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L’Ukraine cible les zones frontalières russes : Plus de peur que de mal…

Les forces ukrainiennes ont lancé vendredi 5 janvier plusieurs frappes contre les régions frontalières russes, dont la ville de Belgorod. Le ministère russe de la Défense a notamment annoncé la destruction d’un missile antinavire en mer Noire.
L’Ukraine cible les zones frontalières russes : Plus de peur que de mal…

Pour la septième journée consécutive, la ville de Belgorod, endeuillée par un bombardement le 30 décembre, a été la cible de tirs ukrainiens. Au cours de la nuit, la défense antiaérienne a engagé et « abattu dix cibles aériennes » à leur approche de la ville, a annoncé Viatcheslav Gladkov, gouverneur régional. Selon lui, deux personnes ont été blessées, une trentaine de véhicules endommagés et les vitres de plusieurs bâtiments détruites.

Le ministère russe de la Défense a également annoncé avoir déjoué, le même jour, une « tentative du régime de Kiev de mener une attaque terroriste à l’aide du missile antinavire Neptune sur des cibles sur le territoire de la Fédération de Russie ». « Les systèmes de défense aérienne en service ont détecté et détruit un missile ukrainien au-dessus de la partie nord-ouest de la mer Noire », précise le ministère sur sa chaîne Telegram. Peu après minuit, celui-ci avait annoncé la destruction de « 36 véhicules aériens sans pilote de type avion » au-dessus de la péninsule « et un drone au-dessus du territoire de Krasnodar ».

Toujours en Crimée, les alertes se multiplient à Sébastopol. Mikhaïl Razvojaïev, gouverneur de la ville, a annoncé à deux reprises ce 5 janvier sur sa chaîne Telegram une alerte aux raids aériens, avant leur levée quelques dizaines de minutes plus tard. Un écran de fumée a été déployé par l’armée russe dans les baies de Sébastopol et de Streletskaïa a-t-il précisé dans la matinée. La veille, M. Razvojaïev avait annoncé que les forces russes avaient déjoué une attaque ukrainienne sur la ville. « Nos militaires ont repoussé une attaque sur Sébastopol. Cela a été l’attaque la plus massive ces derniers temps », avait-il déclaré, toujours sur sa chaîne Telegram. « Dix missiles ukrainiens ont été détruits au-dessus de la péninsule de Crimée par les forces de défense antiaérienne », a confirmé le ministère russe de la Défense. Les éclats ont blessé un habitant, a précisé le gouverneur, appelant les habitants à ne pas être « dans un espace ouvert » lors des raids.

Le 3 janvier, déjà, il avait annoncé la destruction d’un missile ukrainien au large de Sébastopol. Toujours considérée par Kiev comme partie prenante de son territoire, la péninsule de Crimée est régulièrement la cible d’attaques des forces ukrainiennes. La ville de Sébastopol, qui abrite la flotte de la mer Noire, apparaît comme une cible désignée. Les autres régions russes frontalières de l’Ukraine ne sont pas épargnées. La frappe du 30 décembre contre Belgorod a tué 25 civils, un bilan sans précédent en territoire russe depuis deux ans.

Le 3 janvier, la porte-parole de la diplomatie russe a fustigé la déclaration du ministre polonais des Affaires étrangères, celui-ci appelant les Occidentaux à renforcer les sanctions contre la Russie et à fournir à Kiev des missiles de longue portée. « Je comprends bien que Sikorski n’a guère d’idées brillantes à lui, elles sont toutes américaines, mais quand même pas au point d’agir contre son propre pays », a tancé Maria Zakharova le 3 janvier. La diplomate réagissait, sur son compte Telegram, à la déclaration le même jour du ministre polonais des Affaires étrangères. Ce dernier, dans un post sur X , exhortait les Occidentaux à renforcer les sanctions sur les composants servant aux Russes à fabriquer des armes, ainsi qu’à fournir à Kiev des missiles de longue portée.
Un appel du chef de la diplomatie polonaise qui survenait au lendemain de frappes aériennes russes visant, selon le ministère russe de la Défense, des entreprises « de production de missiles, de drones et de réparation d’armes et d’équipements militaires » et « des sites de stockage de missiles, de munitions et d’armes aériennes fournis au régime de Kiev par des pays occidentaux ». La veille de cette opération, Vladimir Poutine avait annoncé une « intensification » des frappes en Ukraine en représailles à l’attaque d’une ampleur sans précédent sur le centre-ville de Belgorod le 30 décembre, qui a causé 25 morts, dont cinq enfants, et 109 blessés.

« La portée de ces missiles doit-elle, selon Sikorski, s’étendre jusqu’à la frontière polonaise ? », interroge M.Zakharova. Avant d’asséner : « Les missiles venus d’Ukraine, cela ne leur a pas suffi ? »

Le 29 décembre, le chef d’état-major polonais avait affirmé qu’un « missile russe »  en provenance de l’Ukraine avait pénétré dans son espace aérien avant de quitter son territoire. En novembre 2022, un missile ukrainien était tombé sur le village polonais de Przewodow, près de la frontière avec l’Ukraine, tuant deux civils. L’explosion avait eu lieu sur le site d’une installation de séchage de céréales, près d’une école, à environ six kilomètres de la frontière ukrainienne. Les déclarations polonaises ont également provoqué des remous du côté de la Douma. « Si l’Occident collectif s’avise de s’engager dans l’aventure hystérique du chef de la diplomatie polonaise, alors nous saurons qui auront été les provocateurs qui entraînent vers la troisième guerre mondiale », a averti le 3 janvier Léonid Sloutski, député et chef du parti LDPR. « Ce sont justement des Sikorski, Borrell et Biden, eux qui arment l’Ukrojunte, qui portent la responsabilité du meurtre d’enfants russes à Belgorod et des tirs lors de la nuit du Nouvel An à Donetsk », s’est-il indigné sur sa chaîne Telegram.

Il y a lieu de signaler que les États-Unis ne disposent plus de fonds pour continuer à soutenir l’Ukraine jusqu’au vote d’une nouvelle tranche par le Congrès, a constaté John Kirby, porte-parole du Conseil de sécurité nationale US.

Après avoir alloué à l’Ukraine le dernier paquet d’aide en décembre, de nouveaux programmes d’assistance à Kiev nécessitent d’être approuvés par les législateurs, a annoncé lors d’un point de presse J. Kirby. « Nous avons donné à l’Ukraine le dernier paquet d’aide pour lequel nous disposions des fonds, pour fournir le support avant le Nouvel An, juste après Noël. Maintenant nous devons obtenir l’accord du Congrès pour pouvoir continuer à le faire », a-t-il déclaré.

Pour l’heure, l’aide militaire US annoncée le 27 décembre était la dernière signée par l’actuel locataire de la Maison Blanche. Pourtant, elle n’a pas encore était livrée à l’Ukraine à part entière, a précisé l’officiel.

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