L’accord, signé du côté marocain par Ahmed Réda Chami, ambassadeur marocain auprès de l’UE, entre immédiatement en application provisoire, en attendant la finalisation des procédures internes des deux parties.
En vertu de cet accord, dont les termes ont été négociés dans un esprit de partenariat et de compromis, les produits agricoles des provinces du Sud bénéficient des mêmes conditions d’accès préférentiel au marché européen que ceux du reste du royaume, conformément à l’accord d’association Maroc-UE. L’accord introduit des ajustements techniques destinés à faciliter l’accès des produits et à les valoriser, notamment en matière d’information du consommateur par un étiquetage mentionnant les régions de production au Sud du Maroc – Laayoune-Sakiat el Hamra et Dakhla-Oued Eddahab.
Conclu dans le même esprit de l’échange de lettres signé en 2018 entre les deux parties, le texte vient ainsi conforter une relation commerciale forte et consolider un partenariat solide, le Maroc étant le principal partenaire économique de l’UE en Afrique et dans le monde arabe.
La conclusion de cet accord traduit la volonté commune du Maroc et de l’UE d’approfondir un partenariat de longue date. Sa mise en œuvre est à même de contribuer d’une manière significative au produit intérieur brut agricole national, tout en soutenant l’emploi et l’investissement, en particulier dans les provinces du Sud du royaume.
Rejet espagnol
Le Comité de coordination des organisations de fermiers et d’éleveurs en Espagne a exprimé son « rejet catégorique » de l’accord entre l’Union européenne et le Maroc, en raison de l’inclusion des produits en provenance du Sahara, selon un communiqué publié par l’organisation agricole. Andrés Gongora, responsable du secteur des fruits et légumes au sein de la structure, a présenté ces remarques lors de la session plénière du Comité conjoint européen sur les fruits et légumes, à Madrid. La rencontre a connu la participation de représentants des administrations publiques, de fermiers et de coopératives de France, d’Espagne, d’Italie et du Portugal.
Dans son intervention, A. Gongora a évoqué ce qu’il considère être un « manque de transparence » de l’accord et un impact potentiellement « dévastateur » sur le secteur agricole européen, en plus de ce qu’il qualifie de « violation du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination ».
Dans ce contexte, il a proposé de rédiger un document conjoint pour exprimer le rejet officiel de l’accord, que A. Gongora a qualifié de « subterfuge légal » de la Commission européenne. « Nous nous réservons le droit d’intenter une action en justice contre la Commission, car elle a ignoré le jugement de la cour qui a jugé illégale l’inclusion des produits sahraouis dans les bénéfices de cet accord », a-t-il encore fait valoir.
