« Je ne permettrai à aucun pays de mener une guerre diplomatique contre nous sans en payer un lourd prix. » a déclaré Benjamin Netanyahu dans une déclaration vidéo publiée sur le réseau social américain X. S’en prenant à l’Espagne pour sa condamnation des guerres d’anéantissement israéliennes, il a affirmé que ce pays « diffame » les soldats israéliens et a ordonné son retrait du Centre de coordination civilo-militaire (CMCC) à Kiryat Gat (sud d’Israël).
Les États-Unis ont créé le Centre de coordination civilo-militaire (CMCC) le 17 octobre afin de surveiller la mise en œuvre du plan du président américain Donald Trump visant à mettre fin à la guerre à Gaza. Des dizaines de pays participent à ce centre.
Les relations entre Israël et l’Espagne se sont fortement dégradées au cours des deux dernières années, après l’opposition de l’Espagne à la guerre à Gaza, sa reconnaissance d’un État palestinien et, plus récemment, son opposition aux guerres en Iran et au Liban, ainsi que ses appels à des sanctions contre Israël. Une attitude qui a attiré l’ire de Washington.
Pour rappel, au moins 5 palestiniens ont trouvé la mort lors d’une frappe israélienne menée contre l’enclave palestinienne toujours bloquée de toutes parts par l’armée israélienne qui y a mené une guerre génocidaire.
Le braquage de Tel-Aviv intervient alors qu’une initiative citoyenne européenne visant à suspendre l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël a franchi le cap des 800 000 signatures, intensifiant la pression sur les institutions européennes.
L’eurodéputée française Manon Aubry a salué une mobilisation « historique », rappelant que l’atteinte du million de signatures obligerait la Commission européenne à se prononcer officiellement sur cette demande. Ce mécanisme, appelé initiative citoyenne européenne, permet aux citoyens de l’Union de saisir la Commission à condition de réunir au moins un million de signatures issues de plusieurs États membres. L’objectif affiché par les promoteurs est de suspendre l’accord d’association UE-Israël, qui encadre les relations politiques et économiques entre les deux parties, tant que le respect du droit international n’est pas garanti.
Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte de critiques croissantes visant les actions d’Israël dans plusieurs territoires. À Gaza, de nombreuses organisations internationales et agences de l’ONU ont fait état d’un bilan humain très élevé depuis octobre 2023, avec des dizaines de milliers de morts, majoritairement des civils, et une crise humanitaire majeure marquée par des pénuries d’eau, de nourriture et de soins.
En Cisjordanie, les violences se sont également intensifiées, avec une augmentation des opérations militaires israéliennes et des attaques de colons contre des civils palestiniens, régulièrement dénoncées par des ONG et des instances internationales.
Au Liban, les frappes israéliennes dans le sud du pays, dans le cadre des affrontements avec le Hezbollah, ont suscité des inquiétudes quant au respect du droit international humanitaire, notamment en raison des pertes civiles et des destructions d’infrastructures.
Dans ce contexte, les partisans de l’initiative estiment que l’Union européenne dispose de leviers politiques et économiques pour conditionner ses relations avec Israël. La progression rapide du nombre de signatures reflète une mobilisation citoyenne accrue sur ces enjeux. Si le seuil du million est atteint, la Commission européenne sera tenue d’examiner la demande et d’y répondre officiellement, sans être juridiquement contrainte d’y donner suite.
