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L’armée russe avance toujours en RPD : L’armée ukrainienne au bord de l’effondrement

Le groupement de troupes russes Vostok a libéré Staromaïorskoïé en RPD, a indiqué le ministère russe de la Défense lundi 10 juin. De rudes combats ont lieu à Tchassov Iar, où les parachutistes russes avancent pied à pied.
L’armée russe avance toujours en RPD : L’armée ukrainienne au bord de l’effondrement

Le média russe Rybar avait fait part la veille de combats dans la banlieue nord de Staromaïorskoïé. 24 heures plus tard, le ministère russe de la Défense a annoncé dans son bulletin quotidien la libération de cette localité. « Les unités du groupe de troupes Vostok ont ​​continué à avancer dans les profondeurs des défenses ennemies et ont libéré le village de Staromaïorskoïé en République populaire de Donetsk », a-t-on indiqué.

Staromaïorskoïé était l’un des rares villages conquis par les troupes ukrainiennes lors de leur contre-offensive manquée en 2023. C’est d’ailleurs la troisième localité prise par Kiev l’été dernier que les forces russes sont parvenues à reprendre depuis le printemps. Sa libération crée l’opportunité d’avancer vers Velikaïa Novossiolka, plaque logistique importante pour les troupes ukrainiennes dans ce secteur du front.

Rybar a rapporté le 9 mai une « attaque puissante » de la 98e division aéroportée VDV, qui a « percé les défenses de l’ennemi dans le quartier du canal » de Tchassov Iar, où de violents combats ont lieu depuis la fin de l’hiver. Les troupes ukrainiennes, selon le média Tva Maïora, se seraient retirées dans la partie ouest de la ville. Des soldats interrogés par l’AFP ont décrit une situation au mieux « difficile », au pire démoralisante, face aux assauts quotidiens des forces russes. « Les combats les plus féroces ont lieu ici », autour des villes de Pokrovsk et de Tchassov Iar, ont-ils déclaré.

Les troupes russes ont gagné du terrain depuis le début du mois de mai. Le président russe Vladimir Poutine a fait état la semaine dernière, lors du Forum économique de Saint-Pétersbourg, d’avancées de 880 km2 depuis le début de l’année et de la libération d’une cinquantaine de localités.

Les forces russes ont notamment déclenché le 10 mai une offensive dans la région de Kharkov, sur le front nord, bousculant les lignes ukrainiennes et s’emparant de plusieurs localités. Kiev a été contraint d’y dépêcher des renforts, au risque d’étirer ses défenses. Ce 10 juin, Volodymyr Zelensky a démenti une avancée russe dans la région de Soumy (front nord). Le dirigeant tchétchène Ramzam Kadyrov avait annoncé plus tôt dans la journée la libération par la force Akhmat du village de Ryjivka. V. Zelensky a toutefois reconnu que la situation était « plus difficile » dans la région de Donetsk.

Mis en garde de Moscou

Selon le ministre russe des Affaires étrangères, la mise en garde de V. Poutine, qui envisage l’envoi d’armes russes dans des régions du monde où des « cibles sensibles » pourraient être visées, a bien été entendue par l’Occident.  « Je n’ai aucun doute qu’ils ont entendu, je n’ai aucun doute qu’ils comprendront », a estimé Sergueï Lavrov dimanche 9 juin. Il évoquait, au micro du journaliste Pavel Zarubine, la réaction occidentale aux propos du maitre du Kremlin sur d’éventuelles livraisons d’armes russes dans d’autres régions du monde en réponse aux frappes ukrainiennes en territoire russe avec des missiles fournis par l’Occident.

Le 5 juin dernier, lors d’une rencontre avec les représentants des agences de presse internationale en marge du Forum économique de Saint-Pétersbourg, le président russe avait prévenu que la Russie pourrait livrer des armes russes « de même classe » dans d’autres régions du monde, où des « cibles sensibles » pourraient être visées, en réponse aux livraisons de missiles occidentaux à Kiev pour frapper le territoire russe. « Notre réponse sera symétrique, nous y réfléchirons », avait-il souligné.

Ces propos intervenaient alors que plusieurs pays, dont la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne et les États-Unis, ont ces dernières semaines autorisé Kiev à frapper le territoire russe avec des missiles longue portée, principalement dans le cadre de tirs de contre-batterie. « Si vous armez notre ennemi, nous déciderons nous-mêmes comment réagir à vos actions hostiles », a relevé S. Lavrov. Et d’ajouter qu’« il y a encore des gens là-bas, des gens qui savent analyser et qui ne se livrent pas seulement à l’escalade pour plaire chaque jour à leur électorat radical avant la prochaine campagne électorale ».

Le ministre russe a par ailleurs regretté les propos de Gabriel Attal le 6 juin dernier. «Le Premier ministre français a soudainement commencé à dire que la France n’avait pas d’instructeurs en Ukraine (…) Ce n’est pas vrai, et ils le savent », a déclaré S. Lavrov. Le président russe avait, quant à lui, affirmé le 5 juin que des instructeurs occidentaux étaient déjà présents en Ukraine, indiquant qu’ils subissaient «  des pertes». « Je le sais pertinemment. Cependant, les pays européens et les États-Unis préfèrent garder le silence », avait-il glissé.
En retrait de la scène politique depuis le 15 mai, date à laquelle un partisan de l’aide militaire à l’Ukraine a tenté de l’assassiner, le Premier ministre slovaque s’est exprimé ce 8 juin à l’aune des élections européennes. « J’ai voté à l’hôpital, car ces élections sont également importantes », a-t-il déclaré dans un message posté sur sa page Facebook. « Il est nécessaire d’élire des membres du Parlement européen qui soutiendront les initiatives de paix et non la poursuite de la guerre », a-t-il poursuivi. Dans son message, le chef du gouvernement slovaque est revenu sur les récents accords octroyés à Kiev par plusieurs de ses soutiens européens, autorisant l’emploi de leurs armes contre le sol russe. Un aval notamment donné par Washington, Paris, Londres et Berlin.

 « Le consentement des pays occidentaux, qui ont permis à l’Ukraine d’utiliser des armes occidentales pour attaquer des cibles sur le territoire russe, n’est que la preuve que les grandes démocraties occidentales ne veulent pas la paix, mais l’escalade des tensions avec la Fédération de Russie, qui se produira certainement », a dénoncé Robert Fico. Ce dernier a affirmé qu’il « n’entraînerai[t] pas la Slovaquie dans de telles aventures militaires » et qu’il « ferai[t] tout pour que la paix prime sur la guerre ».

Le 15 mai, à l’issue d’une réunion gouvernementale à Handlova, dans le centre du pays, R.Fico avait été blessé par plusieurs tirs alors qu’il était allé à la rencontre d’un groupe de partisans. Dans un état grave, après avoir été touché par quatre balles à bout portant, le responsable politique a dû subir plusieurs opérations chirurgicales.

Le tireur, Juraj Cintula, a déclaré aux enquêteurs être « en désaccord » avec la politique du gouvernement Fico à l’égard de l’Ukraine, souhaitant que Bratislava reprenne « son aide militaire à l’Ukraine ». Cet écrivain amateur de 71 ans a « décidé d’agir », car le gouvernement « est un Judas par rapport à l’Union européenne », relate l’ordre de détention provisoire émis par le tribunal pénal de Pezinok.

« Je n’éprouve aucune haine envers l’inconnu qui m’a tiré dessus, a déclaré l’homme politique. Je lui pardonne et je le laisse réfléchir à ce qu’il a fait et pourquoi il l’a fait » avait déclaré à son sujet R. Fico, le 5 juin, lors de sa première apparition publique depuis la tentative d’assassinat. Le Premier ministre a toutefois accusé ses opposants d’avoir entretenu le climat de  « haine » qui a conduit à ce passage à l’acte. « Ce n’était pas un attentat commis par un fou », a déclaré le chef du gouvernement, dans une vidéo publiée sur Facebook, ajoutant que son agresseur  «n’était que le messager du mal et de la haine politique que l’opposition frustrée et politiquement sans succès a développés en Slovaquie ». R. Fico est l’un des dirigeants européens les moins hostiles à Moscou, exigeant des pourparlers de paix pour résoudre la crise ukrainienne. Il a interrompu les livraisons d’armes slovaques à Kiev et estime que l’Ukraine n’est pas en mesure de remporter le conflit.

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