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Situation explosive dans le Donbass : Après les bruits de botte, les canons tonnent

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Dans l'est de l'Ukraine, où les combats s'intensifient entre armée et rebelles, les républiques autoproclamées du Donbass appellent à l'évacuation de civils. Les autorités redoutent une offensive de Kiev. Alors que Washington y voit un « montage » russe pour légitimer une invasion de l’Ukraine. Thèse constamment niée par Moscou.

Denis Pouchiline, chef de la République autoproclamée de Donetsk, à l’est du Donbass, a annoncé dans un message vidéo publié vendredi sur Telegram le lancement de l’évacuation de civils vers la Russie. Les autorités locales redoutent une offensive de Kiev. Moscou n’a pas commenté cette annonce dans l’immédiat. «Aujourd’hui, un départ massif et centralisé de la population est organisé vers la Fédération de Russie, en premier lieu, les femmes, les enfants et les personnes âgées doivent être évacués», a-t-il déclaré. «En accord avec les autorités de la Fédération de Russie, des points d’accueil et d’hébergement ont été mis en place pour nos citoyens dans la région de Rostov», a poursuivi le représentant.
D. Pouchiline a assuré que les forces ukrainiennes se tenaient prêtes à lancer une offensive pour récupérer le Donbass, où les républiques autoproclamées de Donestk et Lougansk refusent de reconnaître les autorités ukrainiennes issues du coup d’Etat de 2014.
Un peu plus tard, Léonid Passetchnik, chef de la République autoproclamée de Lougansk, a lui aussi appelé à une évacuation, dans un communiqué relayé par les médias locaux. «Afin d’éviter des victimes parmi les civils, j’appelle les habitants de la république […] à partir dans les délais les plus brefs vers le territoire de la Fédération de Russie», a-t-il affirmé, sans préciser si les autorités russes avaient été concertées.
D’après l’agence de presse RIA, le chef par intérim du ministère des Situations d’urgence russe s’est rendu dans la région de Rostov, où il a été chargé de mettre en œuvre les conditions d’accueil des réfugiés et l’aide humanitaire.
Dans l’après-midi du vendredi, une forte explosion a secoué Donetsk, selon le correspondant de RT France présent sur place. RIA Novosti évoque pour sa part une explosion qui se serait produite à quelques dizaines de mètres du bâtiment du gouvernement de la République autoproclamée. Celui-ci a confirmé l’explosion d’une voiture dans un parking à proximité du bâtiment, précisant qu’elle avait été entendue dans toute la ville.
Dans la soirée, au moins deux autres explosions importantes auraient retenti dans la ville de Lougansk dans l’est de l’Ukraine selon RIA Novosti. Selon les médias locaux, c’est un gazoduc qui aurait été touché entraînant un important incendie. Les combats ont en outre continué à gagner en intensité dans le Donbass. Les observateurs de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ont ainsi fait état d’une hausse significative des tirs sur les 24 dernières heures, avec 189 violations du cessez-le-feu enregistrées dans la région de Donetsk, contre 24 la veille.
Dans la région de Lougansk, 402 violations ont été rapportées contre 129 mercredi. Plusieurs centaines d’explosions ont été rapportées par les observateurs pour la journée du 17 février. L’armée ukrainienne et les forces des républiques autoproclamées de Donetsk et Lougansk s’accusent mutuellement de cette flambée de violence.
Accusée par les chancelleries occidentales et par Kiev de soutenir les groupes séparatistes, ce qu’elle a toujours démenti, la Russie s’inquiète de cette escalade militaire. Vladimir Poutine a d’ailleurs constaté une «aggravation de la situation» dans la région. «Ce qui se passe dans le Donbass est très inquiétant et potentiellement très dangereux», a commenté en conférence de presse vendredu 18 février Dmitri Peskov, porte-parole de la présidence russe. «Nous espérons que nos opposants des capitales occidentales, de Washington, de l’Otan utilisent toute leur influence pour mettre en garde les autorités de Kiev contre une nouvelle escalade», avait-il affirmé la veille.
Depuis le début de la crise, Moscou plaide pour la mise en œuvre des accords de Minsk, conclus en 2015 afin de mettre un terme au conflit. Moscou est par ailleurs accusé depuis des semaines par les pays occidentaux, Etats-Unis en tête, de vouloir envahir l’Ukraine. Antony Blinken, secrétaire d’Etat américain, a ainsi dénoncé le même jour des «provocations» russes en vue d’une «agression». Le Département d’Etat US a qualifié les annonces d’évacuation de manœuvre «cynique» de Moscou visant à «détourner l’attention du monde du fait que la Russie renforce ses troupes en vue d’une attaque». Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, a qualifié le même jour les allégations d’invasion de «propagande», de «fake news» et de «fiction», et a récemment déploré que «l’hystérie» se poursuive malgré la fin d’exercices militaires russes. Moscou dénonce pour sa part le soutien militaire occidental apporté à l’Ukraine, qu’elle perçoit comme une «menace» et accuse régulièrement Kiev de provocations.

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