Bien que Téhéran n’ait dévoilé ni la nature de la réponse américaine, ni si elle constitue un refus définitif de sa proposition ou des contre-propositions, le climat ayant accompagné sa réception ne laisse pas présager la conclusion imminente d’un accord, mais fait plutôt apparaître plus proche la possibilité d’un retour aux options militaires. Fatemeh Mohajerani, porte-parole du gouvernement iranien, a annoncé que Abbas Araghchi, ministre des Affaires étrangères, de retour de New York, a reçu la réponse de la partie américaine à la proposition de l’Iran, par l’intermédiaire du médiateur qatari. Sur la plateforme X, elle a écrit que « malgré les efforts de l’ennemi pour isoler l’Iran, la présence de la délégation iranienne (à New York) a été au centre de l’attention. De nombreuses réunions ont eu lieu avec des pays européens, des pays du Golfe Persique et d’autres. Le travail diplomatique se poursuit sérieusement pour ouvrir la voie dans le domaine de la politique étrangère ». Elle a ajouté que « lors de la réunion du Conseil des ministres, le rapport du ministre des Affaires étrangères sur son déplacement à New York et la série de réunions qui s’y sont tenues a été présenté, y compris la présentation à les USA, via des médiateurs, des conditions de l’Iran pour l’ouverture du détroit d’Ormuz ».
La chaîne Reuters avait rapporté, citant un responsable non identifié, que « le document en cours de négociation détaille un plan de sept jours pour instaurer la confiance et revenir à une version renforcée de l’accord ». Et d’ajouter que « le principal désaccord entre les USA et l’Iran porte sur l’ordonnancement des étapes, et non sur les éléments du plan ».
De son côté, Massoud Pezeshkian, président iranien, a souligné que « l’accord doit être fondé sur une stratégie gagnant-gagnant », affirmant qu’« il existe un consensus au sein du Conseil suprême de sécurité nationale iranien concernant les négociations et les politiques suivies au sujet du mémorandum d’entente d’Islamabad ». Plus, il a fait aussi preuve de fermeté. « Nous déployons tous nos efforts pour parvenir à un résultat concernant le mémorandum d’entente d’Islamabad. Et nous nous tiendrons fermement debout pour défendre les droits du peuple iranien ».
Quant au CGRI, il a affirmé, dans un communiqué, qu’« il n’existe aucun différend entre l’appareil diplomatique et les forces armées du pays, et qu’il existe une coordination entre » les deux parties, en réponse indirecte à des spéculations récurrentes sur son mécontentement face aux négociations avec Washington. Le communiqué a souligné que « toutes les décisions sont prises par l’intermédiaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien. Et les décisions prises ne seront exécutées qu’avec l’autorisation du Guide ».
Le CGRI a également annoncé que « le détroit d’Ormuz est le théâtre, toutes les 24 heures, d’affrontements militaires, et nous ciblons les petits navires qui tentent de traverser le détroit. Et les États-Unis ne répondent plus depuis un certain temps ». Plus, il a tenu à rappeler l’atmosphère ambiante. « Nous sommes toujours en état de guerre, et dans ces conditions, tout est possible », poursuivant que « l’ennemi a compris nos capacités et la volonté de résistance de notre peuple »
En face, D. Trump est revenu sur ses propos répétés selon lesquels « des choses vont se produire concernant l’Iran », prétendant que les États-Unis « contrôlent de manière quasi totale le détroit d’Ormuz. Et le pétrole que nous en avons extrait au cours des trois derniers jours était supérieur à toute quantité dans l’histoire ». Il a poursuivi en disant que « l’Iran a perdu 4 500 personnes dans la guerre », ajoutant que « l’économie de l’Iran est détruite et nous remporterons la victoire d’une manière ou d’une autre ».
Cela est intervenu au moment où le site Axios citait des responsables américains affirmant que le locataire de la Maison Blanche pourrait ordonner le retour à des opérations de combat à grande échelle contre l’Iran, après les élections de mi-mandat prévues le 3 novembre prochain. Une source informée a confirmé au site qu’aucun progrès tangible n’a été enregistré lors des entretiens de lundi dernier, indiquant que les Iraniens posent pour condition préalable le retour au « mémorandum d’entente » et présentent des exigences que les États-Unis ne peuvent pas accepter.
Sur un autre plan, force est d’indiquer que la mission de l’Iran auprès des Nations unies a démenti que Washington ait demandé à la délégation iranienne de quitter New York, confirmant que la délégation, menée par A. Araghchi a quitté la ville lundi soir conformément à un horaire établi à l’avance. La mission a expliqué, dans un communiqué rapporté par l’agence IRNA, que le département d’État américain avait été informé de la date de départ dès le 17 septembre, avant même l’arrivée de la délégation aux États-Unis pour participer aux travaux de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies. La mission a accusé le département d’État américain — qu’elle a décrit comme « n’ayant accompli aucune réalisation » — d’avoir recours à la diffusion de nouvelles sans fondement et sans valeur.
Ce démenti intervient après les prétentions du site « Axios », citant un responsable américain, selon lesquelles Marco Rubio, secrétaire d’État américain, aurait exigé lundi le départ immédiat de la délégation iranienne de New York, à la suite de l’impasse des négociations.
A. Araghchi avait annoncé, dans la nuit de dimanche à lundi, qu’il s’était de nouveau entretenu avec les médiateurs qataris pour discuter d’idées qu’ils soumettraient à la partie américaine, en vue de la mise en œuvre des conditions iraniennes. Il avait alors ajouté qu’il partirait pour Téhéran dans les heures suivantes, la partie qatarie se chargeant de transmettre la réponse américaine à l’Iran dès sa réception.
Par ailleurs, le chef de la diplomatie iranienne a répondu aux accusations de la Grande-Bretagne sur un prétendu rôle de Téhéran dans l’incident de la base aérienne de Fairford, déclarant que « la libération de personnes que vous prétendiez être des terroristes opérant pour le compte de gouvernements étrangers se passe de tout commentaire ». Dans une publication sur la plateforme X adressée à la Grande-Bretagne et à Andy Burnham, Premier ministre, le responsable iranien a écrit : « Vous cherchez le coupable au mauvais endroit. »
A. ConBurnham avait déclaré, mercredi dernier, que Londres estime que « l’Iran a joué un rôle dans un incident sécuritaire près de la base de la Royal Air Force à Fairford », utilisée par les forces américaines, précisant que l’enquête reste complexe et se poursuit. La police avait arrêté cinq Britanniques âgés d’une vingtaine d’années, soupçonnés de crimes terroristes et liés à des explosifs, avant de les libérer sous caution sans retenue d’inculpation. Ces arrestations sont intervenues après que trois véhicules ont été aperçus se dirigeant vers la base, suite à deux appels reçus par la police dimanche à l’aube, l’un émanant de l’un des interpellés et l’autre d’un agriculteur local.
Profitant du contexte, Benjamin Netanyahu, Premier ministre de l’entité sioniste, a prétendu avoir fourni aux autorités britanniques « des renseignements sensibles faisant état de la planification d’une attaque imminente bénéficiant du soutien total et du parrainage de l’Iran ». Et a affirmé l’existence d’une « coopération sécuritaire avec la Grande-Bretagne pour déjouer ce projet », sans toutefois révéler la nature de l’attaque visée, son calendrier ou son lieu, lors de déclarations à la chaîne américaine Fox News. De son côté, D. Trump, a déclaré que « Washington étudie l’incident ».

