Le site Axios a indiqué, citant trois hauts responsables américains, que la réunion s’est tenue vendredi soir, a duré plusieurs heures et a discuté des prochaines étapes de la guerre contre l’Iran, ainsi que de la confrontation entre l’Arabie saoudite et le mouvement Ansarullah au Yémen.
La réunion a été présidée par JD Vance, vice-président américain, avec la participation de Marco Rubio, secrétaire d’État, de Pete Hegseth, secrétaire à la Guerre, de Scott Bessent, secrétaire au Trésor, ainsi que de Steve Witkoff, envoyé présidentiel de John Ratcliffe, directeur de la Central Intelligence Agency (CIA), et du général Dan Cain, chef d’état-major interarmées. Selon le site US, l’un des responsables a déclaré que la réunion a donné lieu à la prise de décisions ou à des discussions approfondies en vue de formuler des recommandations à l’intention de Donald Trump.
Par ailleurs, Axios a souligné dans son rapport qu’une dernière réunion similaire s’était tenue en juin 2025, quelques jours avant le début de la guerre d’Israël contre l’Iran. Ces fuites surviennent dans un contexte d’échanges de propositions et de réponses entre Washington et Téhéran par l’intermédiaire de médiateurs régionaux, au premier rang desquels figure le Qatar. Elles interviennent également sur fond de poursuite du blocus naval américain imposé aux ports et côtes iraniens, d’escalade des sanctions économiques de Washington à l’encontre de Téhéran, en réponse à la persistance de l’Iran à fermer le détroit d’Ormuz pour rejeter les agressions et ingérences américaines dans la région.
L’AIPAC à l’attaque
Sur un autre plan connexe, on signale que l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC), lobby pro-israélien, prévoit de dépenser 233 millions de dollars pour faire battre, lors des élections législatives de mi-mandat de cet automne, les candidats qui critiquent le gouvernement du Premier ministre israélien, a averti Bernie Sanders, sénateur américain. Le principal groupe de lobbying pro-israélien aux États-Unis « prévoit de dépenser 233 millions de dollars pour faire battre les candidats qui osent s’élever contre le gouvernement extrémiste de Netanyahu », a noté B. Sanders vendredi sur X. « Ils ont dépensé 33 millions de dollars pour faire battre Abdul El-Sayed lors de la primaire dans le Michigan. Ils ont perdu. Ils vont continuer à perdre », a-t-il ajouté, selon l’agence turque TRT.
- El-Sayed, candidat démocrate au Sénat cette année dans l’État du Michigan, s’oppose fermement à l’aide militaire américaine sans condition à Israël et a critiqué les politiques du gouvernement Netanyahu à Gaza et en Cisjordanie occupée.
Lors des élections législatives américaines de mi-mandat du 3 novembre, les sondages montrent que les démocrates sont globalement en position favorable pour remporter la Chambre des représentants et pourraient également prendre le contrôle du Sénat.
Alors que l’opinion des électeurs américains à l’égard d’Israël s’est dégradée, notamment dans le contexte du génocide à Gaza, de nombreux démocrates candidats aux élections cette année ont adopté une position plus ferme à l’égard des politiques du gouvernement du sinistre Benjamin Netanyahu et de ce que beaucoup considèrent comme ses efforts visant à déplacer les Palestiniens et à compromettre tout espoir de paix au Moyen-Orient.
A rappeler aussi qu’une juge américaine a rejeté une plainte déposée l’an dernier par l’administration D. Trump contre des organisations pro-palestiniennes et des manifestants ayant participé à une manifestation devant une synagogue du New Jersey l’an dernier. Catherine Hayden, juge fédérale du New Jersey, a déclaré que la plainte du gouvernement n’apportait pas de preuves suffisantes d’infractions à la loi. Elle a rejeté l’affaire sans préjudice des droits des parties, précisant que le gouvernement pouvait déposer une plainte modifiée dans un délai de 30 jours.
En septembre 2025, le ministère de la Justice a intenté un procès contre des militants pro-palestiniens, les accusant d’avoir intimidé des participants lors d’une manifestation organisée en novembre 2024 pour protester contre un événement dans une synagogue du New Jersey. Les organisateurs de l’événement l’ont décrit comme une « cérémonie religieuse et une foire immobilière ». Il visait à promouvoir la vente de propriétés dans les colonies israéliennes de Cisjordanie occupée.
D. Trump a tenté d’expulser des manifestants étrangers soutenant les Palestiniens, a menacé de geler le financement des universités ayant connu des manifestations, a étendu le contrôle des comptes de médias sociaux des immigrants et a imposé des sanctions à certains critiques d’Israël.
Enquête à Lisbonne
A souligner que le parquet portugais a ouvert une enquête sur la légalité de l’autorisation accordée par le gouvernement de centre-droit aux États-Unis d’utiliser la base aérienne de Lajes aux Açores pendant la guerre contre l’Iran, suite à une plainte déposée par le parti d’opposition Bloc de gauche. Un accord de longue date entre le Portugal et les États-Unis autorise Washington à utiliser la base sans autorisation préalable en temps de paix, mais requiert l’approbation de Lisbonne en cas d’hostilités.
Contrairement à l’Espagne voisine, le Portugal avait autorisé plusieurs survols américains de la base de Lajes, une décision qui avait suscité des critiques de la part des partis d’opposition de gauche et ouvert un débat politique sur le rôle de Lisbonne dans les opérations liées à la guerre contre l’Iran. Le parquet a déclaré dans un communiqué que « l’enquête a été ouverte suite à une plainte déposée par des membres du parti Bloc de gauche.»
En avril dernier, le parti avait demandé aux procureurs d’enquêter sur l’utilisation par les États-Unis de la base de Lajes, considérant cela comme une « grave violation du droit international ».
Le Portugal a déclaré avoir autorisé un total de 76 atterrissages d’avions américains sur la base et 25 survols de son territoire depuis le début de la guerre israélo-américaine contre l’Iran, à condition que ces avions ne soient pas utilisés pour bombarder des infrastructures civiles.
Lors d’une séance de questions au Parlement, Paulo Rangel, ministre portugais des Affaires étrangères, a déclaré que les États-Unis avaient respecté cette condition, fondée sur l’esprit de « coopération fidèle » entre les deux pays membres de l’OTAN, tout en soulignant que Lisbonne avait refusé d’autoriser des atterrissages à plusieurs reprises. Il a souligné que le Portugal n’est pas impliqué dans le conflit et que l’utilisation de la base de Lajes est conforme au droit international, expliquant que l’autorisation n’a été accordée qu’après avoir reçu des assurances de Washington que toute opération serait défensive, nécessaire et proportionnée, et limitée à des cibles militaires. « Nous nous opposons à toute attaque contre les infrastructures civiles et nous en avons fait une condition pour l’utilisation de la base aérienne de Lajes », expliquant que Lisbonne autorise l’utilisation de la base pour des opérations militaires en cas d’attaque contre les États-Unis, à condition que la riposte soit « nécessaire et proportionnée » et ne cible pas les civils.
La base aérienne de Lajes est un centre stratégique qui abrite la 65e escadre aérienne de l’US Air Force et fournit un soutien sur la base et en vol aux opérations américaines, de l’OTAN et alliées.

