Mohammad Bagher Qalibaf, président du Parlement iranien, a déclaré vendredi que toute action militaire américaine contre l’Iran « mettrait le feu aux poudres et ferait exploser toute la région ». Il a ajouté que « les bases américaines et celles de leurs alliés ne sauraient échapper aux représailles ».
Pour sa part, l’amiral Alireza Tangsiri, commandant des forces navales du Corps des gardiens de la révolution iranienne (CGRI), a mis en garde les parties étrangères « contre toute atteinte aux intérêts iraniens. » « Si des étrangers cherchent à nous attaquer, à exercer des pressions sur nous ou à compromettre nos intérêts, nous leur résisterons avec force », a-t-il fait valoir tout en soulignant que « l’Iran n’est pas un pays belliciste, mais il répondra fermement à toute agression ».
Dans une interview exclusive accordée à la chaine satellitaire libanaise Al-Mayadeen depuis le porte-drone multi-missions, l’amiral a affirmé que « la région du Golfe est le foyer de l’Iran et de ses voisins, et personne ne sera autorisé à mettre le feu à sa maison ». Il a adressé un message aux parties étrangères déclarant que « la présence de navires militaires étrangers dans le Golfe est injustifiée et indésirable ».
A. Tangsiri a indiqué que l’Iran porte un « message de paix, de fraternité et d’amitié envers les pays islamiques de la région », notant que « les pays voisins sont sacrés et chers à Téhéran », niant que « son pays ne représente une quelconque menace pour ces nations ».
Concernant la possibilité de fermer le détroit d’Ormuz, il a expliqué que « la décision est entre les mains de la direction suprême, mais sa mise en œuvre relève de leur responsabilité ». Et l’amiral de lancer une mise en garde des plus claires : « Si nous sommes privés de nos droits, la décision de fermer le détroit d’Ormuz sera prise, et nous la mettrons en œuvre conformément aux directives suprêmes.»
Concernant les capacités militaires avancées de l’Iran, le commandant des forces navales des CGRI a révélé que « son pays a renforcé son infrastructure défensive sur les trois îles depuis 1994 », notant que « ces îles ne fonctionnent plus uniquement de manière défensive, mais sont également devenues offensives », confirmant que l’Iran possède « des destroyers équipés de lance-missiles et des équipements à longue portée stockés dans des endroits secrets ».
A. Tangsiri a poursuivi que « Téhéran a présenté certaines de ses capacités lors des manœuvres militaires, mais les a améliorées en augmentant la portée des missiles, en améliorant la puissance de feu et en améliorant la précision des frappes ». Il a indiqué que « l’Iran est capable de frapper toutes les bases ennemies où qu’elles se trouvent et ne restera pas les bras croisés face à une quelconque menace ».
Dans ce contexte, l’amiral a déclaré que « l’Iran a invité les pays arabes à participer à des exercices militaires », ajoutant « la présence de représentants des « Émirats arabes unis, du Qatar, de l’Irak et du Koweït ». Il a également exprimé la volonté de Téhéran « de mener des exercices conjoints avec l’Irak, le Koweït et le Bahreïn ». Et de poursuivre que « le Sultanat d’Oman est un pays frère et ami, et l’Iran participe avec lui à des exercices militaires de manière continue », considérant que « le Golfe est le Golfe de la fraternité et de l’amitié », affirmant que « l’ennemi cherche à semer la discorde entre les pays de la région afin de vendre ses armes et de maintenir sa présence militaire ».
L’amiral a également abordé la position de l’Iran à l’égard des mouvements de résistance dans la région, soulignant que « la résistance ne peut être anéantie par le départ d’une seule personne. Au contraire, elle se renforce à mesure qu’elle est soumise à des pressions ». Il a ajouté que « le Hezbollah est plus fort aujourd’hui qu’avant, et le Hamas est devenu plus fort après 17 mois de bombardements ». Il a expliqué que son pays « soutient la résistance parce qu’il défend les opprimés, mais il ne leur impose pas ses décisions », notant que « le Yémen n’est pas sous commandement iranien, mais possède plutôt sa propre armée et sa propre direction indépendantes, et ce sont eux qui décident du cours de sa bataille ».
« Nous n’accepterons pas la politique d’arrogance et de pression, et nous serons prêts à affronter toute menace. L’Iran s’est préparé à de telles situations et ne permettra à aucune force de lui imposer sa volonté », a-t-il conclu.
Le Pentagone a envoyé des renforts près des eaux yéménites et iraniennes, en stationnant plusieurs bombardiers furtifs B-2 et avions de chasse F-35 sur la base de Diego Garcia, dans l’océan Indien.
« Les États-Unis ont intensifié leurs attaques contre le Yémen ces dernières semaines et pourraient maintenant viser la République islamique sur demande d’Israël » a rapporté le Haaretz le 27 mars, sur la base d’images satellites et de l’analyse des données de vol. « La semaine dernière, des dizaines d’avions de transport lourd ont atterri dans des bases en Arabie saoudite, au Qatar, en Jordanie, au Koweït et à Diego Garcia, ce qui semble indiquer une augmentation du rythme habituel des vols vers la région », a rapporté le quotidien israélien. L’analyse de ces données indique qu’ils sont arrivés chargés. Au moins trois transporteurs ont décollé de la base aérienne de Whitman aux États-Unis, qui abrite les bombardiers furtifs B-2.
Environ sept vols ont acheminé du fret logistique en prévision de l’arrivée des bombardiers à Diego Garcia, une base stratégique au cœur de l’océan Indien utilisée auparavant pour lancer des frappes en Afghanistan et en Irak. La base est suffisamment proche pour permettre une attaque massive contre l’Iran et le Yémen, et se trouve hors de portée des drones et des missiles balistiques yéménites. Au même moment, au moins quatre bombardiers B-2 ont été enregistrés alors qu’ils se dirigeaient des États-Unis vers l’île via l’océan Pacifique.
Une dizaine de cargos supplémentaires sont arrivés de la base aérienne de Hill, aux États-Unis, à Riyad, en Arabie saoudite. Un escadron de F-35 opère depuis la base de Hill, et au moins huit de ses avions sont arrivés des États-Unis en Grande-Bretagne la semaine dernière et ont poursuivi leur route vers une destination d’Asie occidentale.
Ce déploiement intervient à la suite d’une importante campagne de bombardements américains au Yémen ces deux dernières semaines et après que le président Trump a lancé un ultimatum à l’Iran pour qu’il reprenne les négociations sur son programme nucléaire.
En février, Israël a averti de l’éventualité d’une « option militaire » contre l’Iran et a demandé l’aide du président américain Donald Trump pour intensifier la pression sur la République islamique. L’Iran a déclaré qu’il ne prévoit pas la mise au point d’une arme nucléaire et qu’une telle décision serait « non islamique ».
En octobre de l’année dernière, des B-2 ont participé à des frappes ciblant des caches d’armes souterraines au Yémen. Le groupe aéronaval du porte-avions USS Truman se trouve actuellement en mer Rouge, au large des côtes de l’Arabie saoudite, et ses avions attaquent fréquemment le Yémen.
Politico a rapporté la semaine dernière que les États-Unis, dans un « geste rare et provocateur », envoient un deuxième porte-avions en Asie occidentale pour intensifier leur campagne de bombardements contre le Yémen. Pete Hegseth, secrétaire à la Défense, a également ordonné au groupe aéronaval du porte-avions USS Truman, qui opère actuellement en mer Rouge, de prolonger son déploiement d’au moins un mois.