Dans sa troisième annonce, le général Y. Saree a rendu compte que cet aéroport a été pris pour cible à l’aide de deux missiles de croisière. Il a ajouté que l’aéroport de Najran et la base aérienne de Khamis Mushait ont aussi a été frappés avec deux missile balistiques. « Les frappes ont été précises et directes, entraînant la perturbation du trafic aérien aux aéroports Roi Khaled et Najran et causant des dommages à ces derniers », a-t-il affirmé.
Reuters, de son côté, a cité des témoins oculaires et trois sources confirmant que de la fumée s’élevait d’un avion stationné à l’aéroport de Riyad jeudi, tout en notant qu’il n’y avait aucune confirmation officielle des autorités saoudiennes concernant l’incident. L’AFP, citant deux sources bien informées a rapporté qu’au moins un avion a subi des dommages importants à l’aéroport de Riyad.
Le général Y. Saree a réitéré son avertissement à toutes les compagnies aériennes internationales contre la poursuite des vols dans l’espace aérien saoudien, « car il est devenu un théâtre d’opérations militaires, à l’exception de l’espace aérien au-dessus des villes saintes de La Mecque et de Médine ».
Les compagnies Lufthansa, Air India et Air France ont annoncé la suspension de leurs vols vers Riyad. 49,7 % des vols auraient été annulés et 25 % retardés et les pertes quotidiennes seraient estimées à 15 millions de dollars. Selon les données recueillies par la société d’analyse aéronautique Cirium, 31 vols supplémentaires devraient être annulés demain dans tous les aéroports saoudiens. L’AFP ajoute que l’aéroport international de Riyad a demandé aux voyageurs de vérifier auprès de leurs compagnies si leur vol n’avait pas été annulé avant de se rendre sur place.
Par ailleurs, Y. Saree a lancé une autre mise en garde en demandant au personnel de toutes les installations pétrolières saoudiennes de les quitter pour ne pas mettre leur vie en danger, signalant que ces lieux sont considérés « comme des cibles pour les forces armées yéménites ».
Riyad a réagi à ces attaques. « Nous avons intercepté et détruit deux missiles balistiques tirés par la milice terroriste vers Riyad », a affirmé sur X Turki al-Maliki, porte-parole de la coalition, avait en outre rapporté l’AFP selon laquelle de fortes explosions avaient été entendues quelques heures plus tôt.
Selon Sanaa, les attaques de ses forces s’inscrivent dans le cadre de la riposte continue à l’agression saoudienne et à ses attaques directes contre des cibles civiles dans les gouvernorats de Sanaa, Saada, Taïz, Hajjah et Marib, ainsi qu’en réponse au blocus imposé au pays.
Ces derniers jours, les forces armées yéménites de Sanaa ont rapidement progressé sur le terrain dans le gouvernorat de Taëz. Elles contrôlent désormais 17 districts entiers. Leurs opérations contre les forces soutenues par l’Arabie saoudite se sont poursuivies à Al-Jawf et sur la côte ouest. D’après les dernières données publiées, les zones contrôlées par les forces soutenues par l’Arabie saoudite se sont réduites à une zone plus restreinte autour de la ville de Taëz, tandis que les opérations se poursuivent pour sécuriser les poches de résistance et les positions restantes. Les affrontements militaires sont actuellement limités à certaines zones, notamment les régions de Sala et d’Al-Masrakh.
L’agence de presse Saba a rendu compte de deux raids aériens menés par des avions saoudiens contre un bus de passagers dans le district d’Al-Shamaytayn, au sud du gouvernorat de Taïz, dans le sud-ouest du pays. Plusieurs martyrs et blessés ont été déplorés. Dans le gouvernorat d’Ibb, au centre du Yémen, trois citoyens avaient été blessés lors d’un bombardement aérien saoudien visant la route principale du district d’Al-Sayani, au sud du gouvernorat. Plus, 5 autres raids aériens avaient ciblé directement les réseaux de communication dans le même district d’Al-Sayani.
À Sanaa des avions saoudiens ont lancé deux frappes aériennes visant le réseau de communications du district de Bani Matar, situé à l’ouest de la capitale. Des raids aériens saoudiens ont ciblé les réseaux de communication du gouvernorat d’Al-Bayda, dans le centre du pays, où l’agence de presse Saba a rapporté que l’armée de l’air avait lancé 6 raids aériens répartis dans la ville d’Al-Bayda et les districts de Mukayras et Radaa
Quelques heures plus tôt, le porte-parole des forces armées yéménites, a annoncé que les forces armées ont réussi à cibler l’aéroport King Khalid, dans la capitale saoudienne Riyad, au moyen d’un missile balistique, affirmant que le missile a atteint sa cible avec précision et a paralysé le trafic aérien de l’aéroport. Le général Y. Saree a réitéré l’appel et l’avertissement des forces armées yéménites — pour la dernière fois — à l’ensemble des compagnies aériennes internationales quant aux risques de poursuivre leurs vols dans l’espace aérien saoudien. Il a souligné que le ciel saoudien est désormais un théâtre d’opérations militaires, à l’exception de l’espace aérien des lieux saints de La Mecque et de Médine.
En outre, il a révélé que les forces ont ciblé des rassemblements et des concentrations des forces ennemies saoudiennes dans le camp de Qawah, dans la région de Ras al-Ara, à l’aide de missiles balistiques. Il a précisé que des frappes directes ont fait de nombreux morts et blessés et ont provoqué l’incendie de plusieurs dépôts d’armes. Le général Y. Saree a expliqué que cette attaque a coïncidé avec d’autres frappes de missiles balistiques visant des rassemblements ennemis saoudiens au sud de Bab al-Mandeb ainsi que dans les régions de Al-Saqiya et Ras al-Ara, confirmant que ces frappes ont atteint leurs objectifs avec succès et laissé des dizaines de morts et de blessés dans leurs rangs.
Dans le cadre des opérations de défense aérienne, le haut gradé de Sanaa a annoncé que « les forces armées yéménites ont réussi à abattre un drone d’attaque de fabrication turque de type Bayraktar Akinci appartenant à l’ennemi saoudien ». Il a indiqué que « l’appareil a été ciblé alors qu’il menait des actions hostiles dans le ciel du gouvernorat de Taëz, où il a été abattu au moyen d’une arme appropriée ».
Pas d’investissement turc
A signaler que le ministre turc des Affaires étrangères a exclu jeudi d’envoyer l’armée frapper les forces de Sanaa du Yémen, indiquant que son pays « n’enverrait pas ses troupes sur le territoire d’un autre pays pour lancer une attaque ».
Ankara est lié par un accord tripartite signé en août à la Mecque avec le Pakistan et l’Arabie saoudite. « Il s’agit d’un accord de défense. Si un pays signataire de cet accord est attaqué, vous le soutiendrez pour assurer sa défense. Ce n’est pas un accord offensif », a expliqué Hakan Fidan. « Grâce à l’aide que nous fournissons actuellement à l’Arabie saoudite, nous établissons une coopération en matière de défense. (…) Nos délégations militaires travailleront ensemble pour déterminer les mesures de défense nécessaires dans la zone d’opérations », a-t-il ajouté sans autre précision.
L’accord doit encore être ratifié par le Parlement pour entrer en fonction. « Nous avons décidé de le lui soumettre dans les plus brefs délais », a indiqué le chef de la diplomatie turque, en marge d’une rencontre avec son homologue hongroise Anita Orban, en visite en Turquie. Le pacte tripartite associe la deuxième armée de l’Otan (Turquie), la principale puissance du Golfe (Arabie Saoudite) et la seule puissance nucléaire du monde musulman (Pakistan).

