Dans son allocution au Forum mondial de l’éducation, qui se poursuit jusqu’au 25 mai dans la capitale britannique, C. Benmoussa a relevé que le Maroc place l’humain au centre de son approche, comme il l’a fait lors de l’élaboration de son nouveau modèle de développement.
A l’horizon 2035, insiste le ministre, le Royaume œuvre au développement d’une économie prospère et inclusive, en créant des emplois de qualité pour tous et en renforçant la justice sociale, tout en ajoutant la démarche devrait se faire de manière durable, en préservant ses ressources naturelles et en développant les capacités de ses citoyens, via la recherche et l’innovation.
Ainsi, la redynamisation du système éducatif se fait en plaçant l’école publique au cœur d’un projet de société, avec trois objectifs stratégiques visant à assurer l’équité et l’égalité des chances, a-t-il détaillé. Le premier concerne la scolarisation obligatoire, avec le devoir pour l’école d’accompagner les élèves à besoins spécifiques, a-t-il précisé, notant que le second est relatif à la qualité de l’apprentissage, l’école devant s’assurer que tous les élèves acquièrent les compétences nécessaires pour réussir dans un cadre universitaire et professionnel. Quant au troisième, il couvre l’épanouissement des élèves qui doivent acquérir à l’école les valeurs de citoyenneté, de confiance en soi, de tolérance et de paix, a détaillé le ministre.
Pour ce faire, le ministère a mis en place une feuille de route couvrant le mandat du gouvernement jusqu’en 2026, avec un focus sur l’élève et son parcours dans le système éducatif, sur l’enseignant, sa formation et les moyens de développer ses pratiques pédagogiques, et sur l’école qui offre un environnement sûr, propice à l’épanouissement, a-t-il conclu.
Déclinée de la sorte, la feuille de route pour l’enseignement a de quoi séduire. Toutefois, la réalité renvoie une tout autre image de l’école marocaine qui, pour le moins que l’on puisse dire, est à plusieurs vitesses. D’où le processus des déperditions, récemment dénoncé par C. Benmoussa. L’affaire est grave dans la mesure où l’on parle de 50.000 enfants par an. En outre, une des composantes essentielles à l’aune de laquelle se mesure le succès ou non de la feuille de route a trait, elle, au personnel. Nul besoin de rappeler à ce sujet les dégâts engendrés par le système de « contractualisation » qui continue à déstabiliser le système éducatif.
