« Concernant la question du Sahara occidental, vous avez toujours su ma position : l’intégrité territoriale et le respect de la souveraineté marocaine. C’est une question que les Marocains, en tant que frères, doivent résoudre. Il suffit de respecter et d’accompagner le processus » a lancé aux médias le député péruvien, président du Parlement andin, en visite de travail au Maroc, du 31 mars au 4 avril. Lors d’un point de presse à l’issue d’un entretien avec Nasser Bourita, chef de la diplomatie marocaine, le représentant de l’institution législative régionale a exprimé, mercredi, sa reconnaissance à Rabat pour « son respect du droit international et de la souveraineté des pays ».
« Dans ce sens, nous voulons que le Maroc continue de progresser dans le respect de son Histoire, de ses traditions, de ses lois, de sa souveraineté et de son intégrité territoriale» malgré les «voix nuancées », a-t-il ajouté. « Nous sommes des démocrates. J’affirme ma conviction absolue que le Maroc continuera à progresser », a souligné le représentant. A ce titre, il s’est affirmé « fils adoptif du Maroc », qu’il a « appris à aimer, il y a 40 ans », tout en mentionnant son attachement à la ville de Fès, chef-lieu de « la plus ancienne université du monde, fondée par Fatima Al Fihrya » au IXe siècle, outre son « admiration » pour Ibn Battuta, célèbre voyageur tangérois.
Illustrant les liens forts entre le Parlement andin et le Maroc, qu’il qualifie de « miracle africain », G. Pacheco Villar a par ailleurs indiqué que le programme de sa visite de travail incluait un déplacement à Laâyoune, dans le cadre de la coopération socio-économique. « J’ai déjà eu la chance de visiter cette région, d’y voir les progrès et le développement réalisés au cours des dernières décennies. Nous irons donc et nous aimerions beaucoup échanger avec les responsables sahraouis », a-t-il déclaré.
« Nous avons quatre parlements en Amérique latine : le Parlacen, le Parlazur, le Parlatino et le Parlement andin. Nous avons uni nos forces pour travailler ensemble et vous pouvez compter sur notre collaboration, dans toute l’Amérique Latine », a encore ajouté G. Pacheco Villar. En phase avec ces dynamiques régionales, le royaume est considéré « non seulement comme une porte d’entrée vers l’Afrique, mais aussi vers l’Europe » pour les pays d’Amérique Latine.
Dans ce même contexte, il a annoncé qu’une réunion de ces quatre instances avec le Parlement européen (Eurolat) se tiendrait au cours de la « première semaine de juin », à Lima (Pérou). « Nous avons invité le gouvernement marocain et les deux Chambres à nous rejoindre, non seulement en participant, mais en organisant le travail ensemble parce que nous sommes frères », a-t-il fait savoir.
Nouvel agenda chilien
Vice-président du Parlement andin et membre de la délégation en déplacement, le député colombien Oscar Dario Pérez a, pour sa part, souligné que le président G. Pacheco Villar et le chef de la diplomatie marocaine, Nasser Bourita, avaient loué la logique de stratégie Sud-Sud qui encadre cette coopération, en phase avec une vision « gagnant-gagnant pour nous tous ». « L’interrelation du monde moderne ne peut être absente des décisions de développement économique et social. Et cela sera soutenu par une dynamique de commerce, d’industrie, de services, de personnes, de compétences, de technologies, d’échanges culturels, politiques et sociaux accrus », a-t-il dit, lors du même point de presse.
« Cette démarche est rendue possible par cette intégration Sud-Sud. J’ajouterais qu’en tant que ‘miracle africain’, le Maroc a pris des mesures gigantesques pour réaliser son développement : les infrastructures, la transition énergétique, les questions environnementales, la réduction de la pauvreté, l’augmentation de son produit intérieur brut et l’amélioration de la qualité de vie… Ce n’est pas un processus de court terme, mais plutôt des questions de plus grande envergure », a affirmé le représentant. « Ces indicateurs mènent vers la bonne direction. Il reste sans doute beaucoup à faire, mais de nombreux progrès ont été réalisés », a-t-il dit.
Plus tôt, mercredi, le président du Parlement andin s’est exprimé lors d’une réunion conjointe avec la Chambre des conseillers, où il a mis en avant la contribution du Maroc, en tant que membre observateur, à l’action de l’instance législative régionale. Par ailleurs, il a loué la qualité des relations séculaires entre le pays et la région latino-américaine.
L’instance envisage de capitaliser sur ces liens solides, pour renforcer également la coopération académique. Par le biais du Réseau andin des universités, en coopération avec des universités marocaines, le Parlement andin envisage ainsi de lancer une formation académique dans les cycles de master et de doctorat, sur les relations entre le Maroc, le monde arabe, l’Amérique latine et les Caraïbes.
Pour sa part, Manuel José Ossandón, président du Sénat chilien, a plaidé auprès de Mohamed Ould Errachid, président de la Chambre des conseillers, pour un agenda de coopération qui relance les liens entre le Chili et le Maroc.
Selon une note d’information du Sénat, le responsable chilien a remis la plus haute distinction cérémonielle du parlement de son pays à M. Ould Errachid, en l’invitant à se rendre prochainement au Chili. Dans ce même cadre, il a salué l’accueil favorable des conseillers marocains, en vue de réactiver le travail conjoint sur la base de l’accord de coopération signé en 2017.
Par ailleurs, M-J. Ossandón a tenu une série de réunions de travail, dans le but de promouvoir la coopération et de renforcer les liens commerciaux bilatéraux. Il s’est entretenu notamment avec l’ambassadeur du Chili au Maroc, pour soutenir cette dynamique. Le président du Sénat a également été reçu par le chef de la diplomatie marocaine, avec qui il a abordé les questions liées à la politique tarifaire et au commerce entre les deux pays.