Dans un communiqué, Le CNDH souligne dans un communiqué que cela démontre que les Marocains aussi bien protestataires que forces de l’ordre ont réussi à mettre en œuvre l’interprétation cadrant avec les droits humains du droit au rassemblement pacifique, en tant que responsabilité partagée entre les organisateurs des protestations et les autorités publiques, ce qui a débouché sur un équilibre entre le maintien de l’ordre public, la préservation des biens privés et publics et la garantie d’exercice du droit au rassemblement pacifique.
Et d’ajouter que les protestations, de par leurs expressions collectives pacifiques, ont illustrées lors des deux derniers jours, des bonnes pratiques tant des organisateurs que des autorités chargées d’application de la loi, ce qui a permis d’assurer le caractère pacifique des rassemblements.
Par ailleurs, le CNDH relève que les formes d’expressions numériques émergentes se sont aussi inscrites dans cette dynamique pacifique, ce qui constitue un autre acquis pour le processus démocratique et de droits humains de la société marocaine.
Main lourde de la justice
A signaler que dans le sillage des manifestations qui ont secoué plusieurs villes et agglomérations du pays, le parquet s’active. Ainsi, le tribunal de première instance d’Agadir a condamné un accusé à quatre ans de prison ferme et à une amende de 50 000 dirhams pour incitation à la destruction et incitation à commettre des crimes menaçant la sécurité publique via Facebook. Il s’agit du premier jugement rendu en lien avec les émeutes survenues dans plusieurs villes.
Les médias signalent que 51 détenus ont été déférés devant le procureur pour leur implication dans ces événements. 40 parmi eux ont été placés en détention à la prison d’Ait Melloul, pour destruction, émeute, incendie criminel, intrusion dans des installations officielles, agression des forces de sécurité publique et blocage forcé des voies publiques.
Les événements qui ont éclaté mardi et mercredi derniers ont touché plusieurs zones de la région, notamment Leqliaa, Sidi Bibi, Ait Amira, Inezgane, Oulad Teima et Taroudant. Des vidéos et des photos ont documenté des actes de violence sans précédent, ayant concerné des magasins, des voitures, des biens publics et privés. Certains accusés font également l’objet de soupçons de tentative de prise d’assaut du centre de la Gendarmerie royale à Leqliaa, dans le but de s’emparer d’armes à feu et de minutions.
Les enquêtes se poursuivent pour identifier d’autres mis en cause. Pour l’heure, le nombre de détenus dépasserait les 300 personnes.
Dans le Gharb, dans le sillage des incidents portant atteinte à la sécurité et à l’ordre publics survenus, mercredi dernier, dans la zone de Sidi Taibi relevant de la province de Kénitra, et marqués par des actes de pillage, violence et destruction de biens publics et privés et d’incendie volontaire, 17 individus arrêtés ont été déférés, samedi, devant le parquet près de la Cour d’Appel, indique un communiqué du procureur général du roi près cette juridiction. Il s’agit de 8 personnes majeures qui étaient placées en garde à vue et de 9 mineurs contre lesquels la procédure de rétention a été engagée au centre judiciaire de la Gendarmerie royale, précise la même source.
A cet égard, il a été demandé de diligenter une enquête à l’encontre de 4 majeurs suspectés de commettre des actes incriminés par la loi et à l’encontre de 7 mineurs, tandis que 6 personnes arrêtées, dont 2 mineurs, ont été déférées devant le procureur du roi près le tribunal de première instance de Kénitra.
Le parquet a ordonné le placement de l’ensemble des suspects en prison en attente de l’achèvement des procédures de l’investigation approfondie. Les recherches se poursuivent pour l’arrestation du reste des mis en cause.
A signaler que parmi les revendications de la Gen-Z, laquelle continue à faire vibrer les diverses régions par des manifestations pacifiques, figure l’élargissement des jeunes victimes des dépassements répressifs.
