Pour le CHP, le principal parti d’opposition turc, l’arrestation du maire de Bursa est un nouveau coup dur. M. Bozbey a été interpellé avec une cinquantaine de personnes, dont plusieurs membres de sa famille, pour des soupçons de « corruption » et « blanchiment d’argent » datant de l’époque où il était maire d’un arrondissement de la ville.
Le CHP, qui dénonce une nouvelle opération politique, estime que le choix de la date ne doit rien au hasard : cette arrestation survient deux ans après les municipales du 31 mars en Turquie. Ce jour-là, Bursa avait basculé dans le camp de l’opposition après vingt ans sous la domination du parti de Recep Tayyip Erdogan. À l’échelle de la Turquie, le chef de l’État avait perdu ce scrutin – une première depuis son arrivée au pouvoir – et Bursa était devenue un symbole de cette défaite.
Ces dernières semaines, les coups de filet se multiplient contre des mairies CHP, après une année marquée par de nombreuses arrestations, dont celle d’E. Imamoglu. Le maire déchu d’Istanbul (gagnée en 2019) et principal rival de R.T. Erdogan comparait depuis le 9 mars dans un vaste procès pour corruption présumée. À la barre, lundi, il avait dénoncé une « tempête de procès » les visant, lui et son parti. Il encourt une peine de 2 300 années de prison pour 142 infractions.
