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Réforme des retraites en France : A la casse sociale se greffe la cassure politique

by Perspectives Med
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Réforme des retraites en France

La manifestation parisienne s’est élancée à 14h de la place de la République vers la place de la Nation. De premières tensions ont eu lieu vers 15h sur le boulevard Beaumarchais, avec des vitrines prises pour cible et des jets de projectiles sur les forces de l’ordre, rapporte l’AFP. Le cortège a été provisoirement stoppé place de la Bastille, où les forces de l’ordre ont tenté de « disloquer le bloc » constitué de manifestants radicaux, a indiqué la préfecture de police. « Plusieurs centaines de personnes » étaient présentes dans ce bloc, selon la même source. Le cortège a ensuite pu reprendre sa progression. Mais de nouveaux incidents ont eu lieu avenue Daumesnil, avec à nouveau des jets de pavés sur les forces de l’ordre et quelques poubelles incendiées dans une tentative d’ériger une barricade, selon l’AFP. La CGT a également été victime « de jets de projectiles par des éléments radicaux », selon la préfecture de police.

Réagissant à l’adoption par le Sénat dans la soirée du 11 mars de la réforme des retraites (195 voix pour, 112 contre), plusieurs personnalités politiques ont exprimé leur indignation. Les réactions sont particulièrement nombreuses à gauche. Face au projet du gouvernement français de repousser l’âge de départ à la retraite de 62 à 64 ans, plusieurs responsables politiques ont vivement réagi, sur les réseaux sociaux, mais aussi sur les plateaux de télévision.
En premier lieu, les sénateurs ayant voté contre la réforme ont fustigé leurs pairs pour l’adoption du texte décrié. « Le Parlement abaissé, le peuple et les syndicats ignorés, et un gouvernement isolé comme jamais. Avec le vote bloqué au Sénat, la première lecture s’achève sur une victoire à la Pyrrhus pour la réforme des retraites. Le combat continue pour faire retirer ce texte nocif pour le pays », a ainsi écrit Pierre Laurent, sénateur communiste. « Les droites coalisées ont piétiné la démocratie parlementaire : 47-1, 38, 42-10 et le 49-3 sénatorial. Ils sont arrivés forts et majoritaires ; ils repartent affaiblis et minoritaires », a également critiqué son camarade Fabien Gay, appelant à se mobiliser le 15 mars, en référence à la prochaine journée de mobilisation contre la réforme. « Cette journée restera une journée noire pour tous les salariés de ce pays », a pour sa part considéré Monique Lubin, sénatrice socialiste des Landes.
« Il aura donc fallu les pires instruments de la 5e République avec l’aide des LR, dissous dans le macronisme, pour passer au Sénat la réforme des retraites. Ni légitimité populaire ni légitimité parlementaire, on continue à l’Assemblée nationale et dans la rue jusqu’au retrait », a de son côté écrit sur Twitter Mathilde Panot, députée insoumise du Val-de-Marne présidente de son groupe à l’Assemblée. De son côté, Patrice Kanner, président du groupe socialiste au Sénat a dénoncé sur BFM TV un « passage en force ».

A droite, Sébastien Chenu, député RN du Nord, a estimé sur la même chaine qu’il était « déplorable » que le texte de la réforme ait pu passer avec l’appui des Républicains. « Honte aux sénateurs qui hier ont voté l’infâme réforme des retraites ! Mais qui conservent leur régime spécial ultra-privilégié, et regardez d’ailleurs comment ils en parlent ! Une clique arrogante qui agit contre le peuple ! », a encore tweeté Florian Philippot, fondateur des Patriotes, relayant quelques extraits d’un reportage vidéo de Mediapart tourné au Sénat dans lequel il est question du système de retraite de ses élus.

Pour rappel, le 11 mars a également été marqué par la septième journée de mobilisation nationale contre la réforme portée par le gouvernement, donnant lieu à plusieurs manifestations et actions locales d’un bout à l’autre de la France. Dans la capitale, où la CGT a fait état de la présence de 300 000 manifestants (contre le chiffre de 48 000 participants annoncé par le ministère de l’Intérieur), le défilé a été perturbé par des actes de vandalisme notamment.

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