L’ONEE engage une nouvelle phase dans son projet de centrale électrique au gaz naturel à Aïn Beni Mathar. Après avoir achevé les études techniques et économiques, l’Office prépare désormais l’évaluation des impacts environnementaux et sociaux de l’infrastructure. Une consultation a été lancée dans ce sens afin de sélectionner un bureau d’études chargé d’élaborer un Plan de gestion environnementale et sociale (PGES) adapté à toutes les étapes du projet.
L’objectif est de s’assurer que la centrale soit implantée dans le respect des équilibres écologiques, des normes de sécurité et des attentes des communautés riveraines. Les études attendues devront non seulement analyser les effets potentiels sur l’environnement naturel – air, eau, sol, biodiversité – mais aussi sur les conditions de vie des habitants, l’hygiène, la salubrité publique et la préservation du patrimoine culturel ou historique.
Il s’agira aussi d’identifier et de quantifier les impacts durant les phases de construction et d’exploitation, qu’ils soient temporaires ou durables, directs ou indirects. Le prestataire retenu devra ainsi proposer des mesures concrètes pour atténuer les nuisances, prévenir les risques et renforcer les retombées positives du projet, notamment en matière de développement local ou d’emploi.
Le périmètre de l’étude inclut également la justification du choix du site, la description de la situation actuelle de la zone d’implantation, les objectifs énergétiques visés ainsi que les contraintes techniques ou réglementaires. Cette démarche vise à assurer une transparence avec les autorités locales et les populations concernées.
La future centrale, d’une capacité de 450 mégawatts, reposera sur des moteurs thermiques à quatre temps fonctionnant au gaz naturel. Chaque moteur développera une puissance comprise entre 17 et 22 MW. La centrale sera installée à proximité immédiate de la centrale existante de Aïn Beni Mathar, ce qui permettra de tirer parti des infrastructures disponibles, notamment le raccordement au gazoduc Maghreb-Europe (GME) et l’accès au réseau national haute tension via une extension du poste 225 kV déjà en service.
Il est à noter que le projet de centrale thermo-solaire à cycle combiné de Aïn Beni Mathar a fait l’objet d’une évaluation environnementale approfondie, conduite par un bureau d’études international. L’étude, validée par le Comité national des études d’impact environnemental placé sous l’autorité du ministère de l’Aménagement du territoire, a également reçu l’approbation des bailleurs de fonds impliqués dans le financement du projet.
Ce travail s’est décliné en plusieurs volets complémentaires. Il comprend le rapport principal d’évaluation de la centrale elle-même, de la bretelle de raccordement au gazoduc et de la route d’accès. Une actualisation spécifique de l’étude a été réalisée pour la composante solaire de l’installation. L’ensemble a été complété par un rapport distinct sur les lignes électriques destinées à évacuer l’énergie produite, un Plan de gestion environnementale (PGE) détaillé, ainsi qu’une évaluation sociale relative à l’acquisition des terrains nécessaires au projet. Le recours au gaz naturel s’inscrit dans une logique de diversification du mix électrique, visant à renforcer la sécurité d’approvisionnement du pays tout en réduisant l’empreinte carbone des installations. À terme, la centrale de Aïn Beni Mathar devrait contribuer à stabiliser le réseau électrique et à répondre à la croissance de la demande dans la région de l’Oriental.
