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K. Saïed s’en prend à ses détracteurs : Un climat délétère s’installe en Tunisie

En Tunisie, l’exaspération monte dans les rangs de l’opposition et de la société civile. Des appels à la démission de Kaïs Saïed attestent que la Tunisie renoue avec une période de turbulences politiques. Le Président persiste dans ses choix quitte à pousser l’UGTT dans ses derniers retranchements. Une grève dans les transports est déjà prévue en janvier…
Un climat délétère s’installe en Tunisie

S’il était boudé et décrié avant de se tenir, le premier tour des législatives n’en finit pas de défrayer la chronique en Tunisie. Le taux de participation a d’abord été annoncé à 8,8% avant d’être rehaussé à 11,22%. 57 recours ont déjà été déposés. En dépit de cette mascarade électorale, comme la qualifient les formations de l’opposition, le Président qui gère le pays au forceps entend maintenir le deuxième tour. Pourtant, l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT) avait suggéré d’annuler ce scrutin et appelé à engager un débat pour sauver le pays. Peine perdue…

K. Saïed reste sourd à tous les appels à la raison et menace de traduire en justice tous ceux qui complotent contre l’Etat et en ciblent les symboles. Mercredi, il a réagi avec un réquisitoire contre ses opposants. Dans un discours d’une vingtaine de minutes, et en présence de plusieurs ministres, il a réaffirmé sa volonté de lutter contre ceux qu’il a qualifié de « traîtres » et d’éléments à la solde de l’étranger. Il les a accusés, pêle-mêle, d’être responsables des pénuries de denrées de matières premières, du naufrage d’une embarcation de migrants au large de Zarzis en septembre dernier ou encore de faits de corruption… Un discours véhément qui laissait entendre que des mesures à leur encontre pourraient être prises prochainement, sans pour autant en dévoiler le contenu.  Il n’en fallait pas plus pour que près d’une trentaine d’ONG de la société civile tunisienne s’inquiètent d’une liberté d’expression qui, selon eux, serait menacée.

La semaine dernière, l’instance chargée de surveiller le bon déroulement des scrutins (ISIE) a décidé de poursuivre des médias et pages Facebook pour des écrits jugés offensants en lien avec la politique intérieure. Un climat global qui pousse une partie de l’opposition à tenter de serrer les rangs malgré ses divergences.

Des partis politiques, des associations et l’UGTT réfléchissent désormais à une initiative commune pour « sauver le pays ». Certains opposants – dont Mohamed Abbou, figure de la lutte contre le régime de Ben Ali et ministre après la révolution – ont même appelé l’actuel Président à quitter le pouvoir pour le bien de la nation. Alors que le mois de janvier voit souvent éclore des mouvements de contestation sociale en Tunisie, un vent de colère semble d’ores et déjà souffler sur le pays.

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