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Les alliés de Kiev en réunion à Ramstein : L’armée russe balaie les défenses ukrainiennes

Le Kremlin a affirmé, vendredi, que la livraison de chars à l’Ukraine ne « changerait rien » à la situation sur le terrain, accusant les pays occidentaux d’entretenir « l’illusion » d’une possible victoire militaire de Kiev. Cette réaction intervient au moment où le maitre du Kremlin a tenu une réunion du Conseil de sécurité de la Fédération russe pour évaluer la situation sur le terrain. Et où des batteries anti-aériennes ont été déployés au niveau de tous les complexes stratégiques de la capitale.
Les alliés de Kiev en réunion à Ramstein

L’armée russe pousse son avantage en Ukraine et grignote de plus en plus d’espaces dans le Donbass, comme dans la banlieue de Zaporojie. Dans la nuit de jeudi à vendredi, il y a eu des frappes russes nocturnes à Kherson et un dépôt de munitions des forces armées ukrainiennes a été détruit. Le site d’information russe Intel Slava a rapporté que l’armée russe a lancé une offensive sur le front de Zaporojié chassant les Ukrainiens sur leur chemin. Le ministère russe de la Défense a annoncé la libération du village de Lobkovoye dans la région de Zaporojié. Il y a une avancée significative en direction d’Orekhov, dont les hauteurs stratégiques ont été prises, au même titre que celles de Gulyaipole et Kamenski.

De son côté, Wagner qui a réussi à investir le village de Klechtcheyevka la veille, pousse à travers les défenses ukrainiennes au sud de Bakhmout afin d’avancer vers Tchassov Yar et d’établir davantage le contrôle du feu sur la route Bakhmout – Tchassov Yar. Les renseignements allemands sont alarmés par les énormes pertes des Forces armées ukrainiennes sur ce front.

Par ailleurs, lors de la réunion tenue vendredi sur la base US de Ramstein, en Allemagne, où les alliés de l’Ukraine, les pays amis de Kiev, se sont retrouvés pour parler d’armement militaire. Plus de matériel, plus d’armement, plus de soutien face à l’armée russe ; c’est la ligne poussée par les Américains, qui recevaient pour l’occasion les représentants d’une cinquantaine de pays.

Au cœur des discussions, la livraison de chars, y compris lourds, à l’armée ukrainienne. Mais malgré les demandes pressantes de Kiev, toujours pas de véhicules Abrams ou Leclerc venus de Washington ou Paris, et pas de mouvement non plus au sujet des Leopard 2 livrés par Berlin. A défaut, l’Allemagne a annoncé l’envoi d’un milliard d’euros d’aide militaire supplémentaire à l’Ukraine – soit 3,3 milliards d’euros depuis le début de la guerre.

Le gouvernement allemand reste fidèle à sa ligne rouge : pas question d’y aller en solo. Berlin ne livrera ses Leopard à l’Ukraine, ou n’autorisera d’autres pays à le faire, ce qui est son droit, qu’à une condition : si les États-Unis font le premier pas en livrant des Abrams.

Lloyd Austin, secrétaire américain à la Défense, s’exprime en termes diplomatiques. Interrogé sur la livraison de Leopard 2, les Allemands « sont fiables et ils l’ont été pendant très longtemps et je crois sincèrement qu’ils continueront à être un allié fiable dans le futur », a-t-il dit. « Nous pouvons tous faire plus », a concédé M. Austin. « Nous avons ici une fenêtre d’opportunité entre maintenant et le printemps… dès qu’ils commencent leur opération, leur contre-offensive ». Et d’ajouter : « Ce n’est pas une longue période et nous devons réunir les bonnes capacités. » D’ici là, selon le chef du Pentagone, les paquets d’aide militaire supplémentaire promis par les États-Unis, le Royaume-Uni, la Suède, la Finlande ou encore le Danemark, offrent aux forces ukrainiennes « la capacité dont elles ont besoin pour remporter des succès » sur le terrain.

« D’un point de vue militaire, je maintiens encore qu’il sera très, très difficile d’expulser les forces russes de toutes les zones d’Ukraine occupées » d’ici à la fin de l’année, estime pour sa part le général Mark Milley, chef d’état-major américain, qui s’exprimait en conférence de presse également depuis Ramstein.

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