La progression mauricienne repose en grande partie sur le développement de son écosystème FinTech. Le pays a connu une montée fulgurante dans le classement FinTech du GFCI 37, avec un bond de 21 places pour atteindre le 53e rang mondial. Cette performance découle d’une stratégie structurée incluant le Mauritius Research and Innovation Council, le FinTech Innovation Lab et l’introduction de produits financiers innovants tels que la licence Variable Capital Company (VCC) ou la licence Virtual Asset and Initial Token Offerings (VAITOS).
Maurice bénéficie également d’une position géographique avantageuse, au carrefour de l’Afrique, du Moyen-Orient, de l’Asie et de l’Australie, ainsi que de 46 accords de non-double imposition, renforçant l’attractivité pour les investisseurs internationaux. L’adhésion à la Zone de libre-échange continentale africaine a par ailleurs favorisé l’installation de multinationales sur l’île, qui contribue aujourd’hui à hauteur de 8 % au PIB national.
Pour Casablanca Finance City, cette rétrogradation dans le classement africain intervient après près de neuf années de leadership, depuis que le centre marocain avait pris la première place en 2016. Le centre conserve toutefois des atouts solides : une position stratégique entre Europe et Afrique, un écosystème mature avec plus de 200 entreprises membres opérant dans 70 pays, et une reconnaissance internationale renforcée par la présidence de la Global Financial Centres Alliance (GFCA) depuis janvier 2025. Le cadre réglementaire assaini, notamment la sortie du Maroc de la liste grise du GAFI, contribue également à la crédibilité de CFC. Néanmoins, la stagnation dans le classement mondial et un retard relatif en FinTech ( 69e place mondiale contre 53e pour Maurice ) soulignent les défis d’innovation à relever.
Au-delà de Casablanca et Maurice, d’autres centres africains connaissent des trajectoires contrastées. Kigali continue sa progression, tandis que Johannesburg, Cape Town et Lagos restent confrontés à des obstacles structurels et réglementaires. Dans ce contexte, l’Africa Roundtable, réunissant Maroc, Maurice, Rwanda et Nigeria, pourrait transformer la rivalité en une dynamique collaborative, favorisant la compétitivité et l’attraction d’investissements sur l’ensemble du continent. La complémentarité géographique entre Maurice et Casablanca constitue ainsi un levier potentiel pour renforcer l’influence des centres financiers africains sur la scène internationale.
