Ce groupe de militants soudanais a été maintenu en détention sans qu’aucune charge ne soit retenue contre ses membres et sans qu’aucune procédure légale ne soit respectée selon plusieurs collectifs d’avocats.
Leur relaxe intervient au moment de la visite de l’émissaire de l’ONU pour les droits de l’homme qui a passé 5 jours à Khartoum. Le sénégalais Adama Dieng a rencontré pendant 5 jours plusieurs officiels soudanais ainsi que des acteurs de la société civile.
L’émissaire de l’ONU a estimé jeudi que les récentes libérations d’opposants était un signe positif mais pas encore suffisant. A. Dieng rendra au mois de juin, un rapport sur la répression du mouvement de contestation qui a déjà fait 82 morts en à peine quatre mois. « J’ai fait part de mes inquiétudes aux autorités quant aux pouvoirs élargis qui ont été octroyés aux forces de sécurité à la faveur de l’état d’urgence, » dit-il. « Cet état d’urgence a eu un effet néfaste sur les Droits humains, avec des attaques sur les hôpitaux, le harcèlement de journalistes, les arrestations et détentions arbitraires de militants ainsi que des cas de torture » a-t-il relevé lors d’un point de presse. « J’ai appelé les autorités soudanaises à mettre fin à l’usage de la violence excessive contre les manifestants, à lever l’état d’urgence, à libérer tous les militants toujours en détention, et à mener à bien des enquêtes impartiales sur ces violations des droits humains », a-t-il souligné.
Suite à ces libérations, les collectifs d’avocats, eux, dénoncent une « opération de camouflage qui vise à faire croire que les geôles du régime sont vides », alors que des dizaines de détenus sont toujours derrière les barreaux. Il y a notamment des figures politiques. La plupart sont issues du Comité de démantèlement du régime d’Omar al-Bachir qui enquêtait avant le coup d’État sur la corruption des élites proches du régime déchu, et aujourd’hui réhabilitées petit à petit par le général Burhane.
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