Selon le service de secours du Magen David Adom (MDA), deux blessés sont dans un état grave et trois dans un état modéré. La police indique que des démineurs sont à pied d’œuvre sur les lieux pour enquêter sur les circonstances de l’explosion, dont la cause serait apparemment un engin non explosé. L’origine de cet engin fait actuellement l’objet d’une enquête. Des sources sécuritaires avaient assuré pourtant que la zone avait été préalablement inspectée et considérée comme sûre.
Selon les premiers éléments de l’enquête, l’un des élèves participant à la randonnée aurait ramassé la munition non explosée avant de la placer dans son sac. Selon les premiers éléments de l’enquête, l’engin serait une sous-munition non explosée issue d’un projectile à fragmentation tiré par le Hezbollah pendant la guerre et restée dans la zone.
Dans la matinée, les médias israéliens avaient rendu compte qu’un militaire de la 188e brigade a été blessé dans l’explosion d’une munition dans son char pendant « un accident opérationnel au sud du Liban ».
En parallèle, les attaques israéliennes se sont poursuivies dans le sud du Liban, où deux Libanais sont tombés en martyrs dimanche dans le district de Bint Jbeil dans le gouvernorat de Nabatiyeh. L’officier à la retraite, Ali Souweydane a été tué dimanche dans un tir de char israélien, dans la périphérie de la localité de Yater. Il était venu inspecter sa maison et son oliveraie. Le deuxième martyr est l’ingénieur Hussein Ali Ramadane. Il a succombé près de sa maison, dans l’explosion d’un engin non explosé, dans la localité de Froune.
Face aux risques liés aux mines et aux sous-munitions non explosées, les autorités locales ont appelé les habitants à ne pas se rendre dans les oliveraies.
Selon le correspondant d’Al-Manar, les forces d’occupation israéliennes ont mené depuis dimanche soir plusieurs attaques dans le sud du Liban.
Dans le détail, l’artillerie israélienne a pilonné la périphérie de Baraachit, Wadi Salouqi, Wadi Zibqin, al-Mansouri, Kfar Chouba et Haris entre la nuit précédente et 7 heures du matin, heure locale. Des mouvements et des attaques des forces israéliennes ont été signalés aux abords de Srebbine et de Zawtar al-Charqiya. Les troupes ennemies ont par ailleurs progressé depuis Rouwaisat al-Alam et se sont déployées dans le secteur de Chmeis, à la périphérie de Kfar Chouba.
Lundi, un raid aérien a visé la localité de Kfar Tebnit.
Selon un décompte réalisé par la télévision al-Manar entre le 1er et le 11 octobre, 260 attaques ont été recensées : dont 39 raids aériens, 128 bombardements d’artillerie contre une trentaine de localités et de zones, 33 attaques aux tirs de mitrailleuses et d’autres armes et 20 attaques aux bombes (éclairantes, au phosphore et soniques via hélicoptères). Le décompte a également rendu compte de 33 opérations de démolition et de dynamitage et de 9 actes de sabotage, de destruction de bâtiments, d’incendie criminel et de ciblage d’installations.
Moscou dénonce et Bruxelles s’active
Sur le plan diplomatique, Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, a dénoncé les opérations israéliennes au Liban, qu’il considère comme une violation du droit international. Face à Youssef Raggi, son homologue libanais, il a réaffirmé le soutien russe à la souveraineté, à l’unité et à l’intégrité territoriale du pays. Aucun ministre libanais des Affaires étrangères n’avait effectué de visite à Moscou depuis cinq ans.
Cette rencontre était la deuxième entre les deux hommes en un mois : le chef de la diplomatie russe a souhaité poursuivre ces échanges sans nouvelle interruption prolongée. Les deux ministres s’étaient déjà retrouvés le 23 septembre à New York, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies. Raggi avait alors participé à l’entretien de son homologue russe avec Nawaf Salam, Premier ministre libanais.
Signaler aussi que le Conseil de l’Union européenne a adopté, lundi, une décision établissant une mission de soutien de l’UE au Liban dans le cadre de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC), a annoncé le Conseil. Selon le Conseil, elle « contribuera à la paix et à la sécurité au Liban, soutiendra le renforcement des institutions de l’État et favorisera une stabilité durable, conformément à la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations Unies ». Elle vise à renforcer les capacités des Forces armées libanaises (FAL) et des Forces de sécurité intérieure (FSI), ainsi qu’à soutenir la gouvernance de la sécurité maritime.
« Aujourd’hui, les ministres des Affaires étrangères de l’UE ont convenu de lancer une nouvelle mission de soutien de l’UE au Liban. Elle conseillera et assistera les Forces armées libanaises et les Forces de sécurité intérieure afin de renforcer le contrôle du territoire, la sécurité des frontières et la sécurité intérieure », a déclaré Kaja Kallas, haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité. « L’Europe s’investit dans l’avenir du Liban. Avec cette nouvelle mission, une avancée majeure de nos liens de sécurité, nous continuons à soutenir les institutions du pays dans le rétablissement de sa pleine souveraineté et la construction d’une stabilité durable pour le peuple libanais », a-t-elle ajouté.
La mission comprendra un pilier militaire et un pilier civil, placés sous un mandat politique unifié, avec des tâches complémentaires dans leurs domaines de compétence respectifs. Le pilier militaire fournira conseil et formation aux FAL, pour la sécurité des frontières et la sécurité maritime, notamment en matière de surveillance et de contrôle des frontières terrestres, de renseignement, de surveillance et de reconnaissance, de lutte contre la contrebande et de coordination opérationnelle. Le pilier civil appuiera, lui, les FSI par du conseil et des formations spécialisées, afin de renforcer leurs capacités opérationnelles et de développer des structures de formation durables, notamment en matière de cybercriminalité et de lutte contre la contrebande. Il soutiendra également le renforcement de la gouvernance de la sécurité portuaire, y compris au port de Beyrouth.
La mission facilitera et complétera l’aide de l’UE fournie par la Facilité européenne pour la paix, et se coordonnera étroitement avec les institutions de l’UE, les États membres, l’ONU et les autres partenaires internationaux qui soutiennent le secteur de la sécurité libanais.
À la suite de cette décision, la planification opérationnelle se poursuivra en vue du déploiement futur de la mission. Le Conseil adoptera une décision distincte pour lancer l’EUSM Lebanon une fois cette planification achevée.

