Des drones ont été repérés aux aéroports d’Aalborg (nord), d’Esbjerg (ouest), de Sonderborg (sud) et à la base aérienne de Skrydstrup (sud) avant de repartir de leur propre chef, a ajouté la police. L’aéroport d’Aalborg, l’un des plus grands du pays après celui de la capitale Copenhague, a été fermé temporairement, avant de rouvrir plusieurs heures plus tard. Les aéroports d’Esbjerg et de Sonderborg n’ont pas été fermés, car aucun vol n’y était prévu avant jeudi matin. « Il n’a pas été possible d’abattre les drones, qui ont survolé une très vaste zone pendant plusieurs heures », a indiqué Jesper Bojgaard Madsen, inspecteur en chef de la police de la région du Jutland du Nord, à propos des faits survenus à Aalborg. « Nous n’avons pas non plus appréhendé les opérateurs » des drones, a-t-il ajouté. À la suite d’une « évaluation globale de la situation », police et armée ont décidé de ne pas abattre les drones, notamment pour la sécurité des civils, a indiqué Michael Hyldgaard, chef d’état-major des armées. La police locale a déclaré que les drones « volaient avec des lumières et avaient été observés depuis le sol », mais qu’elle n’avait pu établir le type de drones ni la raison du survol. Ce survol de drones est l’œuvre d’un « acteur professionnel » et constitue une « menace systématique », a estimé Troels Lund Poulsen, ministre de la Défense. Il n’a cependant pas été en mesure de dire qui était à l’origine de ces survols qu’il a qualifiés de « menace hybride ».
Une enquête a été ouverte en collaboration avec les services de renseignement danois et l’armée dans le but de « clarifier les circonstances » de ces vols, a ajouté la police. Le gouvernement danois a annoncé jeudi en conférence de presse qu’il va acquérir de nouveaux moyens « de détection et de neutralisation de drones ». « Le but de ce genre d’attaques hybrides est de semer la peur, de créer la division et de nous effrayer », a ajouté Peter Hummelgaard, ministre de la Justice, tandis que les autorités soulignent l’absence de « menace militaire directe » sur le Danemark.
Lundi déjà, des drones à l’origine non identifiée avaient survolé l’aéroport de Copenhague ainsi que celui d’Oslo en Norvège, pays voisin, bloquant leur trafic pendant plusieurs heures. Mette Frederiksen, première ministre du Danemark, avait alors dénoncé « l’attaque la plus grave contre une infrastructure critique » dans le pays, affirmant « ne pas exclure » qu’il s’agisse de la Russie. « Cela s’inscrit dans l’évolution que nous avons pu observer dernièrement avec d’autres attaques de drones, des violations de l’espace aérien et des cyberattaques contre des aéroports européens », a-t-elle affirmé.
La Russie a réagi, démentant son implication dans le survol de drones. « Il est évident que les incidents impliquant des perturbations signalées dans les aéroports danois sont une provocation orchestrée », écrit son ambassade à Copenhague dans un message publié sur les réseaux sociaux. « La partie russe rejette fermement les spéculations absurdes sur son implication dans ces incidents », a-t-elle ajouté. Elle faisait alors référence à de récentes intrusions de drones en Pologne et Roumanie et à l’incursion d’avions de chasse russes dans l’espace aérien estonien à la mi-septembre. Les gouvernements de ces trois pays membres de l’Otan avaient mis en cause la Russie, qui a nié toute responsabilité, Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, évoquant des « accusations sans fondement ».
Ces incidents interviennent une semaine après l’annonce par le Danemark de l’acquisition, pour première fois, d’armes de précision à longue portée pour pouvoir frapper des cibles lointaines, jugeant que la Russie représenterait une menace « pendant des années ». Le week-end dernier, d’autres aéroports européens, notamment à Bruxelles, Londres, Berlin et Dublin, ont par ailleurs été perturbés par une cyberattaque dont l’origine n’a pas été communiquée.
