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L’armée russe capitalise sur ses acquis : La reconquête totale des oblasts du Donbass en marche

Le ministère russe de la Défense a annoncé dimanche la libération de la petite localité d’Oumanskoïé, en République populaire de Donetsk. La pression russe se fait sentir en maints endroits du front : les troupes ukrainiennes ont été chassées de près de 30 localités depuis le début du mois de mai.
L’armée russe capitalise sur ses acquis : La reconquête totale des oblasts du Donbass en marche

« Les unités du groupe de troupes « Centre » ont réussi à libérer le village d’Oumanskoïe dans la République populaire de Donetsk », a indiqué le ministère russe dans un communiqué. Ce village de moins de 180 habitants avant le début de l’offensive russe en Ukraine en février 2022, se situe à environ 25 km au nord-ouest de Donetsk.

Selon le média russe Tva Maïora ce 2 juin, les troupes russes intensifient leurs opérations dans différentes parties du front, préparant des offensives d’été. Des avancées sont, toujours selon la même source, signalées dans les régions de Zaporojié et Kherson, sur le front sud. Dans le Donbass, des combats acharnés sont en cours dans le secteur d’Avdeïevka et à Tchassov Iar, dont les unités russes tentent d’encercler les quartiers est.

L’armée russe a lancé une offensive dans la région de Kharkov le 10 mai dernier, bousculant les troupes ukrainiennes et contraignant Kiev à y dépêcher des renforts, au risque d’étirer ses lignes de défenses et d’ouvrir de nouvelles perspectives pour les forces russes.

Le 31 mai, Andreï Biélooussov, nouveau ministre russe de la Défense, s’est félicité « des progrès » réalisés par l’armée russe « dans toutes les directions tactiques ». Selon lui, 880 km2 de territoire ukrainien ont été conquis par les troupes russes depuis le 1er janvier 2024. « À la suite de nos opérations intensives dans des zones importantes de la région de Kharkov, l’ennemi a reculé de huit à neuf kilomètres », a-t-il précisé. « Rien que ce mois-ci, 28 localités ont été libérées », a-t-il ajouté.

Ces succès russes interviennent alors que les dirigeants occidentaux multiplient les déclarations belliqueuses à l’encontre de Moscou. La France serait sur le point d’envoyer des formateurs militaires en Ukraine. Paris, Londres et Berlin, et plus récemment Washington ont donné leur feu vert à Kiev pour des tirs de missiles de contre-batterie sur le territoire russe, en dépit des mises en garde de Moscou.

Kiev s’attaque à Pékin

Sur le plan diplomatique, la Chine a démenti lundi 3 juin « faire pression » sur certains pays pour qu’ils ne participent pas au Sommet sur l’Ukraine organisé en Suisse. Volodymyr Zelensky avait accusé la veille Pékin d’être devenu « un outil entre les mains de Poutine ».

« Utiliser la politique de la force n’est pas le style de la diplomatie chinoise, la position de la Chine est ouverte et transparente, et en aucun cas nous ne faisons pression sur d’autres pays », a déclaré à la presse Mao Ning, porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Celle-ci réagissait aux accusations formulées la veille par le président ukrainien, qui s’exprimait en marge d’un forum sur la sécurité à Singapour.

V. Zelensky a en effet reproché à Pékin de vouloir « empêcher » des pays de participer au Sommet de paix sur l’Ukraine, prévu les 15 et 16 juin en Suisse, ajoutant même que la Chine était devenue « un outil entre les mains de Poutine ». « Malheureusement, la Russie utilise l’influence chinoise dans la région, par l’intermédiaire des diplomates chinois, et fait tout son possible pour que le sommet n’ait pas lieu », a encore déclaré le dirigeant ukrainien.

Pékin avait estimé le 31 mai dernier qu’il lui serait « difficile » de participer à ce sommet si la Russie n’y était pas conviée. « La Chine a souligné à plusieurs reprises que la conférence de paix devait être reconnue à la fois par la Russie et l’Ukraine, que toutes les parties devaient y participer sur un pied d’égalité et que tous les plans de paix devaient faire l’objet d’une discussion équitable », a réitéré Mao Ning lundi 3 juin. « Ne pas participer à la conférence ne veut pas dire que l’on ne soutient pas la paix », a ajouté la porte-parole chinoise. Et « même si certains pays décident de participer à la conférence, cela ne veut pas forcément dire qu’ils espèrent un cessez-le-feu et la fin des combats. Le plus important c’est l’action concrète ».« La Chine espère sincèrement que cette conférence de paix ne deviendra pas une plateforme pour créer de la confrontation entre camps », a-t-elle ajouté.

 « La Chine disait dès le début que la tenue de tels sommets sans participation de la Russie n’avait absolument aucun avenir », avait réagi le 1er juin Dmitri Peskov, porte-parole de la présidence russe. « Chercher des issues au conflit ukrainien sans participation de la Russie est tout à fait illogique, sans perspective et ne constitue pratiquement rien d’autre qu’une perte de temps », a-t-il dénoncé.

Au début du mois de mai, alors en visite à Paris, le président chinois Xi Jinping avait insisté sur « l’organisation d’une conférence internationale de paix reconnue par la Russie et l’Ukraine, réunissant toutes les parties sur un pied d’égalité et permettant une discussion équitable ».

Depuis février 2023, la Chine a en effet proposé un document en 12 points afin de mettre un terme au conflit, appelant au respect de l’intégrité territoriale de tous les pays mais aussi à prendre en considération les exigences de sécurité russes. « Les idées et les propositions contenues dans le document montrent le souhait sincère de nos amis chinois d’aider à stabiliser la situation », a fait valoir Vladimir Poutine à Pékin le 16 mai dernier. Or, V. Zelensky promeut une « formule de paix » en dix points depuis novembre 2022. Celle-ci comporte notamment la réaffirmation des frontières de l’Ukraine datant de 1991, le retrait total des troupes russes, l’instauration d’un tribunal pénal international pour juger les « crimes de guerre russes » et une déclaration de la fin de la guerre. Des exigences inconcevables selon Moscou, celles-ci étant synonymes de capitulation totale et ne suivant guère les réalités du terrain. « Le sens de cette rencontre est clair : rassembler autant de pays que possible, puis déclarer que tout est convenu, ensuite présenter cela à la Russie comme une question déjà résolue, comme un ultimatum », avait dénoncé le 17 mai, depuis la ville de Harbin dans le nord-est de la Chine, le maitre du Kremlin, réitérant que la Russie demeurait prête à engager des négociations dès lors que celles-ci tiendraient compte des réalités du terrain.

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