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L’axe Damas Moscou se renforce : Coopération tous azimuts

Dans un entretien exclusif accordé à Sputnik aussitôt après ses pourparlers au Kremlin, le Président syrien s’est exprimé sur l’avenir de la présence militaire russe dans son pays. Une présence appelée à s’élargir et à se renforcer. Mais la coopération ne se limite pas au seul domaine militaire qui ira en se renforçant. Pas moins de 40 accords de coopération sont en gestations dans divers secteurs.
Coopération tous azimuts

« Nous estimons que si la Russie souhaite étendre ses bases ou augmenter leur nombre ce n’est qu’une question de caractère technique ou logistique. S’il y a une telle volonté, nous estimons que l’élargissement de la présence russe en Syrie est une bonne idée », a signalé Bachar el-Assad.

Il a détaillé que la veille les ministres russe et syrien de la Défense avaient parlé de la coopération militaire, mais n’avaient pas abordé la question des bases. « D’habitude nous n’annonçons pas ce genre de coopération entre nous et la Russie. C’est une question militaire qui est toujours secrète. C’est naturel », a noté le Président syrien. Il a indiqué que la présence militaire russe ne devait pas être temporaire et se réduire à la seule lutte contre le terrorisme. « Nous parlons d’un équilibre international et la présence de la Russie en Syrie, un pays méditerranéen, revêt une grande importance pour cet équilibre des forces dans le monde », a-t-il fait remarquer.

Interrogé sur la possibilité du déploiement dans ces bases d’armes hypersoniques, notamment des navires avec des missiles Zirkon à bord, B. el-Assad a signalé que les bases militaires russes devaient être dotées d’armes les plus modernes pour contenir les menaces de façon efficace. « Si vous voulez mettre en place une base militaire, l’objectif n’est pas de la rendre faible du point de vue militaire. On suppose que les bases doivent produire un effet de dissuasion ou d’équilibre et elles doivent être équipées des meilleures armes. C’est naturel et logique. Que ce soit des missiles hypersoniques ou toute autre arme plus parfaite à présent et dans l’avenir, le principe reste le même », a-t-il spécifié.

M.Assad a signalé que la Troisième Guerre mondiale avait déjà éclaté, mais que sa forme n’est pas traditionnelle. « J’estime que la Troisième Guerre mondiale a déjà lieu, bien qu’elle diffère de par sa forme. Je veux dire qu’avant les guerres mondiales étaient traditionnelles. Les armées de plusieurs États faisaient la guerre contre celles de certains autres. À présent, à cause de l’existence d’armes modernes, surtout nucléaires, il y a une force dissuasive contre une guerre traditionnelle, d’où des guerres par procuration. »

Selon lui, à l’heure actuelle, Volodymyr Zelensky mène une guerre au nom de l’Occident avec une armée composée de nazis. « Même chose pour les terroristes : ce sont des armées qui font la guerre en Syrie et dans d’autres régions au nom de l’Occident », a indiqué le Président syrien.

Pour ce qui est des volontaires syriens en Ukraine, il a précisé que l’État syrien n’en avait pas envoyé. « Si des volontaires s’y rendent, ce ne sera pas de la part de l’État syrien. Ils s’adresseront directement aux organes compétents russes. Nous ne le saurons même pas. Cependant, le peuple syrien soutient la Russie avec un grand enthousiasme », a-t-il fait valoir.

Cette attitude des Syriens envers l’opération militaire spéciale russe en Ukraine a plusieurs raisons, selon B el.Assad. « D’une part, il s’agit de la solidarité, car la Russie a soutenu les Syriens dans leur lutte contre le terrorisme. D’autre part, il y a une vision plus générale de cette guerre : elle commence à changer l’équilibre mondial, car les souffrances en Syrie, en Irak et dans de nombreux autres pays ont été provoquées par le monde unipolaire », a-t-il expliqué.

Selon lui, ses compatriotes placent de grands espoirs dans ses résultats. « Quand la Russie remportera cette guerre, ce qui est souhaité par la plupart des Syriens, un monde nouveau verra le jour, plus sûr et plus calme. »

En ce qui concerne le conflit en Ukraine, B. el- Assad soupçonne les États-Unis d’y transférer des terroristes (takfiristes). « Nous n’avons pas de preuves, mais c’est tout à fait attendu. Les États-Unis transfèrent des terroristes d’un endroit à un autre. De plus, les terroristes se déplacent en toute indépendance », a-t-il noté. B. el-Assad a rappelé qu’en perpétrant des crimes ces terroristes invoquaient la religion. « En Ukraine, il n’y a pas de guerre religieuse, mais à en juger d’après les vidéos publiées sur le Web, ils (les terroristes) y sont présents », a-t-il relevé. Selon lui, les terroristes ne se sont pas rendus en Ukraine pour lancer une guerre de religion. Ils y ont été transférés avec le concours des États-Unis. « Il va de soi qu’il y a des terroristes transférés depuis d’autres régions, la Syrie comprise, pour faire la guerre contre la Russie en Ukraine » faisant savoir que Damas disposait de preuves confirmant que des terroristes étaient entraînés à la base militaire américaine d’Al-Tanf.

Ouverture sur Ankara conditionnée

B. el-Assad, pour qui la Turquie est un État occupant, a révélé sous quelles conditions il rencontrerait Recep Tayyip Erdogan. « En ce qui concerne une rencontre avec Erdogan, elle dépend du moment où la Turquie sera bel et bien prête au retrait total [des militaires turcs, ndlr] depuis le territoire syrien et au retour à la situation d’avant-guerre en Syrie. C’est l’unique version de ma rencontre avec Erdogan », a martelé le Président syrien. « Quelle sera la valeur de cette rencontre et à quoi elle servira, si elle ne conduit pas à des résultats définitifs pour la guerre en Syrie? », a-t-il ajouté.

Selon lui, la Turquie a joué un rôle négatif dans la guerre en Syrie en soutenant des organisations considérées comme terroristes par Damas et en introduisant ses troupes sur le territoire syrien. « Pour nous, la Turquie est un État occupant », a-t-il souligné tout en louant le rôle de la Russie qui entretient de bonnes relations aussi bien avec la Syrie qu’avec la Turquie. « Nous faisons confiance à la partie russe, car elle a joué le rôle de médiateur pour faciliter ces contacts dans le cadre des principes sur lesquels repose la politique russe. À savoir le respect du droit international, la reconnaissance de la souveraineté des États, le rejet du terrorisme, le respect de l’intégrité territoriale syrienne et de la souveraineté de l’État syrien sur son territoire, la nécessité du retrait de Syrie des forces armées étrangères illégitimes », a poursuivi le chef de l’Etat syrien. « Pour y parvenir, la Russie œuvre avec la Syrie afin de trouver un règlement à Genève, à Astana et dans le cadre d’autres villes. Le but est toujours le même : rétablir la stabilité en Syrie », a-t-il concédé.

B. el-Assad a révélé que la Syrie et la Russie allaient prochainement signer un accord de coopération portant sur plusieurs projets. Il s’agit d’une quarantaine de projets d’investissements dans l’énergie, l’industrie, les transports et le bâtiment. « Cette fois, la réunion de la commission conjointe [russo-syrienne, ndlr] a été différente. Elle s’est concentrée sur des projets d’investissements et sur un accord à signer. Ce dernier portera sur 40 projets d’investissements concrets dans le domaine de l’énergie, de l’électricité, du pétrole, des transports, de la construction locative, de l’industrie et pas seulement », a-t-il annoncé.

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