Lors d’une conférence de presse tenue jeudi à Rabat, F.Z. Mansouri a déclaré que le PAM « respecte toutes les formations qui partagent son attachement aux constantes fondamentales du Royaume », précisant que toute alliance future sera débattue au sein des instances du parti. « Il n’y a aucun parti avec lequel nous refusons de nous asseoir. Nous croyons au dialogue et à la concertation. » Pourtant, la même « leader » du PAM avait assuré, en pleine campagne électorale, que sa formation ne s’alliera nullement avec le RNI. Formation qui a fait vite de saluer la victoire du PAM, arrivé en tête des résultats provisoires des élections législatives organisées mercredi, en remportant 97 sièges.
Si le PAM fait preuve d’ouverture, Abdelilah Benkirane, secrétaire général du Parti de la justice et du développement (PJD), privilégie, lui, la fermeture. Il a déclaré que son parti ne prendrait pas part au prochain gouvernement, qui doit être dirigé par le PAM. Il a qualifié cette démarche de conviction personnelle, en attendant une décision officielle du Conseil national du parti dont la réunion a été convoquée pour samedi.
Lors d’une réunion du secrétariat général du PJD, le leader islamise a exprimé ses inquiétudes concernant le retard dans l’annonce des résultats électoraux et les « pratiques liées à la rétention des procès-verbaux de vote ». Il a précisé avoir contacté le ministre de l’Intérieur au sujet de plusieurs de ces documents.
A. Benkirane a affirmé que le « véritable grand vainqueur » des élections était le PJD, en jugeant que son parti avait surpassé les résultats du scrutin de 2021. « Nous avons enterré les résultats de 2021 », a-t-il affirmé. Concernant le prochain gouvernement, il a soutenu que tout exécutif mené par le PAM serait « sujet à caution », et que la victoire de ce parti était « entachée par une fraude aux urnes perpétrée par des acteurs partisans ». Selon lui, ce qui s’est produit à Tanger pourrait également s’être reproduit ailleurs.
A. Benkirane a ajouté être convaincu qu’un tel gouvernement « ne réussira pas », tout en soulignant que son parti continuera son combat politique depuis l’opposition. « Je suis fermement convaincu que la lutte doit continuer », a-t-il insisté, qualifiant le PAM de « formation non ordinaire » et de « parti dangereux».

