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Manifestations des jeunes marocains : L’Intérieur énumère les dégâts de la contestation réprimée

by Perspectives Med
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Manifestations des jeunes marocains : L’Intérieur énumère les dégâts de la contestation réprimée

« La décision d’interdiction prise par les autorités publiques a été motivée essentiellement par la nécessité de garantir l’équilibre entre le droit des citoyens à manifester pacifiquement (Article 29 de la Constitution) et le droit de la société à la sécurité, à la stabilité et à la sûreté (Article 21 de la Constitution)», a soutenu le responsable de l’Intérieur. « Assurer cet équilibre est au cœur des responsabilités des autorités publiques », a-t-il encore souligné.

Les forces de l’ordre ont mené, mardi, dans certaines régions du Maroc plusieurs interventions pour préserver la sécurité et l’ordre publics, tout en veillant à gérer les protestations d’une manière à garantir la protection de la sécurité et l’ordre publics d’une part, et la prévention de toute menace à la sûreté et la sécurité des citoyens d’autre part, outre la prise de toutes les mesures nécessaires pour la préservation des droits et libertés individuelles et collectives, a ajouté le porte parole. Il a souligné que certaines de ces formes de protestation ont connu une escalade dangereuse ayant porté atteinte à la sécurité et à l’ordre publics, après que ces protestations se sont transformées en attroupements violents dans lesquels un groupe de personnes a fait usage d’armes blanches, de cocktails molotov et de jets de pierres. Jusqu’à hier soir, 263 blessés de divers degrés ont été comptés parmi les éléments des forces de l’ordre et 23 autres personnes, dont un cas a nécessité un suivi médical à Oujda, outre le déclenchement d’incendies et les graves dégâts causés à 142 véhicules des forces de l’ordre et 20 autres de particuliers.

Les protestataires ont fait irruption dans plusieurs administrations, établissements, agences bancaires et locaux commerciaux où ils ont procédé à des actes de pillage et destruction à Aït Amira dans la province de Chtouka Aït Baha, la province d’Inezgane-Aït Melloul, Agadir-Ida Outanane, Tiznit et Oujda. Certains protestataires à Oujda ont bloqué le passage d’une ambulance de la Protection civile qui devait apporter de l‘assistance et évacuer les blessés.

Le porte-parole du ministère de l’intérieur a affirmé que les individus ayant persisté à transgresser les dispositifs sécuritaires ont été traités conformément à la loi, certains d’eux ayant été soumis aux procédures de vérification d’identité, avant d’être relâchés après achèvement de la procédure juridique. 409 autres ont été placés en garde à vue, sur instructions du parquet.

A signaler que les manifestations des jeunes qui ont bénéficié d’un large écho dans les médias internationaux, français en particulier, ont aussi fait parler d’elles au siège des Nations unies à New York. Un journaliste arabe s’est dit surpris par l’absence de déclaration officielle des Nations unies concernant les manifestations qui se déroulent depuis plusieurs jours au Maroc. « De nombreuses personnes ont été arrêtées. Les jeunes protestent contre les problèmes de santé, d’éducation et d’autres enjeux internes, et ils sont harcelés et arrêtés », a-t-il dénoncé.

« En ce qui concerne le Maroc, nous souhaitons garantir le plein respect du droit de chacun à la liberté d’expression et à la manifestation pacifique », a répondu brièvement Farhan Haq, porte-parole adjoint du secrétaire général de l’ONU. A signaler que les Nations unies ont par ailleurs publié une déclaration sur les manifestations qui secouent l’Équateur depuis quelques jours.

Par ailleurs, en signe de solidarité avec les manifestants de Gen Z 212, un élu de la mairie de Rabat a présenté sa démission. « Cette décision n’a pas été facile à prendre, mais elle découle de ma profonde conviction : la colère des jeunes Marocains dans la rue reflète une véritable souffrance due au chômage, au coût de la vie et au manque de services publics, notamment en matière de santé et d’éducation. Ce sont des enjeux essentiels qui ne peuvent être ignorés », a écrit Moussa Laarif dans sa lettre adressée à la maire de la capitale, Fatiha El Moudni. « J’ai choisi de me tenir aux côtés de ces jeunes, non pas en tant que simple spectateur ou observateur silencieux, mais pour exprimer ma solidarité de manière concrète. Je crois que la responsabilité des élus est d’être à l’écoute des citoyens, surtout lorsqu’ils s’expriment pacifiquement pour réclamer dignité et justice sociale », a-t-il fait valoir ce militant du Parti marocain libéral (PML). Tout en soulignant que son geste « est un cri symbolique pour dire qu’il est temps d’engager un dialogue national sérieux et responsable, qui place les priorités citoyennes au cœur des politiques publiques et restaure la confiance perdue entre les jeunes et leurs institutions. » A signaler que le secrétaire général du PML avait appelé au départ du chef du gouvernement qui s’est révélé dans l’incapacité de gérer les demandes pressantes de la population…

De son côté, l’Association Démocratique des Femmes du Maroc (ADFM) a produit un communiqué dans lequel elle considère la Génération Z comme « un partenaire essentiel et incontournable dans le combat pour la démocratie et l’égalité. Sa voix est l’expression d’un avenir auquel nous aspirons toutes et tous : un pays démocratique où tous les citoyens et citoyennes vivent libres et égaux et jouissent pleinement de tous leurs droits ». L’ADFM a par ailleurs insisté sur la légitimité des revendications sociales de la jeunesse dans le contexte économique et social actuel, le droit de la jeunesse à manifester pacifiquement, tel que garanti par la Constitution marocaine et les conventions internationales ratifiées par le Maroc, la condamnation ferme des violences exercées contre les participant-e-s à ces marches pacifiques, le soutien aux revendications légitimes de la Génération Z, qui rejoignent les luttes du mouvement féministe pour la dignité, l’égalité, la justice sociale et la liberté et, enfin, la nécessité pour les autorités publiques d’ouvrir des canaux de dialogue avec les jeunes, en les considérant comme une force de proposition capable de pousser vers des réformes profondes adaptées aux contextes actuels, au lieu de les rencontrer par l’indifférence.

A signaler que plusieurs internationaux marocains ont affiché leur solidarité avec les protestations menées par la GenZ212 au Maroc. À travers des messages publiés sur les réseaux sociaux, les Lions de l’Atlas ont salué la légitimité des revendications sociales portant sur la santé, l’éducation et la lutte contre la corruption, tout en appelant à l’expression pacifique. Naïf Aguerd, défenseur de l’Olympique de Marseille, a publié un message sur Instagram exprimant sa proximité avec les Marocains mobilisés. Il a insisté sur la légitimité des revendications sociales des jeunes et des citoyens, en particulier celles liées à la santé et à l’enseignement, comme il a appelé à ce que l’expression de ces demandes se fasse de manière pacifique, concluant son message par : « Dieu, la patrie, le Roi ». De son côté, Yassine Bounou, gardien d’Al Hilal, a partagé une image portant la mention : « Pour nos droits, pour la dignité, pour la santé et l’éducation ». Ce visuel a également circulé dans les vestiaires de la Botola Pro, notamment chez Badr Banoun (Raja Casablanca), Ayman El Hassouni (ex-Wydad), ou encore Hamza El Moussaoui (RS Berkane).

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