« La Chine et l’Iran sont liés par un partenariat stratégique global. La Chine est disposée à renforcer le dialogue et la coopération avec l’Iran, et à défendre efficacement les droits et intérêts légitimes de ce dernier », a dit Wang Yi cité dans un communiqué de ses services. « Nous encourageons l’Iran et les États-Unis à se montrer rationnels et à faire preuve de retenue », à revenir rapidement au protocole d’accord conclu en juin sous médiation pakistanaise, et à « restructurer les mécanismes de négociation », a dit Wang Yi. « Nous ne souhaitons pas voir les tensions régionales déborder au Yémen et en mer Rouge », a-t-il ajouté.
Wang Yi a rencontré mercredi son homologue iranien Abbas Araghchi en visite en Chine pour la seconde fois depuis le déclenchement de la guerre contre l’Iran, c’était en mai dernier. Cette visite intervient quelques jours avant une rencontre cruciale prévue la semaine prochaine entre les dirigeants américain et chinois, a rapporté l’agence de presse officielle chinoise Xinhua. Les deux pays entretiennent un « partenariat stratégique global », principalement fondé sur leurs relations économiques et les importations d’énergie iranienne. Le volume des échanges commerciaux bilatéraux a dépassé 41 milliards de dollars l’année dernière.
Washington menace
L’atmosphère de guerre n’a pas changé aux USA. Ainsi, JD Vance a déclaré que la confrontation avec l’Iran franchirait un cap majeur d’ici deux mois, affirmant que la première phase de la guerre était achevée après « la destruction de son programme nucléaire, de son armée conventionnelle et de sa capacité de projection ». Lors d’un entretien accordé au New York Post, le vice-Président a précisé que la seconde phase viserait à empêcher Téhéran de reconstruire son potentiel militaire tout en préservant la stabilité internationale. Il a estimé que l’Iran continuerait de perdre le contrôle du détroit d’Ormuz jusqu’aux élections de mi-mandat en novembre, affirmant que le trafic commercial y avait repris à plus de 50 %. Ces propos font écho aux déclarations de Donald Trump, qui accuse Téhéran de faire durer le conflit pour peser sur le scrutin américain.
A signaler aussi que pour la troisième fois, la Chambre des représentants a voté mardi pour mettre fin à la guerre en Iran, en adoptant une résolution sur les pouvoirs de guerre qui empêcherait le président D.Trump de poursuivre des actions militaires sans l’approbation du Congrès. Le vote, enregistré mardi soir, a donné 220 voix contre 204, un résultat similaire aux tentatives précédentes cet été, avec davantage de républicains se joignant aux démocrates pour voter la fin de la guerre. Aucune des deux résolutions n’a été soumise à la signature du président, sur laquelle Trump devrait très probablement opposer son veto.
Lors des précédentes sessions de la Chambre, quatre républicains avaient voté en faveur de la fin de la guerre contre l’Iran, mais ce nombre est passé à sept lors du vote d’hier sur les pouvoirs de guerre. Le représentant Seth Moulton, un démocrate du Massachusetts qui a servi dans le Corps des Marines pendant la guerre d’Irak et qui a milité pour cette résolution, a déclaré : « Vous souvenez-vous quand Donald Trump a dit que cette guerre ne durerait que quelques semaines ? » Il a ajouté qu’il était temps pour le Congrès de « poser des questions difficiles, comme l’exige la Constitution, au lieu de se soumettre à une autre administration pro-guerre ».
Pendant sa campagne électorale et lorsqu’il a remporté un second mandat à la Maison Blanche, D. Trump avait promis de ne pas impliquer les États-Unis dans des guerres étrangères. Le Congrès a tenté à plusieurs reprises de changer le cours de la guerre contre l’Iran, mais les efforts visant à limiter l’action militaire de l’administration Trump restent vains tant que le président est en mesure de bloquer ou d’opposer son veto à de telles mesures.
Ce vote sera probablement le dernier à la Chambre des représentants sur la guerre avec l’Iran avant les élections de mi-mandat, car ce conflit à l’étranger joue un rôle important dans les campagnes politiques. Les parlementaires rentreront chez eux samedi prochain pour se concentrer sur leurs campagnes électorales, à moins de 50 jours des élections qui détermineront le contrôle du Congrès, alors que les démocrates cherchent à ravir le pouvoir aux républicains.
Les électeurs sont confrontés à une hausse des prix, notamment du prix de l’essence, en raison de la guerre qui perturbe l’acheminement des ressources pétrolières à travers le détroit d’Ormuz, voie vitale pour la région. D’après un sondage réalisé en juillet dernier par l’Associated Press et le NORC Center for Research, la plupart des Américains estiment qu’une guerre en Iran n’a pas été judicieuse. Un sondage IPSOS-Washington Post réalisé du 8 au 13 juillet montre que 68% des sondés estiment que cette guerre ne vaut pas la peine d’être faite, contre 28% qui pensent qu’elle est justifiée et doit continuer.
Sur le plan politique intérieur, la Chambre des représentants américaine a voté une résolution sommant D. Trump de mettre fin aux opérations militaires contre l’Iran. Il s’agit du troisième vote de ce type, cette fois soutenu par sept élus républicains — soit trois de plus que lors du précédent scrutin. Les démocrates ont salué cette initiative, la qualifiant d’effort le plus significatif à ce jour pour contester la conduite de la guerre par l’administration.
Sur le terrain, des explosions ont été entendues près de l’île iranienne de Qeshm. Les Gardiens de la révolution ont affirmé avoir abattu un drone américain MQ-9 au-dessus de l’île à l’aide d’un système de défense antiaérienne avancé de leur force aérospatiale. Selon leur communiqué, il s’agit du 52ᵉ drone de ce type détruit depuis le début du conflit. Sur le plan maritime, les données de navigation indiquent que seuls quatre navires ont franchi le détroit d’Ormuz hier (deux en entrée, deux en sortie), contre sept la veille — un chiffre nettement inférieur à la moyenne habituelle de 18 navires par jour. Aucune supernanque de pétrole brut ni de navire méthanier n’a été enregistrée parmi ces traversées.
Du côté iranien, le général Ahmad Vahidi, commandant en chef du Corps des Gardiens de la révolution islamique en Iran (CGRI), a assuré que « le Corps des Gardiens se tient de toutes ses forces aux côtés du grand peuple iranien et n’épargnera aucun effort pour préserver cette unité divine et ce capital stratégique qui garantit la victoire face à la guerre imposée américano-sioniste ». Le haut gradé a poursuivi en affirmant que « le Corps des Gardiens de la révolution répondra avec fermeté et dissuasion à toute erreur de calcul, menace, agression ou acte hostile de la part de l’ennemi diabolique ». Il a ajouté que « 200 nuits de présence populaire sur les places publiques représentent 200 nuits de résistance et de lucidité dans les quartiers et à travers toute notre patrie islamique, écrivant une nouvelle page glorieuse de l’histoire de la Révolution » et souligné que « le grand peuple iranien s’est élevé, grâce à ces 200 jours de résistance, vers un horizon plus haut sur les plans spirituel, politique et international ».
Le général A. Vahidi a indiqué que « dès les premières heures de cette troisième guerre imposée américano-sioniste et après le martyre du leader, le peuple iranien est devenu le symbole de changements profonds dans les équations sociales et politiques de la région et du monde ». Il a précisé que « cette présence massive est un renouvellement de l’allégeance au guide de la Révolution islamique, l’ayatollah Sayed Mojtaba Khamenei, et la réaffirmation d’un engagement profond envers les principes du guide martyr ».
Tout en faisant savoir que « cette présence stratégique constitue le plus grand soutien moral et pratique aux Forces armées et aux combattants de l’islam en première ligne pour la défense de la sécurité nationale et de l’intégrité territoriale », le général iranien a conclu en affirmant que « le maintien de cette présence consciente sur toutes les scènes nationales décisives est la seule voie vers la victoire finale et inéluctable dans cette guerre imposée, moderne et complexe ».
Dégâts US non négligeablesconf
A signaler que CBS News publié de nouvelles photos, révélant pour la première fois l’ampleur des dégâts et des destructions généralisées infligées aux bâtiments et aux véhicules sur plusieurs sites américains au Moyen-Orient à la suite des attaques iraniennes de riposte à la guerre lancée contre l’Iran le 28 février (https://www.cbsnews.com/news/new-photos-damage-u-s-kuwait-saudi-arabia-iran-drone-missile-attacks/). Le réseau a indiqué que des militaires en service actif l’avaient transmis directement à condition que leur identité ne soit pas révélée en raison des restrictions strictes en vigueur au sein de l’institution militaire.
L’un des soldats a déclaré à CBS News : « Nos bases ont subi de graves dégâts dont les Américains n’ont pas été informés », ajoutant : « Nous restons là, les yeux fermés, pendant qu’on nous frappe au visage. » L’une des photos prise à la base aérienne Prince Sultan en Arabie saoudite montre un impact direct sur un Boeing E-3 Sentry à quatre moteurs. D’autres photos ont été capturées au camp Buehring dans une zone désertique reculée au nord-ouest de la ville de Koweït. C’est une importante zone de transit pour les forces terrestres, les véhicules blindés et certains aéronefs appartenant à l’armée américaine. Une image montre un bâtiment endommagé dans le camp Arifjan au Koweït.
Selon un reportage de la chaîne américaine NBC, le coût de la guerre pour les États-Unis, jusqu’à la fin du mois de juin dernier, s’élevait à environ 33,4 milliards de dollars, dont 22,3 milliards ont été consacrés aux munitions. Le rapport, qui couvre la période du 1er avril au 30 juin, reconnaît que les frappes iraniennes ont endommagé et détruit des centaines de bâtiments et autres installations sur des bases américaines au Koweït, à Bahreïn, au Qatar, aux Émirats arabes unis, en Arabie saoudite, en Irak, à Oman et en Jordanie.
Par ailleurs, Le Wall Street Journal a cité des responsables affirmant que les attaques iraniennes sont devenues plus complexes au fil de la guerre, notant que le pouvoir iranien utilise différents types de missiles, de multiples trajectoires et manœuvres, et diverses ogives dans le but de désorienter les défenses américaines. Des responsables américains et régionaux bien informés ont indiqué au journal que l’Iran avait ciblé les forces américaines avec des ogives qui se fragmentaient en un plus grand nombre de projectiles à l’approche de leurs cibles.
Concernant l’attaque iranienne contre la base aérienne de Muwaffaq Salti en Jordanie, la semaine dernière, ces responsables assurent que les forces américaines ont dû lancé entre 60 et 70 missiles intercepteurs Patriot pour contrer une vingtaine de missiles balistiques iraniens. L’Iran a pu cibler des avions de chasse et d’autres aéronefs sur cette base, a confié l’un de ces responsables.
Le journal a également cité un responsable affirmant que les États-Unis avaient lancé plus de 12 missiles intercepteurs depuis le système THAAD, tandis qu’un autre responsable a déclaré que cette consommation était à peu près équivalente à ce que les États-Unis avaient dépensé pendant une semaine complète lors d’autres périodes de la guerre. Selon ces responsables, l’Iran a lancé plus de 1 500 missiles balistiques et 6 000 drones de grande taille pendant la guerre de 40 jours, tandis que les unités de défense aérienne américaines ont détruit des milliers de projectiles iraniens pour protéger les bases militaires, les infrastructures énergétiques et les zones résidentielles contre les missiles et les drones.

