Vendredi, l’agence de presse Saba à Sanaa a cité une source militaire yéménite affirmant que le quartier général des forces saoudiennes et des dépôts d’armes du camp de Badr à Aden ont été pris pour cible. Jeudi, les forces de Sanaa ont mené une attaque contre le QG de la coalition dirigée par Riyad dans l’aéroport d’Aden. Trois missiles avaient touché un centre de commandement de l’armée yéménite pro saoudienne et deux un centre de commandement de la coalition au sein du complexe, visé pour la première fois depuis la reprise des hostilités en juillet, selon le gouvernement d’Aden, précisant que des Yéménites et des Saoudiens figuraient parmi les 5 tués et 16 blessés.
Le général Yahya Saree, porte-parole militaire des forces de Sanaa, avait auparavant déclaré que ses forces avaient visé « le QG des opérations militaires de l’ennemi saoudien » au sein du palais, qualifiant « toute présence militaire saoudienne » de « cible légitime ».
Par ailleurs, la coalition dirigée par l’Arabie saoudite a affirmé avoir intercepté un missile balistique qui se dirigeait vers la ville de Yanbu, sur la mer Rouge. Yanbu est un important débouché pour les exportations de pétrole saoudien, permettant à Riyad d’acheminer du pétrole brut vers les marchés mondiaux via la mer Rouge sans passer par le détroit d’Ormuz. La coalition a ajouté qu’elle a détruit deux missiles de croisière au-dessus de la mer Rouge et trois drones dans le sud du pays et dans la région de Riyad, en Arabie saoudite.
Bombes à fragmentation
Vendredi, Y. Saree avait indiqué que 101 frappes aériennes saoudiennes ont visé plusieurs provinces yéménites au cours des dernières 24 heures. Des raids saoudiens aériens aux bombes de fragmentation ont fait 20 martyrs et blessés dans la province de Dhamar, au centre du Yémen, ont rapporté samedi des médias yéménites. 3 enfants figurent parmi les martyrs. 124 civils ont succombé et 327 autres ont été blessés dans l’agression saoudienne depuis le 3 septembre, a précisé le ministère de la Santé de Sanaa.
Vendredi, les forces de Sanaa ont lancé un dernier ultimatum de 48 heures aux factions soutenues par Riyad et stationnées à Taëz, les exhortant à se retirer de la ville et à se rendre sans combattre, ont rapporté les médias yéménites proches de Sanaa. Cet appel annonçait l’entrée imminente de ces forces, qui avaient déjà franchi les entrées ouest et est, sécurisé l’entrée nord et pénétré dans le secteur de Sabr al-Mawadim, à la périphérie sud de la ville de trois millions d’habitants. Cependant, certaines factions, notamment celles affiliées au parti al-Islah, continuent de miser sur une intervention saoudienne pour stopper l’avancée d’Ansarullah vers la capitale provinciale. Elles semblent s’appuyer sur les promesses saoudiennes pour faire basculer le cours de la bataille en leur faveur, ignorant le fait que toutes les lignes de défense autour de la ville sont déjà tombées. La coalition dirigée par l’Arabie saoudite a intensifié ses frappes aériennes à la périphérie de Taëz.
Conformément au déroulement des opérations militaires, la prise de contrôle du mont Han, point stratégique dominant la majeure partie de l’ouest de Taëz, par les forces de Sanaa, devait placer les factions armées de la ville dans une situation militaire difficile et réduire considérablement leur marge de manœuvre. Cette montagne constituait le dernier point d’appui en hauteur détenu par ces factions sur l’axe ouest, et sa capture les privait de leur dernier point d’observation et de tir dominant les positions des forces de Sanaa, permettant ainsi à ces dernières de progresser vers l’entrée ouest.
Les combats se sont déplacés vers l’ancien aéroport, situé dans les quartiers ouest. Des sources sur le terrain ont également confirmé que les forces de Sanaa avaient avancé vers le quartier d’Aqqaqa, près de l’université de Taëz, à l’ouest de la ville, les affrontements s’étendant jusqu’au campus universitaire. Elles avaient déjà pris le contrôle du point de contrôle du Hangar, le plus important à l’entrée ouest, ainsi que Jabal Aswad, Al-Sayahi et le secteur d’Hazran, qui surplombe la route Taëz-Hodeidah, plaçant ainsi les quartiers sud et ouest du centre-ville sous leur contrôle direct.
Média militaire, tribune médiatique des forces armées yéménites de Sanaa a diffusé samedi de nouvelles images montrant des frappes contre des factions pro saoudiennes dans la région d’Al-Yatma, au nord du gouvernorat d’Al-Jawf, ainsi que la destruction et la saisie d’un certain nombre de véhicules. Les images montrent d’importants déploiements de troupes pro saoudiennes qui tentaient de progresser dans le désert d’Al-Jawf attaqués par les forces de Sanaa. Sont ciblés les véhicules et les blindés qui ont pris feu et la confiscation d’autres. Les images ont également montré l’explosion de certains véhicules en butant contre des mines, selon la chaine yéménite proche de Sanaa al-Masira.
Par ailleurs, les Forces yéménites de Sanaa ont annoncé samedi la libération de 159 combattants des forces pro saoudiennes détenus depuis la reprise des hostilités en juillet, dans le cadre d’une amnistie. Ces personnes s’étaient « rendues volontairement, sans opposer de résistance », durant l’opération menée dans l’ouest du pays, a déclaré Abdelkader al-Mourtada, président de la Commission nationale des affaires des détenus, lors d’une conférence de presse à Sanaa.
Les forces de Sanaa qui se sont emparés en septembre de la côte ouest, avait annoncé dans la foulée une amnistie pour les combattants qui déposent les armes. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a confirmé dans un communiqué que « 159 personnes récemment détenues dans le cadre du conflit » avaient été libérées « unilatéralement » par Sanaa, en affirmant que l’organisation avait notamment vérifié l’état de santé des détenus. « Le CICR n’a joué aucun rôle dans la détermination de l’identité ou du nombre des personnes qui seraient libérées », a-t-il précisé.
Selon A. al-Mourtada, 323 prisonniers avaient déjà été libérés en septembre, après s’être rendus dans le gouvernorat de Hodeïda (ouest).
Bruits de bottes au Caire
Le président égyptien a appelé le Parlement du pays à tenir une session d’urgence afin d’obtenir un mandat pour « défendre et protéger l’Arabie saoudite », ont rapporté les médias égyptiens. « Nous ne devons pas oublier le soutien que nos frères du Golfe ont apporté à l’Égypte, et nous soutenons fermement et pleinement la protection des territoires de nos frères dans le Golfe. » a déclaré Abdel Fattah al-Sissi. Il a poursuivi que « l’Égypte prendra toutes les mesures nécessaires pour protéger et défendre l’Arabie saoudite », soulignant que l’Égypte « n’acceptera aucune atteinte à l’Arabie saoudite ni à sa sécurité et à sa stabilité ». Le Raïs considérait que ce mandat visait à « défendre nos frères du Golfe » et qu’il était lié à la « défense, et non au combat contre qui que ce soit ».
Le Parlement égyptien tiendra une séance plénière dimanche, à la suite d’un appel du président A.F. al-Sissi visant à obtenir l’autorisation de fournir une aide défensive à l’Arabie saoudite si celle-ci en fait la demande, selon le journal égyptien Al-Ahram, citant un communiqué du Parlement publié samedi.
L’Arabie saoudite mène des frappes aériennes et de missiles contre plusieurs provinces yéménites, ciblant les infrastructures civiles et les habitations. Le ministère yéménite de la Santé à Sanaa a annoncé hier que le nombre de victimes de l’agression saoudienne contre le Yémen s’élevait à 419, martyrs et blessés compris, depuis la reprise des hostilités le 3 septembre.
Les forces armées yéménites ripostent en ciblant des installations vitales en territoire saoudien et des renforcements militaires pro saoudiens en territoire yéménite.

