lundi, avril 27, 2026
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Secteur minier : Une manne nommée argent

by Perspectives Med
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Secteur minier : Une manne nommée argent

Dans son World Silver Survey 2026, publié par le The Silver Institute en partenariat avec Metals Focus, le rapport souligne que l’Afrique a enregistré en 2025 la plus forte progression mondiale de production d’argent, une performance directement attribuée au Maroc. « C’est l’Afrique qui a enregistré la plus forte croissance en pourcentage, grâce à l’extension du site de Zgounder au Maroc », peut-on lire dans le document.

La production minière mondiale d’argent a progressé de 3% en 2025, atteignant 846,6 millions d’onces (26.331 tonnes), après plusieurs années de volatilité. Cette hausse a été portée par l’Amérique latine, notamment le Chili et le Pérou , mais aussi par le Maroc, qui apparaît comme un nouveau contributeur identifié dans un marché historiquement dominé par le Mexique, la Chine, le Pérou, la Pologne ou encore le Chili.

Le rapport précise que la progression marocaine est liée à l’expansion de la mine de Zgounder Mine, exploitée par la canadienne Aya Gold & Silver. L’actif, situé dans la région de l’Anti-Atlas, fait partie des projets suivis de près par les analystes du secteur.

Et la dynamique devrait se poursuivre. Pour 2026, malgré une légère baisse attendue de la production mondiale à 844,1 millions d’onces, les analystes anticipent une nouvelle hausse de l’offre marocaine. « Une croissance supplémentaire proviendra du Maroc, où la mine de Zgounder d’Aya Gold and Silver poursuit son développement à la suite de sa récente extension», souligne encore l’étude. Cette montée en puissance intervient dans un contexte particulièrement tendu sur le marché mondial. Le secteur a enregistré en 2025 son cinquième déficit annuel consécutif, estimé à 40,3 millions d’onces. En 2026, le déficit devrait encore atteindre 46,3 millions d’onces, signe d’un déséquilibre persistant entre offre et demande.

Le rapport note que les stocks mondiaux se sont progressivement contractés ces dernières années, accentuant la volatilité du marché et les tensions sur la liquidité physique. Conséquence directe : les prix ont fortement augmenté. L’argent, qui évoluait sous les 29 dollars l’once au début de 2025, a atteint 84 dollars en décembre, avant de dépasser brièvement 121 dollars l’once en janvier 2026, un record historique, avant de corriger. Le prix moyen annuel a bondi de 42%, à 40,03 dollars l’once.

Cette flambée est alimentée par plusieurs facteurs. D’un côté, l’argent bénéficie de son statut de valeur refuge dans un environnement marqué par les tensions géopolitiques, les incertitudes commerciales américaines et les interrogations sur la politique monétaire américaine. De l’autre, la demande industrielle reste structurellement élevée. Le métal est utilisé dans les panneaux solaires, les centres de données liés à l’intelligence artificielle, les semi-conducteurs, les infrastructures électriques, les batteries ainsi que les véhicules électriques.

Même si la demande industrielle globale a reculé de 3% en 2025 à 657,4 millions d’onces, le rapport souligne que les besoins liés aux data centers, aux réseaux électriques et à l’automobile continuent de soutenir le marché.

Pour le Maroc, ce positionnement sur le marché de l’argent intervient au moment où le Royaume cherche à renforcer sa position dans les chaînes de valeur minières stratégiques, sur fond de compétition mondiale accrue autour des métaux critiques et des ressources nécessaires à la transition énergétique.

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