Home MarocNormalisation entre Rabat et Madrid : Lorsque P. Sanchez parle d’amitié et d’alliance…

Normalisation entre Rabat et Madrid : Lorsque P. Sanchez parle d’amitié et d’alliance…

by Perspectives Med
0 comments
Lorsque P. Sanchez parle d’amitié et d’alliance…

« Le Maroc est un pays ami, un allié fondamental pour le développement économique de l’Espagne et notre porte d’entrée vers l’Afrique, ainsi qu’un allié fondamental pour notre sécurité et dans la gestion de l’immigration ordonnée dans notre pays et sur le continent européen », a souligné P. Sanchez devant le Congrès des députés espagnol.

« L’Espagne et le Maroc ont adopté, en avril 2022, une feuille de route avec des objectifs clairs. Dans ce contexte, le travail réalisé au cours de l’année écoulée a donné lieu à un bilan très positif », a fait observer le président du gouvernement espagnol, assurant que les deux pays ont ouvert « une nouvelle étape sur des bases beaucoup plus solides ».

Dans ce contexte, il s’est déclaré « convaincu » que les objectifs de la dernière Réunion de Haut Niveau, tenue en février dernier à Rabat, « ont été largement atteints », rappelant que cette rencontre a permis la conclusion d’une vingtaine d’accords bilatéraux. Depuis la signature de la Déclaration Conjointe en avril 2022, les liaisons maritimes et aériennes ont été reprises, l’Opération Marhaba a été organisée avec succès et les discussions pour rétablir la ligne maritime Tarfaya-Fuerteventura ont été relancées, a-t-il cité.

Par ailleurs, P. Sanchez s’est félicité de la coopération bilatérale en matière migratoire, relevant que les résultats de la « bonne gestion » de cette question sont « éloquents ». « Aujourd’hui, la route atlantique est la seule route en Europe qui diminue dans un contexte d’augmentation générale de la migration irrégulière vers le continent européen’ » a fait noter le président du gouvernement espagnol, précisant que lors du premier trimestre de 2023, les arrivées de migrants irréguliers ont chuté de 63% aux îles Canaries, tandis qu’en Grèce et en Italie, elles ont augmenté de 95% et de 300% respectivement.

En ce qui concerne la coopération économique et commerciale, le patron du PSOE a indiqué que le niveau des exportations entre l’Espagne et le Maroc a approché les 12 milliards d’euros en 2022, ajoutant que cette tendance se consolide de plus en plus. « Pour la première fois dans l’histoire de la démocratie de notre pays, nous avons la grande opportunité de placer les relations entre l’Espagne et le Maroc sous le signe d’une coopération authentique et mutuellement bénéfique », a soutenu Sanchez, soulignant que « la relation stratégique avec le Maroc est basée sur le respect mutuel, l’absence d’actions unilatérales et le respect systématique des accords ».

Sur la base de la nouvelle feuille de route, adoptée le 7 avril 2022 à l’occasion de la visite de P. Sanchez au Maroc, à l’invitation du Roi Mohammed VI, les deux pays se sont engagés, entre autres, à traiter les sujets d’intérêt commun dans un « esprit de confiance et dans la concertation », tout en réactivant les groupes de travail créés entre les deux pays pour relancer la coopération bilatérale multisectorielle.

Il faut dire que la rencontre était particulièrement houleuse alors qu’El Confidencial, repris par les médias espagnols, a dévoilé un rapport du Centre national de renseignement (CNI) en Espagne confirmant que le Maroc a exigé, en 2021, le limogeage d’Arancha Gonzalez Laya, cheffe de la diplomatie espagnole à l’époque, comme préalable à la normalisation des relations avec l’Espagne. « Une semaine après que Rabat l’ait exigé lors d’une réunion secrète entre les représentants des deux Etats, le chef du gouvernement a décidé de ne plus compter sur elle au Conseil des ministres et l’a limogé, sans explication, pour nommer l’ambassadeur d’Espagne à Paris de l’époque, José Manuel Albares », a révélé le journal El Confidencial.

La même source ajoute qu’« en pleine crise entre l’Espagne et le Maroc », provoquée par l’exode de milliers de Marocains vers Sebta, la réunion qui aurait eu lieu entre Ricardo Díez-Hochleitner, ambassadeur d’Espagne, et Karima Benyaich, son homologue marocaine à Madrid a été « tenue secrète jusqu’à présent ».  La demande du Maroc y aurait été formulée. L’ambassade du Maroc à Madrid a démenti la tenue de cette réunion, le gouvernement, le ministère des affaires étrangères et plusieurs des personnes impliquées en Espagne ont refusé de répondre aux questions des journalistes.

El Confidencial ajoute que cette réunion a été consignée dans une note intitulée « Marruecos : situación crisis bilateral » à laquelle il a eu accès et qui indique que seuls certains membres de l’exécutif espagnol étaient au courant de la tenue de cette rencontre, qui aurait eu lieu le 2 juillet 2021. Le 10 juillet, P. Sánchez informe ses ministres de l’imminence d’une crise gouvernementale dont A.G. Laya est l’une des victimes.

« Son remplaçant, José Manuel Albares s’est depuis lors fixé comme objectif d’améliorer les relations avec le Royaume du Maroc », ajoute la même source, qui explique que sa prédécesseuse était au centre des critiques marocaines concernant l’entrée de Brahim Ghali en Espagne. De plus, même après son limogeage, elle a dû faire face à une procédure judiciaire, déposée en mars 2022, pour déterminer si l’arrivée du chef du Polisario s’était déroulée de manière régulière.  

You may also like

Leave a Comment

Adblock Detected

Please support us by disabling your AdBlocker extension from your browsers for our website.