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Les jeunes en appellent au Roi : Le départ d’A. Akhannouch acté…

by Perspectives Med
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Les jeunes en appellent au Roi : Le départ d’A. Akhannouch acté…

Ce dossier revendicatif rendu public au bout de la sixième journée de manifestations ayant secoué plusieurs villes et hameaux est ponctué d’un appel à la jeunesse participant aux sit-in de jeudi pour éviter tout débordement ou violence. Plus tôt dans la journée, le chef du gouvernement a annoncé lors du Conseil du gouvernement interagir favorablement avec les revendications exprimées par la jeunesse et confirmant la disposition de l’exécutif à engager un dialogue et un débat au sein des institutions et des espaces publics. Appel qui ne semble pas avoir été entendu par le Hirak des jeunes. Ceci est d’autant plus vrai que le mouvement épingle le gouvernement sur le volet de la justice sociale. Il fait référence aux principes constitutionnels, en demandant sa destitution. Dans ce sens, GenZ 212 a appelé le souverain à « intervenir pour une réforme profonde et juste, qui rétablisse les droits, punisse les corrompus, renouvelle l’ère de la reddition de comptes et de la transparence ». Dans ce sens, il rappelle notamment l’article 47 de la Constitution.

GenZ 212 préconise également un procès équitable, pour traduire en justice les personnes « coupables de corruption, de détournement de fonds publics et d’enrichissement illicite, quelle que soit leur fonction », conformément à l’article 1 du même texte. Dans le même sens, il appelle à la « dissolution des partis politiques impliqués dans la corruption», en plus de « mettre en œuvre le principe d’égalité et de non-discrimination ».

Ce principe, selon GenZ 212, consacrera « l’égalité des chances pour les jeunes en matière d’éducation, de santé et d’emploi, sans favoritisme ni népotisme », en phase avec les revendications portées depuis le début des manifestations, fin septembre dernier. Par la même occasion, le mouvement appelle à « promouvoir la liberté d’expression et le droit de manifester pacifiquement », outre la libération de « tous les détenus impliqués dans des rassemblements pacifiques ». Plus loin, le mouvement étend cette revendication à « tous les détenus d’opinion, arrêtés lors des soulèvements populaires et dans le cadre des mouvements étudiants ». Enfin, GenZ 212 demande une « séance nationale de reddition de comptes du gouvernement actuel devant le peuple », présidée par le roi.

« Cette séance doit s’appuyer sur des preuves et des documents prouvant l’implication du gouvernement et de ses membres dans des affaires de corruption et une gestion désastreuse des politiques économiques et sociales », écrit le mouvement, qui envisage de porter « un dossier contenant des preuves tangibles », pour l’heure non communiqués.

L’idée, selon le mouvement, est « d’établir un précédent historique confirmant que le Maroc est entré dans une nouvelle phase, alliant responsabilité et reddition de comptes effective, pour restaurer la confiance entre le peuple et ses institutions ».

Selon GenZ 212, cette démarche traduit une « volonté » de la nouvelle génération, « qui refuse de perpétuer le cycle de la corruption et de l’échec ».

Solidarité ailleurs

En soutien au mouvement GenZ 212, un « appel à tous les membres de la communauté marocaine à l’étranger » et à « tous les jeunes de la diaspora » a été lancé pour manifester devant les ambassades du Maroc dans les pays de résidence. Une déclaration ad hoc adoube les revendications de la génération Z liées aux services publics de la santé et de l’éducation dans le royaume. Alors que des rassemblements étaient prévus vendredi devant la représentation diplomatique à Paris (France) et le consulat à Amsterdam (Pays-Bas), cet appel élargi vise à mobiliser ailleurs.

Les initiateurs préconisent par ailleurs d’ouvrir la voie, « au Maroc et à l’étranger, à une véritable participation politique, en leur attribuant des sièges au Parlement (les deux chambres) et dans tous les conseils de gouvernance, et en accélérant la création du Conseil de la jeunesse stipulé par la Constitution de 2011 ». Et appellent à la mise en œuvre « du contenu des discours de Sa Majesté le Roi concernant les Marocains du monde et la jouissance de leurs droits politiques, y compris la participation aux élections depuis leurs pays de résidence », en plus de « la lutte contre la corruption sous toutes ses formes et la garantie que les responsables rendent compte de leurs actes ». Cet appel a plaidé, en outre, pour « la libération immédiate de tous les prisonniers politiques et de toutes les jeunes femmes et tous les jeunes hommes récemment arrêtés ».

A souligner que le Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH) s’est penché, lors d’une réunion tenue mercredi, sur les manifestations de la Génération Z qui secouent plusieurs villes du Maroc ces derniers jours. Il observe que ce mouvement de contestation a débuté par « des appels à manifester, initialement axés sur le rassemblement pacifique, indique son communiqué. Cependant, certaines de ces manifestations ont dégénéré en « actes de violence » et en « délinquance, tels que des jets de pierres, des vols, des incendies de voitures et la destruction de biens publics et privés ».

Tout en plaidant pour « garantir le droit de rassemblement pacifique », l’organisme public appelle à « protéger les citoyens, à garantir leur droit de manifester pacifiquement et à renforcer la protection contre toute forme de violence susceptible de porter atteinte à l’intégrité physique ».

Le CNDH rappelle que « le droit à la liberté d’expression est un droit universel et constitutionnel », tout comme « les manifestations, les protestations, les sit-in et les rassemblements pacifiques (…), un droit universel garanti par la Constitution marocaine ». Toutefois, ce droit « ne peut être exercé par le recours à la violence », précise le Conseil National des Droits de l’Homme.

Amnesty International a appelé, pour sa part, à une enquête indépendante, après que trois personnes sont mortes, des dizaines ont été blessées et que plus de 400 autres ont été arrêtées, depuis fin septembre lors de manifestations menées par la génération Z au Maroc.

L’ONG internationale a déclaré dans son communiqué publié vendredi que les rassemblements, déclenchés par la colère face au chômage, à la corruption, au niveau des services publics et les dépenses liées au Mondial 2030, ont débuté pacifiquement mais ont eu comme réponse un recours à la force et « des arrestations arbitraires ».

« Nous sommes profondément alarmés par les preuves émergentes de l’utilisation excessive de la force par les agents de sécurité marocains, les arrestations massives de manifestants et de passants », a déclaré Heba Morayef, directrice régionale d’Amnesty pour la région MENA. « Les autorités devraient garantir une enquête transparente sur les décès… Elles doivent garantir le droit de manifester pacifiquement », a-t-elle ajouté.

Par ailleurs, l’ONG a averti que la détention arbitraire et la répression risquent de porter un coup à la liberté de rassemblement. A ce titre, elle a exhorté le Maroc à répondre aux revendications des jeunes en matière d’éducation, de santé, d’emploi, de transparence et de lutte contre la corruption plutôt que de recourir à la force.

La colère des jeunes a de nouveau été évoquée la veille jeudi à l’ONU lors du  point de presse quotidien du bureau du porte-parole du secrétaire général de l’ONU. Farhan Haq, porte-parole adjoint, a été questionné sur les violences survenues dans la ville de Leqliaa, où trois personnes ont été tuées après que des agents de la Gendarmerie royale ont utilisé leurs armes de service pour repousser une tentative de prise d’assaut de leur poste et de saisie d’armes et de munitions. « De notre côté, nous demandons des enquêtes transparentes et que les responsables de violations des droits des personnes engagées dans des manifestations pacifiques soient tenus pour responsables », a répondu F. Haq. « Je crois que nos collègues sur le terrain au Maroc sont au courant de la situation et sont en contact avec leurs homologues », a-t-il expliqué.

Plus tôt cette semaine, les manifestations au Maroc avaient déjà été soulevées lors du point de presse de l’ONU. À ce moment-là, F. Haq a souligné que l’ONU voulait « s’assurer que le droit de chacun à la liberté d’expression et à la manifestation pacifique soit pleinement respect ».

Les jeunesses partisanes suivent

Les structures de la jeunesse partisane n’ont pas tardé à réagir face à l’ampleur des manifestations de la générations Z. Ainsi, l’Organisation de la Jeunesse Socialiste a publié un communiqué qui met en avant la dimension pacifique et civilisée de ce mouvement, qu’elle considère comme l’expression d’une crise sociale et politique profonde. Dans son texte, la Jeunesse Socialiste salue la conscience et la responsabilité des jeunes qui ont choisi des moyens pacifiques pour revendiquer leurs droits. L’emploi, la santé, l’éducation et le logement figurent, selon elle, au sommet des priorités exprimées par les protestataires. La Jeunesse Socialiste dénonce en revanche les tentatives d’infiltration visant à brouiller l’image du mouvement, imputant ces dérives à des éléments extérieurs cherchant à servir des agendas politiques et à dénaturer le caractère pacifique et responsable des mobilisations.

Le communiqué met directement en cause l’Exécutif issu des élections de septembre 2021, qualifié de « gouvernement ayant perdu toute légitimité ». Ce dernier, assure-t-on, s’est montré incapable de gérer les affaires publiques et de répondre aux urgences sociales, accentuant la défiance d’une partie de la population et des forces politiques nationales. La Jeunesse Socialiste juge l’exécutif responsable de « l’explosion de la colère » en raison de la marginalisation et de la fermeture des espaces d’expression et de créativité destinés à la jeunesse. Privée de perspectives, cette génération se voit contrainte de recourir à la rue pour exprimer ses frustrations.

L’organisation avance plusieurs mesures jugées urgentes, à commencer par la démission immédiate du gouvernement actuel, qualifié de « défaillant », ainsi que la libération de tous les détenus d’opinion. Elle appelle également à l’ouverture d’un processus de réconciliation nationale reposant sur les acquis du 20 février et de la Constitution de 2011, avec comme horizon un nouveau contrat social fondé sur la justice, la dignité et l’égalité.

Le communiqué conclut en réaffirmant que l’avenir du pays ne peut être construit « sur la répression et l’exclusion », mais uniquement sur le dialogue sincère, l’équité et une réforme profonde. Elle appelle à un courage politique permettant d’opérer le changement auquel aspirent les Marocains et de préserver l’unité nationale. Selon la Jeunesse Socialiste, ignorer les revendications de la jeunesse reviendrait à hypothéquer l’avenir du pays et à creuser davantage le fossé entre gouvernants et gouvernés. Le mouvement de la Génération Z, poursuit-elle, illustre une prise de conscience sociale inédite et constitue une alerte qu’aucune force politique ne peut se permettre de sous-estimer.

De son côté, l’Istiqlal Youth Academy (IYA), bras jeune et intellectuel du Parti de l’Istiqlal, membre de la coalition aux affaires, vient de lancer la « Gen Z Taskforce », un cycle de consultations directes avec plus de deux cents jeunes Marocains de la génération Z, dont plusieurs issus du mouvement GenZ 212, afin de construire ensemble des réponses immédiates aux grands défis sociaux du pays.

Au cœur de cette initiative se trouvent quatre priorités nationales qui résonnent avec les revendications exprimées lors des protestations pacifiques des 27 et 28 septembre 2025. Santé, éducation, emploi et formation des jeunes, ainsi que la reddition des comptes… Autant de thèmes débattus dans des commissions mixtes réunissant les membres de l’Académie et les jeunes mobilisés. Les échanges se tiennent à la fois en ligne, via la plateforme Discord, et en présentiel, afin de favoriser une participation large et inclusive.

En parallèle, l’IYA a lancé le programme national « Youth Open Mic », conçu comme un laboratoire d’idées où les jeunes peuvent s’exprimer librement avant de traduire leurs propositions en recommandations concrètes, grâce à des ateliers de type Troïka Consulting. Ce dispositif bénéficie du soutien technique de l’Alliance des Ingénieurs Istiqlaliens, garant de la faisabilité des solutions proposées.

Née de l’engagement de jeunes acteurs de la société civile, l’Académie se présente comme un véritable « think-and-do tank » de la jeunesse istiqlalienne. Elle réunit aujourd’hui 180 membres, dont 80% appartiennent à la génération Z et 44% sont des femmes, issus des douze régions du Maroc mais aussi de la diaspora. L’IYA porte également le projet « National Political Championship », mené en partenariat avec la fondation allemande Konrad Adenauer Stiftung, qui rassemble déjà près de 1.750 participants et dont les finales sont prévues à Rabat en novembre.

Pour sa part, la Fédération nationale de la Jeunesse RNIste a tenu, jeudi à Casablanca, une réunion exceptionnelle consacrée à la discussion des évolutions politiques et sociales que connaît notre pays ces derniers temps, à la suite des expressions de la jeunesse réclamant des droits légitimes visant principalement l’amélioration des services sociaux dans les domaines de la santé et de l’éducation.

Le communiqué qui a sanctionné cette réunion indique que la Fédération a exprimé sa conviction quant à la légitimité de ces revendications, tout en affirmant que le gouvernement s’y engage avec sérieux et responsabilité pour y répondre, malgré l’héritage lourd, rempli de complexités et de problématiques, qu’il a trouvé dans ces deux secteurs. Elle a également souligné que la véritable réforme dans des secteurs stratégiques tels que la santé et l’éducation ne peut voir ses résultats mesurés en seulement quatre ans. Elle croit cependant que les expressions pacifiques et civilisées de la jeunesse peuvent constituer un moteur pour accélérer le rythme de la réforme, démanteler la bureaucratie au sein du système de santé et barrer la route aux lobbies et réseaux d’intérêts influents que le changement dérange.

Par ailleurs, la Fédération a salué l’annonce du gouvernement de répondre favorablement aux revendications exprimées par les jeunes et sa disposition au dialogue et au débat au sein des institutions et des espaces publics. Elle a appelé les ministres à davantage d’ouverture envers les jeunes acteurs à travers des rencontres de terrain, menées de manière moderne et innovante, à l’instar des initiatives entreprises lors de la présentation du bilan d’étape du gouvernement. Cela permettrait de mettre en lumière les efforts déployés par l’exécutif, loin des méthodes classiques traditionnelles, et d’ouvrir un espace aux jeunes pour exprimer leurs aspirations à un meilleur avenir pour les secteurs de la santé et de l’éducation, ainsi que pour leurs autres ambitions sociales et économiques.

La Fédération a appelé les chaînes de l’audiovisuel public à renforcer les programmes de débat destinés à la jeunesse, en particulier les tranches d’âge de 15 à 25 ans, et à offrir des espaces plus larges pour discuter de leurs enjeux et aspirations, tout en encadrant leur dynamisme sociétal à travers un dialogue rationnel, responsable et constructif, en présence des gestionnaires des affaires publiques, notamment dans les secteurs de la santé et de l’éducation.

Elle a également insisté sur la nécessité de rester vigilants et prudents face aux tentatives de certains acteurs de détourner ces expressions pacifiques de la jeunesse vers la violence et le désordre, au service d’intérêts étroits et d’agendas douteux qui dépassent le cadre des revendications sociales légitimes.

Elle a mis en garde contre la gravité des actes de certains marchands d’élections, semeurs de discorde et professionnels de “l’Adsense” dans l’espace numérique, qui diffusent mensonges, intox et incitations, les tenant moralement responsables des violences survenues dans certaines villes.

La Fédération a affirmé sa fierté envers les institutions sécuritaires du pays, et a salué leur approche équilibrée dans la gestion des manifestations, qui se déroule dans un cadre de transparence et de responsabilité garanti par la loi. Elle a appelé tout un chacun à interagir positivement avec elles, de manière à préserver l’ordre public, protéger l’intégrité physique des personnes, sauvegarder les biens publics et privés et renforcer la stabilité ainsi que l’unité nationale de notre pays.

Elle a aussi appelé les différents partis politiques représentés au Parlement à placer l’intérêt suprême de la Nation au-dessus de toute considération et à dépasser la dualité majorité-opposition dans ce moment politique délicat, afin de contribuer collectivement à contrer les marchands de crises et semeurs de discorde, dont les préoccupations ne sont ni la santé ni l’éducation des citoyens, mais bien leurs calculs particuliers et leurs agendas suspects.

La Fédération a renouvelé son appel à accélérer la mise en place du Conseil supérieur de la jeunesse et de l’action associative, en tant qu’institution constitutionnelle essentielle, susceptible de jouer un rôle clé dans l’encadrement des jeunes et le renforcement de leur participation active à la vie nationale.

Elle a relevé les avancées réalisées dans le processus de réforme du système de santé, affirmant que ce qui a déjà été accompli constitue une base solide pour un chantier encore inachevé, mais avançant résolument vers une transformation qualitative sans précédent, qui redessinera les contours du système de santé dans un avenir proche. Elle a toutefois reconnu l’absence d’un effort de communication suffisant, capable de rapprocher cette dynamique de l’opinion publique nationale et de mettre en valeur ce qui a été accompli jusqu’ici. Dans ce contexte, la Fédération a appelé tous les acteurs concernés — politiques, administratifs et médiatiques — à assumer leurs responsabilités et à accompagner ces réformes par un débat moderne et adapté aux exigences de l’époque, au premier rang desquelles figure le projet structurel des groupements sanitaires territoriaux, qui transformera le visage du système de santé, après l’expérience pilote mise en œuvre dans la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima.

Enfin, la Fédération a annoncé, partant de sa responsabilité, son engagement dans l’initiative de coordination des jeunesses partisanes nationales afin de communiquer avec la jeunesse marocaine, d’écouter ses aspirations et de porter sa voix.

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