« Une autre guerre entre Israël et le Hezbollah pourrait facilement devenir une guerre régionale, avec des conséquences désastreuses pour le Moyen-Orient », a lancé Lloyd Austin, ministre américain de la Défense, en recevant son homologue israélien au Pentagone le 25 juin. Bien qu’alliés de l’État hébreu, les États-Unis ont mis en garde Israël si la situation à la frontière libanaise venait à se dégrader. L. Austin et Y. Gallant ont notamment discuté des efforts visant à « désamorcer les tensions le long de la frontière israélo-libanaise, à accroître l’aide humanitaire à Gaza et à s’unir contre les attaques iraniennes ou soutenues par l’Iran contre Israël et les activités déstabilisatrices dans tout le Moyen-Orient ». Washington a dénoncé les « provocations » du Hezbollah depuis le 8 octobre qui, selon lui, « menacent d’entraîner les peuples israélien et libanais dans une guerre dont aucun des deux ne veut ». «Une telle guerre serait catastrophique pour le Liban et dévastatrice pour les civils israéliens et libanais innocents », a déclaré le secrétaire de presse du Pentagone, le général de division de l’armée de l’air Pat Ryder. Il a toutefois insisté sur le fait que la diplomatie était « le seul moyen de prévenir une nouvelle escalade des tensions dans la région ».

Même son de cloche lors de la rencontre tenue la veille entre Y.Gallant et Anthony Blinken. Le chef de la diplomatie américaine a « souligné l’importance d’éviter une nouvelle escalade du conflit et de parvenir à une résolution diplomatique permettant aux familles israéliennes et libanaises de rentrer chez elles», tout en réaffirmant «l’engagement sans faille des États-Unis envers la sécurité d’Israël ». Les États-Unis ont tenté d’apaiser la situation à la frontière israélo-libanaise en envoyant leur émissaire Amos Hochstein. Malgré ses multiples déplacements dans la zone entre Tel-Aviv et Beyrouth, le ton est monté entre les deux ennemis frontaliers. D’un côté comme de l’autre, les ennemis semblent se préparer à toute éventualité sur le front. « Les dirigeants [de Tsahal] ont également tenu une séance d’évaluation de la situation avec le commandant du commandement du Nord, le général Uri Gordin, au cours de laquelle ils ont continué à protéger les villes du nord, outre le processus de préparation à une attaque au Liban », a indiqué le porte-parole arabophone de l’armée israélienne dans un message publié sur la plateforme X (ex-Twitter), le 25 juin. … et craint une implication de l’Iran Face à cette situation, l’Iran « serait plus enclin à soutenir le Hezbollah », a déclaré selon des propos rapportés le 24 juin par AP le général de l’US Air Force Charles Q. Brown, président du Comité des chefs d’état-major interarmées américain. En effet, compte tenu des tensions grandissantes entre la milice chiite et l’armée israélienne depuis plusieurs semaines, ainsi que des menaces d’une guerre ouverte, le militaire américain a averti qu’en cas de conflit, les Iraniens accorderaient un soutien plus important au Hezbollah, « en particulier s’ils estimaient que le Hezbollah était sérieusement menacé ». Le général Brown a par ailleurs souligné la difficulté à repousser les roquettes tirées par le Hezbollah, malgré l’aide US. Le militaire a également évoqué les discussions continues avec les responsables israéliens sur l’impact d’opérations « sur nos forces dans les régions ». Toujours en cas de conflit ouvert, les autres groupes de « l’axe de la résistance », piloté par Téhéran, se disent prêts à rejoindre le Liban pour combattre les forces israéliennes, rapporte un autre article de l’ AP paru le 23 juin.

Mercredi, le correspondant d’AlManar a rapporté des tirs israéliens d’artillerie contre les périphéries des localités d’Odayssé, Chebaa, Mays al-Jabal et Khiyam. Des drones israéliens ont aussi ciblé nombre de localités libanaises.

Depuis le Liban, le Hezbollah a assuré avoir lancé mardi une attaque aérienne avec un escadron de drones d’assaut contre un quartier général de brigade appartenant à la 91e Division dans la région de Nahal Gershom. Le ciblage a visé « les endroits où des officiers et soldats ennemis sont installés », causant un certain nombre de victimes parmi les soldats. Un incendie s’est déclaré à l’intérieur du quartier général, précise le texte qui rappelle que cette opération est « en soutien à notre peuple palestinien inébranlable dans la bande de Gaza et en soutien à sa résistance courageuse et honorable, et en réponse à l’agression de l’ennemi israélien qui a ciblé la région de la Bekaa ».

Les combattants de la Résistance islamique ont également visé le site de Bayad Blida avec des obus d’artillerie, et le site de Birket Risha avec des armes appropriées. ‏Idem pour le site de Zebdine dans les fermes libanaises occupées de Chebaa avec des missiles et l’ont touché directement. ‏

De leur côté, des médias israéliens ont indiqué que les sirènes d’alerte ont retenti dans plusieurs colonies du nord dont Dishon, al-Malikiya, Yaftah et Ramot Naftali de crainte d’une infiltration de drone. Ils ont rapporté que 5 équipes de pompiers se sont attelées ce mardi pour éteindre un feu qui s’est déclarée durant ces dernières heures dans la colonie de Dishon en Galilée.

Lundi 24 juin, la Résistance islamique avait revendiqué 4 opérations dont des tirs contre la colonie Ya’aron où un incendie s’est déclaré.

Par ailleurs, l’éventualité d’une extension de la guerre au Liban fait toujours couler beaucoup d’encore et de salive.

Yitzhak Brik, général de réserve de l’armée d’occupation, a une nouvelle fois mis en garde contre la prochaine guerre avec la résistance au Liban. L’ancien commissaire aux plaintes contre les soldats, qui a rencontré le Premier ministre à six reprises pendant la guerre, a déclaré lors de ses entretiens avec des militants du parti israélien Likoud : « Si les dirigeants décident d’entrer en guerre dans le nord, ce sera la destruction du Troisième Temple. »

Les avertissements de Y  Brick ne sont pas les premiers adressés aux dirigeants israéliens. Il avait auparavant affirmé que la déclaration de guerre de Tel Aviv au Liban signifie un suicide de masse pour Israël, dirigé par Netanyahu, Gallant et Halévy, ajoutant que « les conséquences de la guerre contre le Liban seront plus dangereuses que ce qui s’est produit dans le passé. »

En visite aux Etats-Unis, le ministre israélien de la Défense Y. Galant a souligné que « les deux pays se trouvent à un moment crucial. » « Il est temps que Washington remplisse ses obligations et nous fournisse les armes nécessaires pour faire face aux menaces », a-t-il insisté après avoir rencontré son homologue américain L.Austin.

Benny Gantz, et l’un des principaux dirigeants de l’opposition au sein de l’entité d’occupation, a affirmé « qu’Israël s’attend à payer un lourd tribut » en cas de guerre contre le Hezbollah au Liban. « Si nous y arrivons, le prix à payer en Israël sera élevé », indiquant une préparation au scénario de dommages aux infrastructures et d’incidents causant de nombreuses victimes humaines », a-t-il encore noté tout en soulignant que « c’est le prix d’une guerre qu’il faut éviter ».

Pour sa part, Ofer Shelah, ancien chef de la commission des affaires étrangères et de la sécurité de la Knesset, a souligné que « l’Armée, noyée à Gaza » depuis plus de 8 mois, ne peut pas résoudre une guerre contre le Hezbollah dans un court laps de temps », révélant que « l’Armée tente désormais de commercialiser une victoire majeure dans Gaza, mais il le fait avant tout pour ne pas lui dire de déménager au Liban ». Il a expliqué que « la majeure partie du public israélien ne fait pas confiance à l’establishment politique, à l’armée et aux médias ». Critiquant la performance de l’armée israélienne, il a souligné qu’elle « connait à l’avance la vérité sur les résultats limités de la bataille à Gaza ». A ses yeux, « l’armée a élaboré un plan qui garantit qu’il n’y aura qu’un résultat limité à Gaza ».

Plus tôt, Reuters a cité Tzachi Hanegbi, conseiller israélien à la sécurité nationale, disant qu’ « Israël tenterait de résoudre le conflit avec le Liban dans les semaines à venir », indiquant « qu’il préfère le faire par la diplomatie ».

Mercredi 19 juin, Sayed Hassan Nasrallah, a envoyé des messages clairs aux dirigeants de l’occupation et à son armée, soulignant que la menace d’étendre la guerre « ne nous fait pas peur ». « L’ennemi et son maître américain savent qu’une guerre contre le Liban aura des répercussions sur toute la région ». Le chef du Hezbollah a révélé que la Résistance s’est préparée « aux pires jours, et l’ennemi sait ce qui l’attend et reste donc dissuadé ». Il a relevé que « l’occupation sait qu’aucun endroit dans l’entité ne restera à l’abri des missiles et des drones de précision de la Résistance, qui ne bombarderont pas leurs cibles au hasard ». Plus, « l’occupation sait que ce qui l’attend également en Méditerranée est très important, car tous ses navires seront pris pour cible », a-t-il encore mis en garde…

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