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Reconnaissance de l’Etat de la Palestine par la France : Salué par des capitales arabes, E. Macron critiqué par D. Trump et B. Netanyahu.

by Perspectives Med
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Reconnaissance de l’Etat de la Palestine par la France : Salué par des capitales arabes, E. Macron critiqué par D. Trump et B. Netanyahu.

La France coprésidera alors avec l’Arabie saoudite une conférence internationale au niveau des chefs d’Etat ou de gouvernement visant à relancer la solution à deux Etats, palestinien et israélien. Cette conférence, initialement prévue en juin, avait été reportée à la dernière minute en raison de la guerre entre Israël et l’Iran. Dans l’intervalle, une réunion au niveau ministériel se tiendra les 28 et 29 juillet. Le chef de l’Etat français ajoute dans son message que « l’urgence est aujourd’hui que cesse la guerre à Gaza et que la population civile soit secourue ».

A ce jour, 148 Etats reconnaissent un Etat palestinien, soit les trois quarts des membres de l’ONU. Les Etats-Unis et Israël s’opposent fermement à un tel projet.

Yariv Levin, vice-Premier ministre et ministre israélien de la Justice, a estimé que cette décision « souille l’histoire de la France », appelant l’occupation « à imposer en réponse son contrôle sur la Cisjordanie et la vallée du Jourdain ». Le Conseil régional israélien des colonies de Cisjordanie a estimé que « l’absence de réponse constituerait une menace existentielle pour Israël ». Selon le site d’information israélien Kipa « la décision de la France de reconnaître l’État de Palestine constitue un coup diplomatique sévère pour Israël ».

La décision française « récompense la terreur », a fustigé B. Netanyahu. « Soyons clairs : les Palestiniens ne cherchent pas à obtenir un Etat aux côtés d’Israël, ils cherchent un Etat à la place d’Israël », a-t-il martelé.

Alliés inconditionnels d’Israël, les Etats-Unis ont « fermement » rejeté le projet français, évoquant une décision « imprudente » qui fait reculer la paix. « C’est un camouflet pour les victimes du 7 octobre », a déclaré Marco Rubio, secrétaire d’Etat américain.

Démilitariser le Hamas

Hussein al-Cheikh, vice-président de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), a de son côté salué cette décision en faveur de « l’établissement de notre Etat indépendant ». C’est un « pas positif », a renchéri le Hamas, en appelant d’autres pays à suivre cet exemple. L’Arabie saoudite s’est aussi félicitée d’une décision « historique » et a appelé les autres pays à prendre « des mesures positives similaires ».

La France « mobilisera tous ceux de ses partenaires internationaux qui souhaitent y prendre part », a promis E. Macron dans une lettre adressée à Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne. Dans une lettre en date du 9 juin adressée au président français, M. Abbas s’est engagé à une démilitarisation du Hamas, dans le cadre d’un futur Etat palestinien. Il s’est aussi dit prêt à organiser des élections législatives et présidentielle en 2026 afin de « renforcer la légitimité » de l’Autorité palestinienne et son « autorité sur le futur Etat palestinien », y compris Gaza, rappelle E. Macron dans sa lettre.

Autant de gages en faveur de la solution à deux Etats, estime le président français, en espérant convaincre les Israéliens qu’elle est aussi dans leur intérêt.

Le 19 mai, le Royaume-Uni, le Canada et la France avaient ouvert la voie à une éventuelle reconnaissance dans une déclaration commune. Mais depuis, aucun des dirigeants de ces trois pays n’avait franchi le pas. Le 10 juillet, en visite au Royaume-Uni, E. Macron avait appelé à une reconnaissance commune de l’Etat de Palestine par la France et le Royaume-Uni, sans succès pour l’heure. En mai 2024, l’Irlande, l’Espagne et la Norvège, rejointes un mois plus tard par la Slovénie, avaient déjà franchi le pas en Europe. « Ensemble, nous devons protéger ce que (Benjamin) Netanyahu essaie de détruire. La solution à deux Etats est la seule solution », a réagi le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez sur X. Mais les Européens restent divisés sur cette question, l’Allemagne estimant qu’une reconnaissance aujourd’hui serait « un mauvais signal ».

Mercredi, la Knesset a voté à la majorité en faveur de l’annexion de la Cisjordanie pour empêcher un Etat palestinien tandis que la veille mardi, une réunion entre des responsables de la droite et l’extrême-droite israéliennes avec des chefs d’organisations de colons discutait de l’annexion de la bande de Gaza. Cette annonce intervient alors que Steve Witkoff, émissaire US, a acté jeudi l’échec des pourparlers menés à Doha en vue d’un cessez-le-feu à Gaza.

Israël fait la sourde oreille à  la pression internationale croissante sans menace de sanction pour mettre fin aux souffrances des plus de 2 millions d’habitants du territoire palestinien, soumis à un blocus qui les prive d’une aide humanitaire vitale et les plonge dans la famine. 115 Palestiniens en ont succombé dont plus de 80 enfants.

Affaire d’urgence !

Francesca Albanese, Rapporteuse spéciale de l’ONU sur les territoire palestiniens occupés, a réagi vendredi à l’annonce de l’hôte de l’Elysée quant à la reconnaissance de l’Etat palestinien. « Je proposerai un commentaire complet sur la reconnaissance de l’État de Palestine par la France lorsque la France reconnaîtra l’État de Palestine », a-t-elle fait savoir. « En attendant, c’est une bonne occasion de rappeler gentiment à la France et aux autres États leur obligation intangible de réaliser le droit inaliénable du peuple palestinien à l’autodétermination, qui est le droit d’être libre et de se déterminer en tant que peuple (plus large et plus profond que l’État) », a souligné F. Albanese.

La rapporteuse spéciale de l’ONU a souligné que « la reconnaissance de l’État ne doit pas détourner l’attention des obligations essentielles suivantes: -prendre des mesures pour prévenir de nouveaux actes de génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité (l’embargo sur les armes et les sanctions sont inévitables à ce stade) ; mettre fin au génocide, aux crimes de guerre et aux crimes contre l’humanité et les punir; garantir la fin de l’occupation illégale et de l’apartheid par Israël et la réparation de ces actes et aider à enquêter et à poursuivre ceux qui ont commis, permis et profité des crimes internationaux dans les territoires palestiniens occupés, en commençant par nos propres ressortissants (colons illégaux, entreprises, etc.) ».

Mercredi dernier, F. Albanese avait accusé l’Union européenne de « soutenir consciemment » le « génocide des Palestiniens par Israël», après que le bloc a refusé de suspendre son accord d’association avec Israël. « L’UE, qui s’était déjà déshonorée en concluant un accord d’association avec l’Israël de l’apartheid il y a des années, refuse désormais de le suspendre », a-t-elle écrit sur X. « C’est la preuve finale que l’UE soutient consciemment le génocide des Palestiniens par Israël. Cela risque de marquer la fin des valeurs européennes. »

Elle a appelé les États membres de l’UE à entreprendre des actions juridiques. « J’espère que vous saisirez la CJUE (Cour de justice de l’Union européenne). Mais, en attendant, rappelez-vous que les accords régionaux ne vous dispensent pas de vos obligations en vertu du droit international. » Plus, « rompez les liens avec Israël, à commencer par le commerce, y compris celui des armes. Faites ce qui est juste. Notre histoire européenne nous y oblige », a-t-elle exhorté.

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