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La guerre se poursuit entre l’Iran et les USA : Trois tankers explosent à Ormuz

by Perspectives Med
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La guerre se poursuit entre l’Iran et les USA : Trois tankers explosent à Ormuz

Le département des relations publiques du Corps des gardiens de la révolution iraniens a annoncé l’interception et la destruction d’un drone MQ-1 de pointe appartenant aux forces américaines, dans l’espace aérien à l’est du détroit d’Ormuz, au large des côtes de Sirik. L’opération d’interception a été menée par « un système de défense aérienne avancé et moderne appartenant aux forces aérospatiales des Gardiens, et sous le contrôle et la supervision du réseau national intégré de défense aérienne du pays. » Selon le CGRI, le nombre de drones de combat et de reconnaissance américains avancés que ses systèmes ont abattus pendant la guerre, a atteint les 68 : 54 drones MQ-9 et 14 drones MQ-1.

Depuis Washington, on signale que J.D Vance a pris l’initiative de contacter Mohsen Rezaï par le biais d’un message envoyé la semaine dernière par l’intermédiaire d’une médiation qatarie, a rapporté le New York Times. Des responsables américains et des personnes informées de la situation ont indiqué que le vice-président américain est en contact avec le secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale d’Iran dans le but de « relancer les négociations de paix ». Cela intervient alors que le président Donald Trump menace de reprendre la guerre après les élections de mi-mandat prévues la semaine prochaine, a rapporté de son côté The Wall Street Journal.

Selon ces responsables, J.D. Vance a adressé une lettre à M. Rezaï, secrétaire de la plus haute instance sécuritaire en Iran et qui a occupé par le passé le poste de commandant ayant servi le plus longtemps au sein des Gardiens de la révolution.

Abbas Araghchi, ministre iranien des Affaires étrangères, a déclaré que l’Iran étudiait des propositions susceptibles de permettre la mise en œuvre de son plan en sept jours pour rouvrir le détroit d’Ormuz dans un délai encore plus court et sortir de l’impasse avec les États-Unis. Dans un bref message publié mercredi sur son compte X, M. Il a affirmé que l’Iran était disposé à « donner une chance à la diplomatie », tout en étant « pleinement prêt à se défendre » contre tout nouvel acte d’agression. Il a indiqué que l’Iran était en contact étroit avec les pays qui assurent une médiation entre Téhéran et Washington afin de mettre fin à une confrontation qui a profondément affecté la sécurité régionale ainsi que l’approvisionnement énergétique mondial.

Dans son message, le chef de la diplomatie iranienne a laissé entendre que l’Iran pourrait accélérer la réouverture du détroit d’Ormuz, un passage stratégique pour le transport de l’énergie, soumis à des restrictions iraniennes depuis le début de l’année, lorsque les États-Unis et Israël ont lancé une agression contre le pays. Il a précisé que cette réouverture pourrait intervenir encore plus rapidement que prévu dans le cadre du plan en sept jours présenté par l’Iran en septembre.

Selon cette proposition, transmise aux États-Unis par l’intermédiaire du Qatar, Téhéran rouvrirait le détroit d’Ormuz et reprendrait les négociations avec Washington dans un délai d’une semaine, si ses conditions étaient acceptées.  Dans les cinq premiers jours, les États-Unis mettraient fin à leur agression contre l’Iran, lèveraient le blocus naval, assoupliraient les restrictions sur les exportations de pétrole iranien et débloqueraient les avoirs iraniens gelés. Le sixième jour, l’Iran rouvrirait le détroit d’Ormuz à la navigation commerciale. Le septième jour, Téhéran reprendrait les négociations avec Washington en vue de parvenir à un accord définitif. « Nous restons en contact étroit et permanent avec les médiateurs afin d’examiner des propositions susceptibles de permettre la mise en œuvre de notre plan en sept jours dans un délai encore plus court », a relevé A. Araghchi.

Mise en garde iranienne

Le porte-parole du Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI), le général de brigade Hossein Mohebbi, a qualifié le Commandement central américain (CENTCOM) de « tueur d’enfants ». Évoquant la situation dans le détroit d’Ormuz, il a affirmé que celle-ci « se détermine dans les airs, sur terre et en mer, et non dans l’espace cybernétique ni dans les salles de guerre médiatique américaines ». S’adressant aux ennemis de son pays, il a lancé : « Prouvez vos affirmations concernant le déminage du détroit d’Ormuz par des preuves indépendantes, et non par vos seuls communiqués ».

Le général Mohebbi a ajouté que la crise de Suez en 1956 avait révélé les limites de la puissance britannique, soulignant que « l’Histoire se redessine parfois au niveau des passages stratégiques étroits ». Précédemment, il avait confirmé que les capacités de l’Iran à produire des missiles et des drones avaient augmenté d’au moins une fois et demi par rapport au passé, mettant en garde contre une riposte encore plus vigoureuse à toute action militaire américaine. De même, il avait souligné – dans une déclaration séparée – que l’Iran répliquerait de manière démultipliée à toute erreur commise par l’ennemi, aussi limitée soit-elle, avertissant que tout mouvement dirigé contre le pays ferait l’objet d’une réponse renforcée.

La République islamique d’Iran réaffirme ainsi qu’elle accorde une chance au succès de la diplomatie, alors même que ses forces armées se tiennent en état de préparation maximale pour défendre la patrie.

Secousse dans l’US Army

Des médias américains ont rapporté jeudi qu’un général de haut rang du département de la Défense américain a été soudainement démis de ses fonctions en début de semaine. ABC News a cité deux sources bien informées selon lesquelles le lieutenant-général Brett Sylvia, qui occupait le poste de directeur de la stratégie, des plans et des politiques au sein de l’état-major interarmées, poste essentiel lié à la planification stratégique à long terme, connu dans le jargon militaire sous le nom de « J5 », avait été limogé.

B. Sylvia est le dernier officier supérieur à avoir été limogé ou démis de ses fonctions durant le mandat de Pete Hegseth en tant que secrétaire à la Guerre. Mais la chaîne d’information a cité une source selon laquelle on ne savait pas encore si la décision du limogeage venait de P. Hegseth ou du général Dan Kean, chef d’état-major interarmées.

Selon CBS et Fox News, ce limogeage est lié à des fuites d’informations classées secrètes auprès de médias. Les deux chaînes font état jeudi de trois tests manqués au détecteur de mensonges à propos d’informations classifiées. Interrogé sur l’affaire à son départ pour un meeting de campagne, Donald Trump a répondu que le responsable militaire allait « avoir des gros problèmes ». « On fait la chasse à ceux qui font fuiter des informations », a-t-il ajouté.

Sans jamais mentionner directement B. Sylvia, le Pentagone, via son porte-parole Sean Parnell sur X, a écrit un peu plus tard que le ministère de la Défense avait « une tolérance zéro pour la divulgation intentionnelle et non autorisée d’informations classifiées » et avait « pris les mesures disciplinaires nécessaires afin de protéger des informations sensibles ».

Le bureau J5 est l’un des départements les plus importants au sein de l’état-major interarmées, avec la direction des opérations (J3), qui est responsable de la planification et de l’exécution des opérations militaires.

Depuis le retour à la Maison Blanche de D. Trump début 2025, lui et son gouvernement ont mené une large purge dans les plus hauts rangs de l’armée américaine – habituellement plutôt à l’écart des ingérences politiques partisanes. Dès février 2025, le chef d’état-major interarmées installé par l’ex-président démocrate Joe Biden, le général Charles « CQ » Brown, a été évincé sans justification et remplacé par Dan Caine, à la manœuvre dans la guerre avec l’Iran. La liste s’est allongée au fil des mois avec, entre autres, les hauts gradés à la tête de la Marine et des garde-côtes, de l’agence d’espionnage NSA, le chef d’état-major de l’armée de l’air et son adjoint…

L’année dernière, deux généraux supérieurs de l’armée servant au sein de l’état-major interarmées ont été démis de leurs fonctions, ce qui les a contraints à prendre une retraite anticipée. Parmi eux figurait le prédécesseur immédiat de Sylvia au poste de directeur de la planification stratégique et des politiques (J5), le lieutenant-général Joseph J.P. McGhee, qui a pris sa retraite en octobre de l’année dernière. Le lieutenant-général Douglas Sims, qui occupait le poste de directeur des chefs d’état-major interarmées et était pressenti pour devenir général quatre étoiles, a également pris sa retraite anticipée l’année dernière.

Début avril, en pleine guerre contre l’Iran, c’est le chef d’état-major de l’armée de terre américaine, le général Randy George, a été poussé vers la sortie du jour au lendemain, sans motif avancé.

Opacité sur les dégâts

Chris Murphy, sénateur démocrate du Connecticut, a accusé l’administration US et le Pentagone de se livrer à une tentative manifeste de dissimulation visant à masquer l’ampleur réelle des dégâts subis par les bases militaires américaines au « Moyen-Orient » à la suite des frappes iraniennes de cette année, selon le journal américain The Washington Times.

Rentré récemment d’une tournée politique dans la région du Golfe comprenant le Qatar et l’Arabie saoudite en octobre en cours, il a indiqué qu’il lui a été personnellement interdit d’accéder aux installations militaires au Qatar touchées par des tirs iraniens plus tôt cette année, demandant au département de la Défense américain (le Pentagone) de clarifier l’impact réel de ces frappes.

C. Murphy a ajouté, lors d’un événement organisé par le centre de recherche Middle East Institute à Washington : « C’est tout simplement une dissimulation très évidente. Ils ne veulent pas que le peuple américain comprenne les dégâts subis par ces bases, et ils ne veulent pas donner aux membres du Congrès l’occasion de s’entretenir directement avec notre commandement militaire et nos troupes dans la région. » Le sénateur a souligné que le commandement militaire régional et le personnel sur place constituent généralement les sources les plus précieuses pour obtenir la « vérité brute » de la situation sur le terrain.

Au cours de sa visite, C. Murphy avait rencontré des responsables militaires américains ainsi que des personnalités politiques du Qatar et de l’Arabie saoudite. Il avait également publié une vidéo, largement partagée, dans laquelle il affirmait s’être vu refuser l’accès complet à la base aérienne d’Al-Udeid. Il avait alors exprimé sa conviction que le Pentagone cherchait à masquer délibérément l’ampleur réelle des dégâts subis par l’infrastructure.

Auparavant, le réseau américain NBC News, citant six sources bien informées, avait révélé des dommages se chiffrant en milliards de dollars sur les actifs et les bases militaires américaines dans la région du Golfe à la suite des frappes iraniennes.

L’Europe souffre

Autres dégâts non négligeables de la tension, l’économie mondiale les subit de plein fouet. A la suite de l’interruption des exportations de gaz naturel liquide (GNL) via le détroit d’Ormuz, les prix du gaz en Europe ont atteint leur niveau le plus élevé depuis décembre 2022, franchissant le seuil des 100 euros (111 dollars américains) le mégawattheure.

Les réserves de gaz européennes s’élevaient à environ 75 % au 21 octobre, contre un objectif habituel de 90 % à l’approche de l’hiver. La baisse des stocks et les difficultés à sécuriser de nouvelles cargaisons ont vivement alimenté les craintes concernant l’approvisionnement énergétique durant la saison froide.

De son côté, la Commission européenne a averti que les perturbations de l’approvisionnement énergétique mondial pourraient se prolonger jusqu’en 2027. Selon les estimations, le conflit aurait déjà renchéri le coût des importations de gaz européennes d’un montant compris entre 18 et 33 milliards d’euros.

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