Home MarocPartis pour travailler dans des vignobles : Des Marocains exploités à Carpentras…

Partis pour travailler dans des vignobles : Des Marocains exploités à Carpentras…

by Perspectives Med
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Dès le mois de juillet, une délégation a parcouru à pied les dix kilomètres qui les séparent de Carpentras pour prendre le bus jusqu’à l’inspection du travail d’Avignon. Celle-ci a étudié le dossier et a dépêché sur les lieux un inspecteur. Dans la foulée, les travailleurs sont entrés en contact avec Hervé Proksch, défenseur syndical Force ouvrière qui a saisi le conseil de prud’hommes en référé mi-octobre pour cinq premiers dossiers. « J’ai déjà eu pas mal de cas dans ma carrière, mais jamais autant de travailleurs non payés sur la même exploitation », assure le syndicaliste. 

Le tribunal a condamné l’employeur à accorder entre 6000 et 8000 euros à chacun de ces cinq ouvriers agricoles, et à verser aux victimes des salaires de deux ou trois mois (selon les cas), les heures supplémentaires impayées, les dommages et intérêts. Le 8 janvier dernier, le conseil de prud’hommes a de nouveau condamné l’employeur à payer et à indemniser trois autres salariés et va étudier plus en détail trois autres cas sur lesquels il ne s’est pas encore prononcé. Une autre décision sur le fond est attendue le 19 avril, concernant des salariés qui ont travaillé sans contrat de travail. 

Les 17 hommes viennent tous de la région de Taza, au nord-est du Maroc, et disent avoir été recrutés sur place par le père de l’actionnaire majoritaire de la SAS de Rigoy (qui détient 99 % des parts), qui réside dans cette région. Il leur aurait fait payer 10 000 ou 12 000 euros en leur promettant en échange un contrat de saisonnier à vie ou en leur faisant miroiter la possibilité de s’installer et vivre en France après trois ans. 

Les travailleurs ont dû se séparer de tout ce qu’ils possédaient pour récolter de telles sommes. Certains assurent avoir payé en espèces, d’autres par virement. Les travailleurs vivent dans une petite maison à l’entrée d’un village du Vaucluse, où l’eau et l’électricité ont été coupées après la fin de la saison agricole. Ils dépendent désormais de la solidarité locale, notamment des Restos du cœur et du Secours catholique de Mazan, ainsi que de la coopérative agricole voisine qui met à leur disposition de l’eau et des prises pour les téléphones portables. 

 Une enquête de gendarmerie est en cours, et le Collectif de défense des « travailleurs (ses) étrangers (ères) dans l’agriculture (Codetras) » souligne le manque de contrôle de l’État dans de telles situations, rendant ces dérives possibles.

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