Ces données ont été présentées jeudi en conférence de presse animée par le Réseau associatif qui a obtenu l’accréditation de 1.455 observateurs. L’analyse préliminaire de 676 formulaires consacrés à l’observation de la campagne électorale a permis de relever 53 cas d’utilisation de biens publics au profit d’un candidat ou d’un parti politique. La même source a indiqué que 12 % des cas relevés dans les 676 formulaires concernaient l’affichage de propagande électorale dans des lieux publics non destinés à cet usage.
Les observateurs et observatrices du Réseau, qui participe à l’observation des élections depuis 2002, ont également relevé 59 cas suspects d’utilisation d’argent et de corruption pour attirer les voix des électeurs.
Concernant le jour du scrutin, le Réseau a effectué, selon Houria Kamal, membre de son bureau, des visites dans 4.645 bureaux de vote, avec des observateurs déployés dans 91 circonscriptions électorales locales, suivant une méthodologie d’observation fixe et mobile. L’observation s’est poursuivie depuis l’ouverture des bureaux jusqu’à l’établissement et la remise des procès-verbaux. Les résultats font ressortir 40 cas d’interdiction d’accès de certains observateurs et observatrices aux bureaux de vote. Par ailleurs, 21 % des bureaux observés, soit environ 975, ont connu la formation d’une file d’électeurs avant leur ouverture, sachant que 87 % de l’ensemble des bureaux ont ouvert à 8h00. La même source a relevé que, dans 28 % des cas observés, soit dans plus de 1.300 bureaux, les électeurs n’ont pas pris eux-mêmes leur bulletin de vote.
Les observateurs du Réseau ont également relevé, dans 6 % des bureaux observés, soit 279 bureaux, des cas de « guidage » des électeurs en faveur d’un candidat ou d’une liste.
S’agissant de la période précédant la campagne électorale, l’analyse préliminaire de 396 formulaires a fait ressortir 106 cas, soit près de 27 %, liés à l’utilisation de projets, de biens et de services publics dans un contexte électoral. Le Réseau associatif a également recensé 70 cas, soit près de 18 %, concernant le lancement d’activités associatives servant les intérêts électoraux d’un parti ou d’un candidat dans un contexte électoral.
Les observateurs du Réseau ont ainsi dénoncé une « neutralité passive » de l’autorité face à « l’exploitation des projets publics et associatifs ainsi que des biens publics », malgré les circulaires officielles du ministère de l’Intérieur interdisant tout financement et toute opération caritative durant la période de préparation des élections. Concernant la phase précédant le dépôt des candidatures, le Réseau associatif a observé, sur 75 bureaux consacrés à cette opération et après analyse de plus de 179 formulaires, 11 cas de retrait de listes d’un parti sans remplacement.
Sur un autre plan, Mohamed Tarek, professeur de droit à la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales de Mohammedia, a présenté l’analyse thématique du Réseau portant sur les différentes données recueillies. Concernant la campagne électorale dans les médias et l’espace numérique, le Réseau a relevé 66 cas de contenus générés par l’intelligence artificielle ou de contenus électoraux faux et falsifiés, alors même que le cadre juridique régissant les élections incrimine ce comportement et prévoit des sanctions sévères. Selon lui, le montant maximal des dépenses publicitaires engagées par un seul parti sur Facebook au cours des 30 jours précédant le scrutin s’est élevé à 150.000 dollars, soit davantage que les dépenses cumulées des autres partis, sans que le parti concerné soit identifié.
Enfin, concernant la participation des personnes en situation de handicap, le rapport relève que 27 % des bureaux de vote ne permettent pas à ces personnes d’y accéder, d’y circuler et d’y exercer leur droit de vote.

