« On nous dit que les Américains ont menacé de boycotter le sommet du G7 si l’Afrique du Sud était invitée. Dès lors, l’Afrique du Sud ne participera pas à cette rencontre. », a déclaré jeudi Vincent Magwenya, porte-parole de la présidence sud-africaine.
Le président français Emmanuel Macron avait personnellement convié C. Ramaphosa lors du sommet du G20 organisé en Afrique du Sud fin 2025, rappelle Pretoria. Le G7, qui réunit les économies les plus avancées, élargit régulièrement ses travaux à des pays tiers, à l’instar du Brésil, de l’Inde ou de la Corée du Sud pour l’édition de cette année.
Si la Maison-Blanche et l’Élysée n’ont pas immédiatement commenté ces accusations, un conseiller du président français, relayé par les médias locaux, a toutefois confirmé jeudi lors d’un point presse que C. Ramaphosa, tout comme le président ukrainien Volodymyr Zelensky, n’avaient pas reçu d’invitation pour ce sommet prévu du 15 au 17 juin, rapportent des sources concordantes.
Malgré cette mise à l’écart, cette décision « n’aura pas d’impact sur la solidité et le caractère étroit de notre relation bilatérale avec la France », a assuré V. Magwenya.
Concernant les États-Unis, le porte-parole a ajouté que l’Afrique du Sud restait « résolue à entretenir un dialogue constructif », soulignant que les relations diplomatiques entre les deux pays « survivront au mandat actuel de la Maison-Blanche ».
Cet incident diplomatique s’inscrit dans un contexte de détérioration des relations entre l’Afrique du Sud et les États-Unis depuis le retour de Donald Trump au pouvoir. Les tensions ont culminé en novembre dernier lors du sommet du G20 à Johannesburg. Les États-Unis avaient alors boycotté la rencontre, refusant d’y envoyer un représentant de haut niveau pour marquer la passation de la présidence tournante du G20 de l’Afrique du Sud vers les États-Unis. Donald Trump avait justifié cette absence en accusant Pretoria de « violations des droits de l’homme » à l’encontre de la minorité blanche afrikaner, des allégations fermement rejetées par le gouvernement sud-africain.
La crise s’était prolongée en décembre, le secrétaire d’État américain Marco Rubio accusant Pretoria d’avoir « saboté » les communiqués du G20 et affirmant que Washington n’inviterait pas l’Afrique du Sud aux réunions du groupe sous présidence américaine. Le ministre sud-africain des Affaires étrangères, Ronald Lamola, avait alors répliqué en dénonçant les « doubles standards » de Washington, affirmant que le monde était « fatigué des leçons de démocratie » américaines.
