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Le chef de Wagner à Minsk : L’Occident au chevet de Kiev

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Evgueni Prigojine, chef de Wagner, a affirmé lundi 26 juin dans un premier message audio après la fin de sa rébellion que son but n'était pas de renverser le pouvoir russe, mais de sauver son groupe paramilitaire menacé d'être absorbé par l'armée. Pour Moscou, les choses sont claires : les éléments de la milice doivent se conformer à la décision prise d’intégrer l’armée où de suivre leur « mentor » en Biélorussie.
L’Occident au chevet de Kiev

Dans un message de 11 minutes, le chef de Wagner a déclaré que « le but de la marche était de ne pas permettre la destruction du groupe Wagner ». Il a également assuré que l’objectif n’était « pas de renverser le pouvoir dans le pays ».

Aux yeux d’E. Rogoujine, l’avancée spectaculaire de Wagner vers Moscou lors de sa rébellion samedi a révélé de « graves problèmes de sécurité » en Russie. Et d’affirmer que ses hommes ont parcouru 780 km en se heurtant à peu de résistance. « Nous avons bloqué toutes les unités militaires et les aérodromes qui se trouvaient sur notre chemin et en 24 heures, nous avons parcouru la distance qu’ont parcouru les troupes russes le 24 février 2022 (jour du début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, ndlr). Si ce jour-là, ces actions avaient été effectuées par une unité avec, comme Wagner, un haut niveau d’entrainement, de moral et de détermination à accomplir les tâches, “l’opération spéciale” aurait peut-être duré une journée », a indiqué le chef de Wagner.

Il a assuré que, sur leur chemin, ses hommes avaient reçu le soutien des habitants des localités traversées en Russie. « Les civils allaient à notre rencontre avec des drapeaux russes et des emblèmes de Wagner, ils étaient heureux quand nous arrivions et passions à côté d’eux », a-t-il dit. Il a également répété que Wagner avait abattu des appareils de l’armée de l’air russe, ce que Moscou n’a pas confirmé. « Nous sommes désolés d’avoir été obligés de tirer sur l’aviation, mais elle nous balançait des bombes, des roquettes », a-t-il dit.

E. Prigojine a aussi affirmé que le président biélorusse Alexandre Loukachenko, qui a fait office samedi de médiateur entre le Kremlin et Wagner, a proposé des solutions pour permettre au groupe paramilitaire de continuer à opérer. Dans ce message, le chef de Wagner n’a pas révélé où il se trouve, alors que le Kremlin a assuré qu’il partirait pour la Biélorussie, sans toutefois dire quand. Des informations ont confirmé l’atterrissage, mardi, d’un avion à Minsk transportant le chef de Wagner.

Berlin vole au secours de Vilnius

A Vilnius, capitale de la Lituanie qui partage une grande frontière avec la Biélorussie, le secrétaire général de l’Otan tente de rassurer. « Les événements du week-end dernier ont montré l’instabilité du régime russe. Des bouleversements de la même ampleur, voire plus importants, peuvent nous attendre à l’avenir », a déclaré Gitanas Nauseda, président lituanien, après sa avec Jens Stoltenberg de passage en Lituanie pour assister à des exercices militaires. Pour consolider la sécurité de la Lituanie, où passe la frontière extérieure de l’Union européenne et de l’Otan, le président lituanien a donc décidé de renforcer la surveillance de la frontière avec la Biélorussie qui court sur 700 kilomètres.

Les services de renseignement lituaniens devront aussi intensifier leur couverture de ce pays vassal de la Russie. Y déployer des armes nucléaires est « imprudent et irresponsable », estime par ailleurs le S.G de l’Otan. Quand le président lituanien demande que le renforcement du flanc Est de l’Otan devienne la priorité de l’Alliance, il ne s’agit pas ici d’une demande symbolique, mais très concrète. A Vilnius, on se trouve seulement à 30 kilomètres de la frontière biélorusse.

L’Allemagne s’est d’ailleurs déclarée prête à stationner en Lituanie quelque 4 000 soldats, contre environ 800 actuellement, pour renforcer le flanc oriental de l’Otan, a annoncé lundi Boris Pistorius, ministre allemand de la Défense. « L’Allemagne est prête à déployer une brigade en Lituanie de manière permanente » a signalé le ministre allemand à sa descente d’avion. De quoi réjouir le président lituanien pour qui cette brigade est une priorité de sécurité nationale dans ce pays limitrophe de la Russie.

Un tel déploiement a plus vocation à sécuriser le territoire lituanien qu’à envisager une action militaire

Les 4 000 militaires seront présents en Lituanie dès que les infrastructures seront prêtes, en principe en 2026. Des sites d’entraînement et des casernes sont en train d’être construits. La Lituanie consacrera 240 millions d’euros à cela entre 2023 et 2025. Pour montrer son engagement, Berlin avait déjà déployé des unités de commandement de cette brigade en Lituanie en septembre dernier. La Lituanie a annoncé qu’elle allait consacrer plus de moyens à ses services de renseignement pour évaluer les risques sécuritaires liés à la Biélorussie. C’est le signe d’une inquiétude bien réelle.

La mutinerie avortée de Wagner montre que la guerre en Ukraine est en train de « faire craquer » le pouvoir russe et l’instabilité politique dans une puissance nucléaire comme la Russie n’est « pas une bonne chose », a averti lundi le chef de la diplomatie de l’UE Josep Borrell.

« Le monstre Wagner créé par (le président russe Vladimir) Poutine est en train de mordre son créateur », a-t-il commenté avant une réunion des ministres européens des Affaires étrangères au Luxembourg. « Ce qui s’est passé au cours de ce week-end montre que la guerre contre l’Ukraine est en train de fissurer le pouvoir russe et affecte son système politique », a estimé J. Borrell. « Ce n’est certainement pas une bonne chose qu’une puissance nucléaire comme la Russie puisse entrer dans une phase d’instabilité. C’est aussi quelque chose qu’il faut prendre en compte », a-t-il toutefois averti.

Pour Alexander Schallenberg, chef de la diplomatie autrichienne, « la Russie est (…) l’une des deux plus grandes puissances nucléaires de la planète. Nous ne pouvons pas rester indifférents à ce qui se passe là-bas. Et cela doit nous faire tous réfléchir ».

« Il s’agit d’une affaire interne à la Russie » mais « nous la suivons bien sûr de très près (…) car ce qui se passe en Russie aura apparemment un impact sur les conditions de sécurité », a souligné Tobias Billstrom, son homologue suédois.
La « chose la plus importante » est de soutenir l’Ukraine pour qu’elle regagne des territoires, a insisté le ministre suédois.

« Ce qui se passe en Russie démontre qu’il est plus important que jamais de soutenir l’Ukraine », a confirmé J. Borrell.

Les ministres des Affaires étrangères de l’UE devaient confirmer lundi leur accord pour une nouvelle dotation de 3,5 milliards d’euros pour la Facilité européenne pour la paix (FEP) utilisée pour financer leurs fournitures d’armes à l’Ukraine et les missions militaires à l’étranger. La Facilité est abondée par les contributions des Etats membres et 66% de ses financements sont abondés par l’Allemagne, la France, l’Italie et l’Espagne.

« Opération Interfelx » :

A signaler que plus de 17.000 nouveaux soldats ukrainiens ont été formés en un an dans un programme mené par le Royaume-Uni dans le cadre de son soutien à Kiev face à l’opération de la Russie, a annoncé lundi la Défense britannique. Le programme, destiné à des recrues qui n’avaient pas ou peu d’expérience militaire, consiste à fournir une formation d’au moins cinq semaines, comprenant manipulation des armes, premiers secours, loi de la guerre, tactiques de patrouille et entraînement en milieu rural.

Il a été mis en œuvre par le Royaume-Uni, ainsi que les armées de neuf autres pays (Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, Norvège, Finlande, Suède, Danemark, Lituanie et Pays-Bas).

Soutien de la première heure de l’Ukraine, le Royaume-Uni avait initialement proposé de former 10.000 soldats selon l’entraînement de la base britannique. Le programme a été étendu, si bien que 30.000 recrues doivent être formés d’ici 2024. Le ministère britannique de la Défense affirme que les renseignements ont mis en évidence la « différence importante » de l’efficacité au combat de l’Ukraine apportée par ce programme, baptisé « Opération Interflex ».

En outre, Londres a été le premier allié de Kiev à livrer des chars lourds à l’armée ukrainienne, avant les Etats-Unis, et s’est prononcé pour la livraison d’avions de combat en amont du feu vert américain à la fourniture d’avions F-16.

A relever aussi que l’aviation russe a annoncé avoir intercepté des Typhoon britanniques au-dessus de la mer Noire, a annoncé ce lundi 26 juin le ministère russe de la Défense.

Deux chasseurs Typhoon et un avion de reconnaissance RC-135 de la Royal Air Force ont été interceptés au-dessus de la mer Noire par des Su-27 russes, a fait savoir la Défense russe.

Selon le ministère, les appareils étrangers s’approchaient de la frontière nationale russe. « Face aux chasseurs russes, les avions militaires étrangers ont fait demi-tour« , a indiqué le communiqué.

En mars dernier, un drone MQ-9 Reaper de l’US Army s’était abimé en Mer Noire après être « entré en vol incontrôlé avec une perte d’altitude » suite à « de brusques manœuvres » à l’approche d’un Su-27 russe.

La partie russe avait alors souligné que l’activité des militaires US à proximité immédiate des frontières russes revêtait un caractère provocateur et était inadmissible.

L’insurrection d’E Prigojine a été évidemment suivie de près chez le voisin chinois. Le chef de la diplomatie chinoise a reçu dimanche le vice-ministre russe des Affaires étrangères, rappelant que la Chine avait soutenu Moscou lors de la mutinerie samedi en Russie. 

 « La rébellion armée de Prigojine a pris fin rapidement en moins de 24 heures », note Huanqiu Shibao  journal filial du Quotidien du Peuple, qui reprend les déclarations du porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères la veille. « Ce sont les affaires intérieures de la Russie, a affirmé dimanche le porte-parole de la diplomatie chinoise. En tant que voisin amical et partenaire de coopération stratégique global dans la nouvelle ère, la Chine aide la Russie à maintenir la stabilité nationale et à atteindre le développement et la prospérité. »

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