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Tension persistante sur le front libanais : Tel-Aviv met la pression sur Beyrouth accrochée à la solution diplomatique

by Perspectives Med
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Tension persistante sur le front libanais : Tel-Aviv met la pression sur Beyrouth accrochée à la solution diplomatique

Dans cette atmosphère tendue, Joseph Aoun a réaffirmé que la voie diplomatique est l’alternative à la guerre, soulignant qu’« un accord est le seul moyen de mettre fin à l’état d’hostilité entre le Liban et Israël »

Lors de sa rencontre au palais de Baabda avec Kaya Kallas, haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, le Président libanais a déclaré que « l’armée libanaise remplit pleinement son devoir dans les zones où elle est déployée au sud du fleuve Litani, en application de l’accord-cadre, tandis qu’Israël continue de s’abstenir d’en appliquer les dispositions et de poursuivre ses attaques contre les localités du Sud ». Il a indiqué que le Liban œuvrait avec les États-Unis, parrains de l’accord, et les pays amis pour faire pression en faveur de son application. « La voie diplomatique constitue une alternative à la guerre et l’accord représente le seul moyen de mettre fin à l’état d’hostilité entre les deux pays », a-t-il affirmé.

Il a par ailleurs souligné que le Liban envisageait avec intérêt la signature d’un partenariat stratégique avec l’Union européenne, et qu’il était déterminé à mettre en œuvre des réformes économiques et à adopter la loi sur le déficit budgétaire, ce qui permettrait de signer un accord avec le Fonds monétaire international.

  1. Kallas a déclaré de son côté que l’Union européenne était prête à fournir l’assistance nécessaire au Liban, notamment à l’armée, aux forces de sécurité intérieure et à ceux qui s’occupent des aspects sociaux et humanitaire. Reste à savoir si ledit appui militaire pourrait permettre à l’armée libanaise, bridée par Washington, pourrait changer la donne.

Nabih Berri, président du Parlement, a assuré de son côté que « la cause profonde demeure la même : le non-respect par Israël des termes de tous les accords. » Lors d’une rencontre avec le sénateur américain James Paul Lankford et sa délégation, le leader du mouvement Amal a souligné « qu’Israël n’avait jamais respecté aucun des accords conclus depuis la résolution 425, en passant par la résolution 1701, l’accord de novembre 2024 et jusqu’à l’Accord-cadre tripartite ».

Le président du Parlement a également reçu K Kallas. Selon l’agence officielle ANI, la réunion a porté sur la situation générale au Liban et dans la région, ainsi que sur les derniers développements politiques et sécuritaires, notamment les violations répétées du cessez-le-feu par Israël et ses attaques quotidiennes contre des villages et des villes du sud. Les participants ont également abordé les relations entre le Liban et les pays de l’Union européenne et le rôle que l’UE peut jouer pour aider le Liban dans divers domaines, en particulier la reconstruction, et pour soutenir la position du Liban concernant son engagement envers la présence des forces de la FINUL.

Berri a renouvelé sa mise en garde contre les conséquences d’une situation où le mandat des forces internationales d’urgence arrive à son terme sans qu’une alternative ne soit trouvée sous l’égide de l’ONU, soulignant qu’une telle situation constituerait une atteinte à la légitimité internationale et à ses résolutions de l’ONU, notamment la résolution 1701, et qu’elle affecterait également négativement l’Union européenne et son rôle.

Dans un entretien accordé à l’AFP, K. Kallas a déclaré que les pays de l’UE étaient favorables à une prolongation du mandat de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), alors que son mandat arrive à échéance à la fin de l’année dans un contexte d’escalade avec Israël.  « Les États membres (de l’UE) ont toujours dit qu’un vide sécuritaire dans le sud du Liban ne pouvait être toléré. Tous sont donc préoccupés par la fin du mandat de la Finul », a-t-elle souligné. Elle a ajouté qu’une prolongation du mandat de la Finul « serait très largement accueillie », précisant qu’il s’agissait de la position des États membres de l’Union européenne.

Les plus récentes informations entourant le huitième tour des négociations prévues en Floride avec Israël révèlent que le pouvoir libanais n’a toujours pas reçu de confirmation définitive quant à la date de la session fixée au 20 de ce mois. Il n’a pas non plus tranché sur le niveau de sa participation, hésitant entre une délégation purement militaire ou une représentation politico-militaire. Toutefois, l’option qui semble privilégiée par Tel-Aviv consiste à aborder ce cycle avec une approche négociatrice bien plus large que le simple verrouillage du cessez-le-feu. Le spectre des négociations s’étend à des dossiers autrement plus complexes : du retrait israélien à la libération des prisonniers libanais, en passant par l’extension du déploiement de l’armée et l’élaboration d’une formule internationale destinée à relayer les forces de la FINUL au terme de leur mandat.

Le pouvoir aborde ce rendez-vous comme une occasion de relancer l’« accord-cadre » et d’en finir avec le piétinement actuel, mû par le pari qu’un rôle américain actif saurait pousser les parties vers des arrangements plus nets. Les proches du Premier ministre font valoir que Beyrouth s’engage dans ces pourparlers forte de l’assise politique consolidée à Washington et des contacts noués par l’exécutif libanais lors des travaux de l’Assemblée générale des Nations unies. Ils soulignent que Beyrouth liera étroitement le retrait israélien, le déploiement de l’armée et le monopole d’État sur les armes, considérant que ces dossiers doivent progresser de pair et non isolément. Reste que l’allongement de la liste des exigences ne garantit en rien leur aboutissement.

Parallèlement, une source politique de premier plan pointe du doigt une offensive d’un genre nouveau ciblant le commandement de l’armée, menée de concert par des acteurs politiques et officiels libanais. Sa gravité réside, selon cette source, dans sa convergence avec la thèse américaine revenue en force sur le rôle et la mission de l’institution militaire face au dossier des armes du Hezbollah.

D’après cette même source, un responsable américain de la sécurité, tout juste arrivé d’Israël, a enchaîné les rendez-vous avec plusieurs dirigeants libanais. Il s’est appliqué à répéter que le gel des opérations dans les « zones expérimentales » découlait, selon la vision de Washington, du refus de l’armée libanaise de jouer le rôle attendu d’elle dans le désarmement du Hezbollah.

Au fil des échanges, il est apparu que Washington épousait de nouveau le récit israélien selon lequel l’armée refuse d’affronter le Hezbollah — argument jugé suffisant par Israël pour paralyser toute avancée.

Renvoyé à la responsabilité d’Israël et à ses propres agissements, le responsable américain s’est borné à invoquer une situation « politiquement complexe », ajoutant que faire pression sur Israë’ s’avérait d’autant plus délicat à l’approche de ses échéances électorales internes. La source note qu’il a balayé ces objections pour poser une question piège : « Pourquoi craignez-vous la guerre civile ? Et qui vous dit que le Hezbollah est en mesure de faire face à l’armée ? »

À cette interrogation, un responsable de la sécurité libanais a répliqué au visiteur américain : « Ce que veut Washington correspond exactement aux attentes d’Israël : pousser l’armée libanaise à l’affrontement armé avec le Hezbollah, et donc avec une composante majeure de la communauté chiite. Vous avez déjà entendu le commandant en chef de l’armée, le général de corps d’armée Rodolphe Haykal, rappeler que l’armée n’est pas taillée pour combattre son propre peuple. » Et de lancer : « Tant que l’occupation israélienne persiste, comment peut-on exiger de l’armée une telle mission ? »

Des informations en provenance de Washington indiquent que le président du gouvernement a abordé avec des responsables américains la mission future de l’armée, exprimant son agacement face au refus de la hiérarchie militaire d’exécuter certaines directives gouvernementales. Nawaf Salam est apparu favorable à une pression américaine et arabe directe sur le commandement de l’armée, ou par le biais du président de la République, afin de l’amener à franchir de nouvelles étapes sur la question des armes du Hezbollah — non seulement dans les zones expérimentales, mais aussi dans d’autres territoires hors d’atteinte de l’occupation israélienne. Son raisonnement ? Enregistrer des avancées sur ce dossier, surtout en cas de coopération du Hezbollah sur la remise des armes, renforcerait la crédibilité et la position du Liban auprès de Washington et de la communauté internationale.

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