Profitant du chaos ambient, les colons israéliens illégaux ont mené samedi des attaques contre des habitations, des véhicules et des habitants palestiniens en Cisjordanie occupée, selon des informations de l’agence de presse palestinienne Wafa. Dans le village de Fandaqumiya, au sud de Jénine, un important groupe de colons a incendié des habitations et des véhicules et brisé des fenêtres. Des images ont montré des flammes consumant des maisons tandis que des habitants tentaient d’affronter les assaillants et d’éteindre les incendies.
Dans la ville voisine de Seilat al-Dhahr, des colons ont pris pour cible plusieurs habitations, tenté d’y mettre le feu et agressé physiquement un résident, causant des blessures.
Dans des incidents distincts, des colons ont attaqué des véhicules palestiniens près du checkpoint militaire de Za’tara, ainsi que sur une route de contournement près de Burin, au sud de Naplouse. Des dizaines de colons se sont rassemblés et ont bloqué l’entrée de la ville d’Awarta. À Tuqu’, au sud-est de Bethléem, des colons ont lancé des pierres sur des véhicules à un rond-point.
Deux Palestiniens ont également été touchés par des tirs de forces israéliennes au checkpoint de Jabara, au sud de Tulkarem. Un homme de 53 ans a été blessé au cou et à la poitrine, tandis qu’un homme de 54 ans a été atteint à la jambe. Les deux ont été transportés à l’hôpital, selon le Croissant-Rouge palestinien.
La communauté internationale et l’ONU considèrent la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, comme un territoire palestinien occupé, et estiment que les colonies israéliennes qui s’y trouvent sont illégales au regard du droit international.
Pour leur part, les chrétiens de la Cisjordanie occupée continuent de subir des agressions de la part de colons israéliens illégaux, menaçant leur présence dans la région, selon un évêque auxiliaire de Jérusalem. « Les agressions contre les chrétiens en Cisjordanie se multiplient », a déclaré William Shomali à EWTN News, organisation mondiale catholique basée aux États-Unis.
L’évêque met en garde : les chrétiens de la Cisjordanie occupée font face à un véritable assaut de la part des colons israéliens, compromettant leur présence historique dans la région.
Selon W. Shomali, les colons israéliens ont empêché les chrétiens palestiniens d’accéder à leurs terres par des menaces, des agressions physiques et des destructions de biens, allant jusqu’à incendier leurs voitures. « Cela s’est produit principalement dans le village chrétien de Taybeh. Nous avons relayé ces informations à travers le monde, même à l’ambassadeur américain à Tel Aviv, qui est venu sur place et a promis d’agir… mais peu de choses ont été faites », a-t-il souligné.
Les colons se rendent à Birzeit, une ville chrétienne palestinienne, « presque tous les jours » pour intimider les habitants dans leurs maisons ou leurs lieux de travail, a ajouté W. Shomali, appelant l’Église à intervenir et à fournir une aide pour permettre aux familles de survivre. « C’est devenu une véritable menace pour les familles chrétiennes », a-t-il insisté.
L’évêque a également précisé que des colons israéliens ont récemment occupé des terres appartenant à un couvent près de Bethléem, dans le village d’Urtas. Les religieuses y cultivent des oliviers et d’autres plantations. « Les colons sont venus occuper cette colline pour en faire leur propriété et envisager d’y construire une nouvelle implantation », a-t-il expliqué.
W. Shomali a ajouté qu’il venait d’apprendre que des colons avaient planté un drapeau israélien sur une parcelle de terre « pour montrer que cette terre est désormais israélienne », alors qu’elle appartient légalement à une famille chrétienne de Beit Sahour. « Peu à peu, peu à peu, la terre de Palestine, que les Israéliens appellent aujourd’hui Juda et Samarie – le nom biblique –, devient de moins en moins palestinienne et de plus en plus celle des colons », a-t-il conclu.
Pour la rapporteuse spéciale de l’ONU pour les territoires occupés palestiniens – experte de l’ONU qui fait l’objet d’accusations d’antisémitisme ainsi que d’appels à la démission de la part de plusieurs pays dont la France -, les Palestiniens détenus « ont été soumis à des abus physiques et psychologiques d’une brutalité exceptionnelle », depuis l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre à Gaza. Le rapport, intitulé « Torture et génocide », « examine l’usage systématique de la torture par Israël contre les Palestiniens des territoires palestiniens occupés depuis le 7 octobre 2023 ». F. Albanese indique avoir recueilli des contributions écrites, dont plus de 300 témoignages collectés par de nombreuses organisations. Elle doit présenter son rapport lundi devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU.
L’AFP a sollicité un commentaire de la mission israélienne à Genève, qui a déjà accusé Francesca Albanese d’être motivée par « un agenda obsessionnel et haineux visant à délégitimer l’État d’Israël ». Une déclaration accompagnant son nouveau rapport précise que, si F. Albanese « condamne sans équivoque la torture et autres formes de mauvais traitements commis par tous les acteurs, y compris les groupes armés palestiniens », ce rapport « se concentre sur la conduite d’Israël ».
