Ali Mahamane Lamine Zeine, Premier ministre du Niger, effectue une visite d’amitié et de travail au Maroc. « Dans ce déplacement de 48h au Royaume Chérifien, je suis accompagné par le ministre d’Etat, ministre de la Défense le général de corps d’armée Salifou Mody », a annoncé chef du gouvernement nigérien sur la plateforme X.
Le Niger a adhéré, le 23 décembre dernier, à l’initiative lancée par le roi Mohammed VI devant permettre aux pays du Sahel l’accès à l’océan Atlantique. Au lendemain de cette annonce, Ahmed Attaf, ministre algérien des Affaires étrangères, avait reçu à Alger, son homologue nigérien. Depuis, l’offensive diplomatique algérienne sur Niamey n’a pas faibli. La semaine dernière, l’Algérie a envoyé au Niger Abed Hallouz, directeur général de l’Agence algérienne de coopération internationale pour la solidarité et le développement (AACISD), général major à la retraite, pour « une mission de travail».
Contrairement à l’Algérie qui s’est empressée de condamner le coup d’Etat au Niger, du 26 juillet, le Maroc a observé la neutralité, se disant « confiant en la sagesse du peuple et des forces vives du Niger pour préserver les acquis, maintenir son rôle régional constructif important et œuvrer à la réalisation des aspirations du peuple ».
Manœuvres algériennes
En dépit des coups d’épées dans l’eau, le président algérien tente de remettre son pays en selle dans la région sahélienne. Abdelmadjid Tebboune a proposé, mardi 12 février, l’ouverture de zones franches avec cinq pays africains. « L’Algérie connaîtra, en 2024, la création de zones franches avec des pays frères, à commencer par la Mauritanie, puis les pays du Sahel tels que le Mali et le Niger, outre la Tunisie et la Libye », a-t-il annoncé dans une allocution, par visioconférence, lors la 41e réunion du Comité d’orientation des chefs d’Etat et de gouvernement du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD).
Il a promis « l’amélioration des infrastructures, à travers le renforcement des partenariats public/privé, l’exploitation des ressources nationales, le recours aux fonds régionaux et internationaux de développement des infrastructures et à d’autres outils de financement innovants ». Et rappelé« les projets d’envergure à dimension continentale lancés » par son pays, dont « la route transsaharienne reliant six pays africains ou encore le projet de la route reliant la ville de Tindouf et celle de Zouerate, en Mauritanie » ainsi que « le gazoduc transsaharien qui transportera le gaz du Nigeria vers l’Europe, en passant par l’Algérie ».
Une promesse algérienne qui intervient alors que le Mali, le Niger, le Tchad et le Burkina Faso, ont adhéré officiellement, le 23 décembre, à l’initiative lancée par le roi Mohammed VI, devant permettre l’accès aux pays du Sahel à l’océan Atlantique. Et que le Mali, pays limitrophe, a choisi de retirer de l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger de 2015. Le gouvernement de transition au pouvoir à Bamako avait, alors, justifié sa décision par « les actes d’hostilité et d’instrumentalisation de l’accord de la part des autorités algériennes ». Seule, la Mauritanie peine à se décider. L’Algérie a riposté à cette adhésion massive au projet royal en mettant fin aux comptes de prêt accordés aux gouvernements du Mali, Niger et Burkina Faso.
