nord et la base de concentration de réserve de la compagnie de Galilée et ses entrepôts logistiques à Ami‘ad, et contre la colonie Ahihud (50 roquettes). La résistance a aussi évoqué des tirs de drones d’attaque contre la base Samson (le centre d’équipement de commandement et l’Unité d’équipement régional)
Les médias israéliens ont fait état de bombardement intensif dans la région de Akka (Acres) et celle du golfe de Haïfa. Un barrage de 30 roquettes y a été tiré. 10 ont été interceptés selon les médias israéliens qui ont rendu compte que les sirènes d’alerte ont retenti dans la région d’Ami‘ad au sud de Safed, dans la colonie de Kiryat Shmona, dans la zone de la base Meron.
La résistance a en outre assuré que ses unités anti aériennes ont obligé deux avions de chasse ennemis à rebrousser chemin au-dessus de la localité Adloune, sur le littoral sud. Au début de la soirée, elle a dit avoir « bombardé la ville de Safed occupée à l’aide de 80 roquettes en riposte à l’offensive insolente et barbare israélienne des villes, des villages et des civils ». Selon les chiffres du gouvernement libanais, 150 raids israéliens ont été recensés. Ils ont fait 60 martyrs et 80 blessés Dans la soirée, la résistance a revendiqué des salves de 50 roquettes contre la colonie Kiryat Ata à proximité de Haïfa.
Alors que l’aviation israélienne pilonne de nombreuses parties du Liban et que Tsahal envisage de lancer une opération terrestre dans le sud du pays du Cèdre, les efforts diplomatiques se multiplient pour arracher un cessez-le-feu entre le Hezbollah et Israël.
La France, en partenariat avec les États-Unis, propose un cessez-le-feu « temporaire » de 21 jours au Liban pour des négociations entre les deux belligérants, a annoncé le 25 septembre le chef de la diplomatie française lors d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU. « Ces derniers jours, nous avons travaillé avec le partenaire américain à une plateforme de cessez-le-feu temporaire de 21 jours pour permettre les négociations », a déclaré Jean-Noël Barrot à New York. « Cette plateforme va être rendue publique très rapidement et nous comptons sur les deux parties pour l’accepter », a-t-il ajouté, martelant que la guerre entre Israël et le Hezbollah n’était « pas inéluctable » et appelant tous les acteurs à s’engager « résolument » pour une résolution pacifique du conflit.
Joe Biden et Emmanuel Macron, qui se sont rencontrés en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, ont parlé « des efforts en vue d’atteindre un cessez-le-feu entre Israël et le Liban et d’éviter une guerre plus large », selon la Maison Blanche, citée par la presse française. Les États-Unis, l’Australie, le Canada, l’Union européenne, la France, l’Allemagne, l’Italie, le Japon, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Royaume-Uni et le Qatar ont fait une déclaration commune : « La situation entre le Liban et Israël depuis le 8 octobre 2023 est intolérable et présente un risque inacceptable d’escalade régionale plus large. Cela n’est dans l’intérêt de personne, ni du peuple israélien, ni du peuple libanais. » « Il est temps de conclure un accord diplomatique qui permette aux civils des deux côtés de la frontière de rentrer chez eux en toute sécurité », ont ajouté ces pays, en se basant sur la proposition d’une trêve de 21 jours.
Le président français a de surcroît publié un message sur la plateforme X dans la soirée du 25 septembre, insistant sur le fait qu’Israël devait « cesser l’escalade au Liban » et appelant le Hezbollah « à cesser les tirs vers Israël ».
Israël « viole notre souveraineté », a pour sa part déclaré Najib Mikati, Premier ministre libanais. Il a exhorté le Conseil à faire pression sur l’État hébreu pour un « cessez-le-feu immédiat sur tous les fronts ». « Nous réaffirmons notre engagement envers la résolution 1701 et demandons des efforts sérieux pour le retrait d’Israël des territoires libanais occupés », a-t-il également déclaré, tout en saluant les efforts diplomatiques de Washington et de Paris.
« Si la diplomatie échoue pour permettre à nos habitants de retourner chez eux, alors nous utiliserons tous les moyens à notre disposition, dans le respect du droit international », a déclaré de son côté Danny Danon, ambassadeur israélien à l’ONU. « Si nous pouvons l’atteindre par la diplomatie, ce serait mieux pour Israël, ce serait mieux pour le Liban », a-t-il ajouté.