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Un rapport édifiant du CESE sur la jeunesse : Le chômage endémique et ses méfaits…

by Perspectives Med
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Un rapport édifiant du CESE sur la jeunesse : Le chômage endémique et ses méfaits…

Le CESE note, dans son rapport annuel 2024, que « le Maroc traverse actuellement une phase d’achèvement de sa transition démographique, avec un ralentissement du taux de croissance naturelle de la population, passé de son pic de 2,61 % par an entre 1971 et 1982 à environ 0,85 % par an attendu entre 2014 et 2040 », soulignant que cette baisse « menace l’optimisation des bénéfices que le Maroc pourrait tirer du potentiel représenté par sa jeunesse, surtout dans un contexte de ralentissement de la croissance économique et de diminution du contenu en emplo ».

Le rapport précise que « le taux de chômage des jeunes âgés de 15 à 24 ans a atteint 36,7 % en 2024, tandis que le taux de jeunes NEET (ni en emploi, ni en études, ni en formation) s’élève à 25,6 % ». Il met également en évidence la persistance du décrochage scolaire et la prévalence du travail non structuré, privant de nombreux jeunes – en particulier les femmes – d’une source de revenus stable et d’une protection sociale adéquate.

La situation économique et sociale se traduit aussi par « une forte aspiration à la migration parmi les jeunes, plus de la moitié des 18-29 ans ayant déclaré y avoir pensé, principalement pour des raisons économiques (45 %), éducatives (18 %) ou liées à la corruption (15 %) ».

Le rapport révèle en outre que « 70,4 % des jeunes chômeurs connaissent un chômage de longue durée, et 73,4 % n’ont jamais travaillé », mettant en lumière « l’insuffisance des passerelles vers l’emploi, notamment en matière de formation, d’orientation et de dispositifs de médiation professionnelle ».

Il est également souligné que « l’obtention d’un diplôme universitaire ne garantit plus automatiquement l’accès au marché du travail, le taux de chômage des jeunes diplômés de l’enseignement supérieur atteignant 61,2 %, ce qui reflète un décalage entre qualifications académiques et compétences requises ».

Le CESE pointe également que « la multiplicité des institutions et la dispersion des programmes dédiés à l’emploi des jeunes, sans cadre stratégique unifié ni coordination dans le suivi, font que ces initiatives sont peu connues des jeunes et ne bénéficient qu’à une minorité, limitant ainsi leur impact ».

Concernant l’entrepreneuriat, le rapport indique que « la création de projets par les jeunes est souvent contrainte plutôt que motivée par de réelles opportunités économiques. Même lorsqu’ils se lancent, ils font face à d’importants obstacles : difficulté d’accès au financement, contraintes foncières, lenteur des procédures administratives, besoin d’accompagnement technique et de formation adaptée ».

Le rapport met aussi en lumière les défis spécifiques rencontrés par les jeunes en milieu rural : « ils sont confrontés à des contraintes liées à la distance, au coût du transport et de l’hébergement, et à un faible niveau de services d’accompagnement. Les jeunes femmes rencontrent des difficultés supplémentaires concernant le transport, la sécurité et l’autonomie dans leurs initiatives économiques. La concentration des opportunités économiques dans trois régions accentue les disparités territoriales et stimule la migration interne et externe ».

En ce qui concerne le marché de l’emploi, le CESE observe que « le travail non structuré dépasse 48 % en milieu urbain et atteint 58,8 % en milieu rural, avec environ la moitié des femmes travaillant sans rémunération, contre 39,7 % des hommes », ajoutant que « cette insuffisance d’insertion entraîne un sentiment de tension sociale et réduit la participation des jeunes à la vie publique et politique ».

Le rapport établit un lien direct entre chômage et troubles psychiques, notant que « les jeunes NEET souffrent de troubles anxieux et dépressifs, les rendant plus vulnérables aux discours nihilistes et augmentant leur désir de migration. Cela nécessite, selon le rapport, une révision de l’action publique et une centralité de la jeunesse dans les politiques publiques, en tant qu’acteurs majeurs du processus de transformation nationale, conformément aux recommandations du nouveau modèle de développement ».

Enfin, le CESE formule plusieurs recommandations : renforcer la formation professionnelle et technique, faciliter l’accès des femmes et des jeunes ruraux à l’emploi, encourager l’entrepreneuriat, améliorer le cadre institutionnel, renforcer la transparence et l’accompagnement efficace, mettre en place une autorité nationale pour le suivi et l’évaluation des programmes d’insertion, tout en associant les jeunes à l’élaboration des politiques publiques afin d’assurer des résultats concrets et durables.

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